‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 270 sur 609 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

La descente du Saint-Esprit : l'établissement de l'Eglise : les jugements de Dieu sur les Juifs et sur les Gentils.

Pour répandre dans tous les lieux et dans tous les siècles de si hautes vérités , et pour y mettre en vigueur, au milieu de la corruption , des pratiques si épurées , il fallait une vertu plus qu'humaine. C'est pourquoi Jésus-Christ promet d'envoyer le Saint-Esprit pour fortifier ses apôtres , et animer éternellement le corps de l'Eglise.

Celte force du Saint-Esprit, pour se déclarer davantage, devait paraître dans l'infirmité. Je vous enverrai, dit Jésus-Christ à ses apôtres', ce que mon Père a promis, c'est-à-dire le Saint-Esprit : en attendant, tenez.-vous en repos dans Jérusalem; n'entreprenez rien jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d' en-haut.

Pour se conformer à cet ordre , ils demeurent enfermés quarante jours : le Saint-Esprit descend au temps arrêté ; les langues de feu tombées sur les disciples de Jésus-Christ marquent l'efficace de leur parole; la prédication commence; les apôtres rendent témoignage à Jésus-Christ; ils sont prêts à tout souffrir pour soutenir qu'ils l'ont vu ressuscité. Les miracles suivent leurs paroles : en deux prédications de saint Pierre, huit mille Juifs se convertissent, et pleurant leur erreur, ils sont lavés dans le sang qu'ils avaient versé.

Ainsi l'Eglise est fondée dans Jérusalem, et parmi les Juifs , malgré l'incrédulité du gros de la nation. Les disciples de Jésus-Christ font voir au monde une charité, une force et une douceur qu'aucune société n'avait jamais eue. La persécution s'élève; la foi s'augmente; les enfants de Dieu apprennent de plus en plus à ne désirer que le ciel ; les Juifs, par leur malice obstinée , attirent la vengeance de Dieu , et avancent les maux extrêmes dont ils étaient menacés ; leur état et leurs affaires empirent. Pendant que Dieu continue à en séparer un grand nombre qu'il range parmi ses élus, saint Pierre est envoyé pour baptiser Corneille, centurion romain. Il apprend, premièrement, par une céleste vision , et après par expérience , que les Gentils sont appelés à la connaissance de Dieu. Jésus-Christ, qui les voulait convertir, parle d'enhaut à saint Paul, qui en devait être le docteur; et, par un nouveau miracle inouï jusqu'alors, en un instant, de persécuteur il le fait non-seulement défenseur, mais encore zélé prédicateur de la foi : il lui découvre le secret profond de la vocation des

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