‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 320 sur 609 · Dion, liai., I. VI, c. 8 el seci · texte numérisé non relu

Dion, liai., I. VI, c. 8 el seci

Chacun des ordres prclond que c'est à lui qu'appartient l'établissement de ces lois.

La jalousie , augmentée par ses prétentions , fait qu'on résout d'un commun accord une ambassade en Grèce pour y rechercher les institutions des villes de ce pays, et surtout les lois de Solon qui étaient les plus populaires. Les lois des Douze Tables sont étabUes ; mais les décemvirs , qui les rédigèrent , furent privés du pouvoir dont ils abusaient.

Pendant que tout est tranquille , et que des lois si équitables semblent établir pour jamais le repos public , les dissensions se réchauffent par les nouvelles prétentions du peuple, qui aspire aux honneurs et au consulat réservé jusqu'alors au premier ordre.

La loi pour les y admettre est proposée. Plutôt que de rabaisser le consulat, les pères consentent à la création de trois nouveaux magistrats, qui auraient l'autorité des consuls sous le nom de tribuns militaires, et le peuple est admis à cet honneur.

Content d'établir son droit , il use modérément de sa victoire , et continue quelque temps à donner le commandement aux seuls patriciens.

Après de longues disputes, on revient au consulat, et peu à peu les honneurs deviennent communs entre les deux ordres , quoique les patriciens soient toujours plus considérés dans les élections.

Les guerres continuent , et les Romains soumettent, après cinq cents ans, les Gaulois Cissalpins leurs principaux ennemis, et toute l'Italie'.

Là commencent les guerres puniques : et les choses en viennent si avant , que chacun de ces deux peuples jaloux croit ne pouvoir subsister que par la ruine de l'autre.

Rome , prête à succomber, se soutient principalement , durant ces malheurs , par la constance et par la sagesse du sénat.

A la fin la patience romaine l'emporte : Annibal est vaincu , et Carthage subjuguée par Scipion l'Africain.

Rome victorieuse s'étend prodigieusement, durant deux cents ans , par mer et par terre , et réduit tout l'univers sous sa puissance.

En ces temps, et depuis la ruine de Carthage, les charges , dont la dignité aussi bien que le profit s'augmentait avec l'empire , furent briguées avec fureur. Les prétendants ambitieux ne songèrent qu'à flatter te peuple ; et la concorde des ordres , entretenue par l'occupation des guerres puniques , se troubla plus que jamais. Les Gracques mirent tout en confusion , et leurs séditieuses propositions furent le commencement de toutes les guerres civiles.

Alors on commença à porter les armes , et à agir par la force ouverte dans les assemblées du peuple romain , où chacun auparavant voulait l'emporter par les seules voies légitimes , et avec la liberté des opinions^.

La sage conduite du sénat et les grandes guerres survenues modérèrent les brouilleries.

Marius , plébéien , grand homme de guerre , avec son éloquence militaire et ses harangues séditieuses , où il ne cessait d'attaquer l'orgueil de

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