aujourd'hui Toulouse (Edit. de Xenailles
Le royaume de France s'augmentait. Après une longue guerre (532), Childebert et Clolairé, enfants de Clovis, conquirent le royaume de Bourgogne , et en même temps immolèrent à leur ambition les enfants mineurs de leur frère Clodomir, dont ils partagèrent entre eux le royaume. Quelque temps après, et pendant que Bélisaire attaquait si vivement les Ostrogoths , ce qu'ils avaient dans les Gaules fut abandonné aux Français. La France s'étendait alors beaucoup au delà du Rhin ; mais les partages des princes , qui faisaient autant de royaumes, l'empêchaient d'être réunie sous une même domination. Ses principales parties furent la Neustrie, c'est-à-dire la France occidentale, et l'Austrasie, c'est-à-dire la France orientale. La même année que Rome fut reprise par Nar- ■ ses (553), Justinien fit tenir à Constantinople le \ cinquième concile général , qui confirma les précédents , et condamna quelques écrits favorables à Nestorius. C'est ce qu'on appelait les trois Chapitres, à cause des trois auteurs, déjà morts il y avait longtemps, dont il s'agissait alors. On condamna la mémoire et les écrits de Théodore , évèque de Mopsueste, une lettre d'Ibas, évêque d'Edesse, et parmi les écrits de Théodoret , ceux qu'il ; avait composés contre saint Cyrille. Les livres d'Origène, qui troublaient tout l'Orient depuis un siècle , furent aussi réprouvés. Ce concile , commencé avec de mauvais desseins, eut une heureuse conclusion, et fut reçu du Saint-Siège qui s'y était opposé d'abord. Deux ans après le concile, Narsés, qui avait ôté l'Italie aux Goths , la défendit (555) : contre les Français , et remporta une pleine vic- : toire sur Bucelin, général des troupes d'Austrasie. Malgré tous ces avantages , l'Italie ne demeura guère aux empereurs. Sous Justin II, neveu de Justinien (568) et après la mort de Narsés, le royaume de Lombardie fut fondé par Alboïn. Il prit Milan et Pavie; Rome et Ravenne se sauvèrent à*peine de ses mains (570, 571); et les Lombards firent souffrir aux Romains des maux extrêmes. Rome fut mal secourue par ses empereurs, que les Avares (574), nation scythique, les Sarrasins , peuples d'Arabie , et les Perses , plus que tous les autres, tourmentaient de tous côtés en Orient. Justin, qui ne croyait que lui-même et ses passions , fut toujours battu par les Perses et par leur roi Chosroès. Il se troubla de tant de pertes, jusqu'à tomber en frénésie. Sa femme Sophie soutint l'empire. Le malheureux prince revint trop tard à son bon sens , et reconnut en mourant la malice de ses flatteurs (579). Après lui , Tibère II , qu'il avait nommé empereur, réprima les ennemis (580) , soulagea les peuples , et s'enrichit par ses aumônes. Les victoires de Maurice, cappadocten , général de ses armées , firent mourir de dépit le superbe Chosroès (581). Elles furent récompensées de l'empire, que Tibère (583) lui donna en mourant, avec sa fille Constantine.
En ce temps, l'ambitieuse Frédégonde, femme du roi Chilpéric I, mettait toute la France en combustion , et ne cessait d'exciter des guerres cruelles entre les rois français. Au milieu des malheurs de l'Italie , et pendant que Rome (590) était affligée d'une peste épouvantable, saint Grégoire le i Grand fut élevé malgré lui sur le siège de saint