N. 14. — 2. Idem. — 3. Episl. Alhan. ad Jov. Imp
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SECONDE INSTRUCTION PASTORALE
leur l'iiii'o iii'nlrc le caracicrc de la parcelle séparée du tout. » Tout l'univers, jioursuil saini Athanase, » embrasse la foi catholique, el il n'y a qu'un Irés- » petit nombre qui la combatte. »
XCVI. Imporlance de ces deux faits compari's ensemble. — Gela veut dire, qu'après la rupture, qui montre à l'hérésie son innovation contre les prédécesseurs immédiats, et les met visiblement au rang de ceux qui se séparent eux-mêmes, Dieu permet bien des tentations , des ébranlements et môme des chutes aiïreuses dans les colonnes de l'Eglise, qui causent durant un temps quelque sorte d'obscurité ; mais, comme j'ai déjà dit, on ne perd jamais le point de vue qui met toujours manifestement les hérétiques au rang de ceux qui se séparent euxmêmes. Il n'y a donc qu'à comparer l'un avec l'autre ces deux faits toujours constants, l'un de la rLi|iture précise et de l'innovation dans les hérésies, et l'autre de la consistance et succession perpétuelle de l'Eglise, pourvoir sans discussion et sans embarras, d'un côté la vérité catholique et universelle, et de l'autre la partialité et le schisme.
XGVII. Aveu el réponse du ministre. — Le fait de la rupture posé de la manière qu'on vient d'entendre dans la précédente Lettre pastorale, a été vu et avoué par mon adversaire; mais voici co qu'il y répond : « Renvoyer les artisans, les labtiureurs, » les soldats el les femmes chercher dans les ar- » chives de l'Eglise d'Alexandrie , si Arius n'avait 0 que treize ou quatorze sectateurs; c'était jeter les » simples dans les embarras d'un examen plus dif- » ficile que celui de la vérité par l'Ecriture'. » C'est toute la réponse du ministre , où l'on voit qu'il avoue le fait, que personne aussi ne peut nier, el se contente de dire qu'il ne peut être connu des simples.
XCVIII. néplique , où l'on démontre l'évidence et la notoriété du fait de la rupture d' Arius. — Je vous plains en vérité, mes chers frères, si ceux qui se chargent de votre instruction, sont assez aveugles pour croire ce qu'ils vous disent; el je vous plains encore davantage , si ne pouvant croire des faussetés si visibles , ils osent vous les proposer sérieusement. Je vous demande, est-ce à présent un embarras de savoir qu'avant Luther, avant Zwingle , avant Calvin, il n'y avait point de Confession d'Augsbourg, ni d'Eglises protestantes; el les catholiques ont-ils jamais été obligés à prouver ce fait? Point du tout : il a passé pour constant, et jusqu'ici , je ne dirai pas , personne ne s'est avisé de le nier, mais je dirai que personne ne s'est avisé de dire qu'il n'en savait rien. Si ce fait demeure pour constant deux cents ans après , et le sera éternellement sans pouvoir être nié , à plus forte raison, du temps d'Ariuset du concile de Nicée, le fait dont il s'agit fut connu et avoué par toute la terre. Il ne fallait pas aller feuilleter les registres de l'Eglise d'Alexandrie : les lettres d'Alexandre, évoque d'Alexandrie , el les décrets de Nicée étaient entre les mains de tout le monde; mais ces faits une fois posés , ne se peuvent jamais eiïacer. Il en est de môme de toutes les autres hérésies, on les sait dans le temps, c'est l'aiïaire du jour, qu'on apprend à coup sur, (lu premier venu. Ainsi, comme je l'ai dit, le point de la rupture est toujours marqué et
sanglant ; chaque secte porte sur le front le caractère de son innovation : le nom même des hérésies ne le laisse pas ignorer, et c'est trop vouloir abuser le monde, que de proposer une discussion où il n'y a qu'à ouvrir les yeux, et où jamais on ne trouvera la moindre dispute.
X(;iX. I.e fait de l'état de l'Eglise après la persécution n'est pas moins constant. — Le fait de la rupture d'Arius étant ainsi avéré, du consentement du ministre , et la conséquence étant assurée par la faiblesse visible de sa réponse, il faudrait peut-être voir encore ce qu'il dit sur l'état de l'Eglise, après la mort de l'empereur Constance. Mais nous l'avons déjà vu dans ces paroles' : « On marquait alors » (après la mort du persécuteur) le point lixe où la » parcelle combattait contre le tout; ce temps tixe » était l'année de la mort de Constance : l'Eglise » étendue et visible » (qu'il suppose avoir été arienne sous ce prince) « changea la doctrine , dont » elle-même faisait profession le jour précédent : » il ne fallut , ni effort , ni violence : toute l'Eglise par elle-même se trouva catholique, c'est-à-dire, qu'elle se trouva dans son naturel ; el cependant ce ministre veut imaginer qu'elle avait perdu sa succession.
C. Erreur du ministre, qui soutient que dès le temps de Libérius, les ariens se vantaient de leur possession constante. — Mais, dit-iP, « les ariens » avaient vanté la constante et paisible possession » de leurs dogmes, criant à Libérius : Vous êtes le » seul : pouniuoi ne communiez-vous pas toute la » terre? »
CI. Impossibilité de ce fait. — Encore un coup, mes chers frères , on vous doit plaindre , si vous êtes capables de croire , qu'au temps que les ariens parlaient ainsi à Libérius, ils pussent se vanter de la constante et paisible possession de leurs dogmes. C'était en l'an 355, que ce pape eut avec l'empereur l'entretien célèbre où votre ministre leur fait tenir ce discours : il n'y avait pas encore trente ans que le concile de Nicée avait été célébré, car il le fut , comme on sait , en 325 : la foi de Nicée vivait par toute l'Eglise; il n'y avait pas douze ans que le grand concile de Sardique, comme l'appelait saint Athanase, en avait renouvelé les décrets : ce concile était vénérable, pour avoir rassemblé trentecinq provinces d'Orient et d'Occident, le Pape à la tète, par ses légats, avec les saints confesseurs qui avaient déjà été l'ornement du concile de Nicée. Le scandale de Rimini , où les ministres veulent croire que tout fut perdu , et que l'Eglise visible fut ensevelie , n'était pas encore arrivé, et ce concile ne fut tenu que douze ans après , l'an 339, et l'année qui précéda la mort de Constance. Cependant on voudrait vous faire accroire que les ariens se glorifiaient dès lors d'une constante et tranquille possession de leurs dogmes, pendant que la résistance des orthodoxes, sous la conduite de saint Athanase el des autres , était la plus vive.
CIL Que dans les paroles de Constance à Libérius, il lie s'agissait que du fait de saint Athanase, et non pas du dogme d'Arius. — Mais ils ne porlaicnt pas si loin leur témérité : et voici ce qu'on objectait à Libérius : .Te souhaite, c'est Constance qui lui parle ainsi , que vous rejetiez la communion de