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ne pouvait plus éviter de changer de maître. Ainsi vous décou\'Tirez en même temps ce qui a ruiné l'empire des Perses, et ce qui a élevé celui d'Alexandre.
Pour lui faciliter la victoire , il arriva que la Perse perdit le seul général qu'elle pût opposer aux Grecs : c'était Memnon, rhodien'. Tant qu'Alexandre eût en tète un si fameux capitaine, il put se glorifier d'avoir vaincu un ennemi digne de lui. Au lieu de hasarder contre les Grecs une bataille générale, Memnon voulait qu'on leur disputât tous les passages , qu'on leur coupât les vivres , qu'on les allât attaquer chez eux, et que, par une attaque vigoureuse , on les forçât à venir défendre leur pays. Alexandre y avait pourvu , et les troupes qu'il avait laissées à .\ntipater suffisaient pour garder la Grèce. Mais sa bonne fortune le délivra tout d'un coup de cet embarras. Au commencement d'une diversion, qui déjà inquiétait toute la Grèce , Memnon mourut , et Alexandre mit tout à ses pieds.
Ce prince fit son entrée dans Babylone avec un éclat qui surpassait tout ce que l'univers avait jamais vu; et après avoir vengé la Grèce; après avoir subjugué avec une promptitude incroyable toutes les terres de la domination persienne , pour assurer de tous côtés son nouvel empire, ou plutôt pour contenter son ambition , et rendre son nom plus fameux que celui de Bacchus , il entra dans les Indes où il poussa ses conquêtes plus loin que ce célèbre vainqueur. Mais celui que les déserts, les fleuves et les montagnes n'étaient pas capables d'arrêter, fut contraint de céder à ses soldats rebutés qui lui demandaient du repos. Réduit à se contenter des superbes monuments qu'il laissa sur les bords de l'Araspe , il ramena son armée par une autre route que celle qu'il avait tenue , et dompta tous les pays qu'il trouva sur son passage.
Il revint à Babylone craint et respecté non pas comme un conquérant, mais comme un dieu. Mais cet empire formidable qu'il avait conquis, ne dura pas plus longtemps que sa vie qui fut fort courte. A l'âge de trente-trois ans, au milieu des plus vastes desseins qu'un homme eût jamais conçus , et avec les plus justes espérances d'un heureux succès , il mourut sans avoir eu le loisir d'établir solidement ses affaires , laissant un frère imbécile et des enfants en bas âge , incapables de soutenir un si grand poids. Mais ce qu'il y avait de plus funeste pour sa maison et pour son empire , est qu'il laissait des capitaines à qui il avait appris à ne respirer que l'ambition et la guerre. Il prévit à quels excès ils sa porteraient quand il ne serait plus au monde : pour les retenir, et de peur d'en être dédit, il n'osa nommer ni son successeur ni le tuteur de ses enfants. Il prédit seulement que ses amis célébreraient ses funérailles avec des batailles sanglantes, et il expira dans la fleur de son âge, plein des tristes images de la confusion qui devait suivre sa mort.
En effet, vous avez vu le partage de son empire et la ruine affreuse de sa maison. La Macédoine, son ancien royaume, tenu par ses ancêtres depuis tant de siècles , fut envahie de tous côtés comme