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XCIV. Les deux faits où nous nous réduisons, sont constants et décisifs. Premier fait : le point de la rupture d'Arius. — La déduction en sera courte, puisque je les réduis à deux seulement, mais qui seront décisifs. Le premier est ainsi posé dans ma première Instruction pastorale' : « Que quelque » progrès qu'ait pu faire l'arianisme , on ne cessait » de le ramener au temps du prêtre Arius, où l'on » comptait par leur nom le petit nombre de ses sec- » tateurs; c'est-à-dire, huit ou neuf diacres, trois » ou quatre évèques, en tout treize ou quatorze per- » sonnes qui s'élevèrent contre la doctrine qu'ils » avaient apprise et professée dans l'Eglise, sous » leur évèque Alexandre, qui, joint avec cent évè- » ques de Libye , leur dénonçait un anathème éler- » nel adressé à tous les évèques du monde , de qui » il était reçu. » C'est donc à ce temps précis et marqué qu'on ramenait les ariens; et il suffit, pour les mettre au rang de ceux qui, contre le précepte de saint Jude et de saint Paul, se séparent et se condamnent eux-mêmes^, en condamnant la doctrine qu'ils avaient reçue à leur baptême et à leur sacre.
Voilà le fait précis et constant de la rupture d'Arius, à quoi il faut attacher un fait de même nature, et aussi certain qu'est celui du concile de Nicée, qui sept ans après opposa à cinq ou six évèques seulement de la faction d'Arius, la condamnation de trois cent dix-huit évèques , avec qui tout l'univers communiquait dans la foi , et qui aussi était reconnu par toute la terre pour universel ; en sorte qu'il n'y avait rien de plus constant que le point de la séparation d'Arius et des ariens.
XGV. Second fait : après la persécution , l'Eglise se trouve encore par toute la terre. Lettre de saint Athanase , qui rend ce fait incontestable. — C'est ce point qu'on ne perdit jamais de vue; et pour montrer que l'Eglise , malgré la persécution de Constance et le concile de Rimini , où le ministre prétend que la succession fut interrompue , était demeurée en état, je pose ce second fait également incontestable : que deux ou trois ans après ce concile et la mort de cet empereur, saint Athanase écrivait encore à l'empereur Jovien : C'est cette foi (de Nicée que nous confessons) qui a été de tout temps, et c'est pourquoi, continue-t-il, « toutes les » Eglises la suivent; (en commençant par les plus » éloignées) celles d'Espagne , de la Grande-Bre- 1) tagne, de la Gaule, de l'Italie, de la Dalmalie, ') Dacie, Mysie, Macédoine; celles de toute la Grèce, » de toute l'Afrique, des iles de Sardaigne, de » Chypre, de Crète; la Pamphylie, la Lycie, l'Isau- » rie, l'Egypte, la Libye, le Pont, la Cappadoce : » les Eglises voisines ont la même foi; et toutes » celles d'Orient » (c'est-à-dire , de la Syrie , et les autres du patriarchatd'Anlioche) « à la réserve d'un » très-petit nombre : les peuples les plus éloignés » pensent de même'; » c'était-à-dire, non-seulement tout l'empire romain, mais encore tout l'univers jusqu'aux peuples les plus barbares. Voilà l'état où était l'Eglise, sous l'empereur Jovien, trois ans après la mort de Constance et le concile de Rimini. Ainsi, ni ce concile, ni les longues et cruelles persécutions de l'empereur, ni le support violent qu'il donna pendant vingt-cinq ans aux ariens, ne purent