CHAPITRE II
Des idées et de leur définition.
Nous entendons la vérité par le moyen de^ées ; et il faut ici les définir. y ,
Nous nous servons quelquefois du mQ*^< d idée » pour signifier les images qui se font/" notre esprit, lorsque nous imaginons quel(?^e objet particulier : par exemple , si je m'ira^gme le château de 'Versailles , et que je me ;<5présente en moimême comme il est fait; si je m'imagine la taille ou le visage d'un homme, je dis que j'ai 1 idée de ce château ou de cet hotnme. Les peintres disent
LOGIQUE. — LIVRE PREMIER
indifféremment qu'ils font un portrait d'imagination ou d'idée, quand ils peignent une personne absente, sur l'image qu'ils s'en sont formée en la regardant.
Ce ne sont point de telles idées que nous avons ici à considérer.
Il y a d'autres idées , qu'on appelle intellectuelles ; et ce sont celles que la logique a pour objet.
Pour les entendre il ne faut qu'observer avec soin la distinction qu'il y a entre imaginer et entendre.
La même différence qui se trouve entre ces deux actes , se trouve aussi entre les images que nous avons dans la fantaisie, et les idées intellectuelles qui sont celles que nous nommerons , dorénavant, proprement « idées. »
Comme celui qui imagine a, dans son âme, l'image de la chose qu'il imagine , ainsi celui qui entend , a dans son âme , l'idée de la vérité qu'il entend. C'est celle que nous appelons « intellectuelle ; » par exemple, sans imaginer aucun triangle particulier, j'entends, en général, le triangle comme une figure terminée de trois lignes droites. Le triangle ainsi entendu dans mon esprit est une idée intellectuelle.
L'idée peut donc être définie : « ce qui repré- » sente à l'entendement la vérité de l'objet en- » tendu. » Ainsi, on ne connaît rien, que ce dont on a l'idée présente.
De là s'ensuit que les choses dont nous n'avons nulle idée , sont , à notre égard , comme n'étant pas.