App prœf. op. — 2. VcU. Palerc, 1. Il, c
la noblesse, réveilla la jalousie du peuple, et s'éleva par ce moyen aux plus grands honneurs.
Sylla, patricien , se mit à la tête du parti contraire et devint l'objet de la jalousie de Marius.
Les brigues et la corruption peuvent tout dans Rome. L'amour de la patrie et le respect des lois s'y éteint.
Pour comble de malheurs, les guerres d'Asie apprennent le luxe aux Romains , et augmentent l'avarice.
En ce temps , les généraux commencèrent à s'attacher leurs soldats , qui ne regardaient en eux jusqu'alors que le caractère de l'autorité publique.
Sylla, dans la guerre contre Mithridate, laissait enrichir ses soldats pour les gagner.
Marius, de son côté, proposait à ses partisans des partages d'argent et de terre.
Par ce'moyen, maîtres de leurs troupes, l'un sous prétexte de soutenir le sénat, et l'autre sous le nom du peuple , ils se firent une guerre furieuse jusque dans l'enceinte de la ville.
Le parti de Marius et du peuple fut tout à fait abattu , et Sylla se rendit souverain sous le nom de dictateur.
Il fit des carnages effroyables, et traita durement le peuple , et par voie de fait et de paroles , jusque dans les assemblées légitimes.
Plus puissant et mieux établi que jamais , il se réduisit de lui-même à la vie privée , mais après avoir fait voir que le peuple romain pouvait souffrir un maître.
- Pompée , que Sylla avait élevé , succéda à une grande partie de sa puissance. Il flattait tantôt le peuple et tantôt le sénat pour s'établir; mais son inclination et son intérêt l'attachèrent enfin au dernier parti.
Vainqueur des pirates , des Espagnes et de tout l'Orient, il devient tout-puissant dans la république , et principalement dans le sénat.
César, qui veut du moins être son égal, se tourne du côté du peuple, et imitant dans son consulat les tribuns les plus séditieux, il propose avec des partages de terre , les lois les plus populaires qu'il put inventer.
La conquête des Gaules porte au plus haut point la gloire et la puissance de César.
Pompée et lui s'unissent par intérêt , et puis se brouillent par jalousie. La guerre civile s'allume. Pompée croit que son seul nom soutiendra tout, et se néglige. César, actif et prévoyant, remporte la victoire et se rend le maître.
Il fait diverses tentatives pour voir si les Romains pourraient s'accoutumer au nom de roi. Elles ne servent qu'à le rendre odieux. Pour augmenter la haine publique , le sénat lui décerne des honneurs jusqu'îtlors inouïs dans Rome ; de sorte qu'il est tué en plein sénat comme un tyran.
Antoine , sa créature , qui se trouva consul au temps de sa mort, émut le peuple contre ceux qui l'avaient tué , et tâcha de profiter des brouilleries pour usurper l'autorité souveraine. Lépidus,qui avait aussi un grand commandement sous César, tâcha de le maintenir. Enfin le jeune César, à l'âge de dix-neuf ans, entreprit de venger la mort de son père , et chercha l'occasion de succéder à sa puissance.