N'iiiis croyofis (|u'il faiU lire .■Enaria ou Inavien
QUATORZIÈME SIÈCLE
(agent entre les amis de Philippe et les créatures de Boniface.
Philippe défait les Flamands par mer et par terre. Guy est lait prisonnier; quatre-vingts vaisseaux sont pris ou noyés, avec dix mille hommes, par l'amiral Régnier Grimaldi de Gênes. Philippe gagne en personne le combat de terre, où il fut en grand péril ; mais il rétablit le combat par sa prudence et par sa valeur. Vainqueur, il assiège Lille , et donne la paix aux Flamands désespérés.
H Le saint roi Venceslas meurt (130o), et laisse les
F royaumes de Bohème et de Pologne à son flis de même nom , âgé de seize ans, mais, dans cet âge, d'une malice déjà consommée qui lui fit perdre la Pologne.
Bertrand, archevêque de Bordeaux, autrefois ami de Boniface et ennemi de Philippe, mais réconcilié en secret, est fait Pape, et est appelé Clément V. Il se fait couronner à Lyon. Le Siège est en France soixante-dix ans, appelés par les Italiens le temps de la captivité.
Il révoque les constitutions de Boniface contre Philippe (1306), et déclare que le Saint-Siège n'a point acquis par ses décrets de nouveaux droits sur la France.
Venceslas, roi de Bohème, est tué dans une sédition.
Il s'en fait une à Paris, au sujet de la nouvelle monnaie, où le roi est assiégé ; mais la noblesse le délivre bientôt , moitié par force, moitié par adresse, elles chefs de la sédition sont pendus.
Clément prononce l'analhème contre Andronic (1307), fauteur du schisme et de l'hérésie, et Charles de Valois lui fait la guerre.
Clémentrefuse à Philippe de condamner la mémoire de Boniface, quoiqu'il l'eût promis, et élude l'affaire en la renvoyant aux cardinaux et au concile.
Louis Hutin est couronné à Pampelune roi de Navarre , après la mort de sa mère Jeanne , et revient en France.
Edouard meurt, et défend qu'on l'enterre avant que l'Ecosse soit subjuguée. Son fils, Edouard II, succède à sa couronne, mais non pas à son mérite.
Les Suisses commencent à se liguer contre la maison d'Autriche, dont quelques-uns d'eux dépendaient.
Michel Paléologue, hlsd'Andronic, est battu par Roquefort (1308), général de la société catalanique.
Edouard, roi d'Angleterre, épouse Isabelle, fille de Philippe, hai dans son royaume à cause de son favori Pierre Gaveston, qui est tué par les Anglais.
Albert, roi des Romains, est tué par Jean, duc de Souabe, son neveu, pour lui avoir refusé son patrimoine.
Henri VII, duc de Luxembourg, prince mal fait de corps, mais de grand courage, est élu en Allemagne, et confirmé par le Pape, qui craignait que le roi de France ne fit élire Charles de Valois, son frère.
Clément s'établit à Avignon , où il est plus libre que dans les terres de Charles, roi de Sicile.
Il fait la guerre aux Vénitiens, qui s'étaient emparés du duché de Ferrare (1309), après la mort d'Azon d'Esté, et lève l'interdit de Florence lancé depuis tant d'années, touché des services que les Florentins lui rendirent dans cette guerre.
Charles le Boiteux meurt. Son fils Robert est couronné par le Pape à Avignon, au préjudice de Carobert, roi de Hongrie, son neveu et fils de Charles Martel, aine de Charles.
L'Ile de Rhodes ôtée depuis longtemps aux Grecs par les Sarrasins (1310). et aux Sarrasins par les Turcs, est donnée par l'empereur Andronic aux Hospitaliers qui, le jour de l'Assomption, en chassent les 'Turcs sous la conduite de Falcon deVillaret, gentilhomme français, devenu maître de la mer Méditerranée par cet exploit. Rhodes attaquée par les Turcs avant que d'être fortifiée, est secourue par Amédée IV, comte de Savoie, appelé le Grand, qui, après celte victoire, met la croix blanche dans ses armes a\ec ces lettres F. E. R. T., qui veulent dire ; Fortitudo ejus Rhodum tenuit.
François d'Andole, chargé d'une chaîne de fer au cou, demeure aux pieds du Pape jusqu'à ce que les Vénitiens soient absous de l'excommunication lancée contre eux à la guerre de Ferrare.
Henri, roi des Romains, va en Italie avec une armée, et laisse Jean, roi de Bohême, vicaire de l'empire. Il reçoit la couronne de fer à Milan où il rétablit Mathieu ou Maphée Visconti qui avait été dépossédé. Le parti des Guelfes et des Gibelins, presque oublié, se réveille.
Il se rend maître de plusieurs villes d'Italie (1311). Les gouverneurs qu'il y établit en achètent de lui la seigneurie. Ceux de Florence et de Bologne résistent avec l'appui de Robert, roi de Sicile.
Concile de Vienne en Dauphinè, tenu par le Pape en personne. Le roi Philippe s'y rend avec ses frères et ses enfants.
Les Templiers y sont condamnés, et leur ordre supprimé. On y parle d'une croisade pour la Palestine.
Les Turcs, dans la Chersonèse , battent le fils d'Andronic (131°2), courent la Thrace; et personne n'osant sortir de Constanlinople, Andronic a recours aux Latins.
La société catalane périt par les divisions des chefs. Les duchés d'Athènes et d'Achaïe sont cédés aux Aragonais.
Combat à Rome entre Robert, roi de Sicile, et les soldats de Henri qui, après une grande perle des siens, ne laisse pas d'être couronné à Saint-Jean de Latran et non à Saint-Pierre, parles cardinaux à qui Clément en avait donné la commission. Contraint après cela de quitter la ville, il assiège vainement Florence, et révoque en doute le serment prêté à Clément et à l'Eglise.
Ferdinand, roi de Castille, appelé dans trente-huit jours devant le tribunal de Dieu ]iar deux frères qu'il faisait précipiter du haut d'une roche , pour un meurtre dont ils n'étaient pas convaincus, meurt dans le temps qui lui est marqué.
La mort de Henri (1313) dissipe les desseins de Fridéric, qu'il avait fait amiral de l'empire, contre Robert, roi de Sicile. Robert est fait par Clément, vicaire de l'empire et sénateur de la ville.
Philippe et Edouard se croisent sans aucun effet. Les trois brus du premier sont accusées d'adultère : deux sont convaincues; leurs galants sont écorchès.
Clément V meurt (1314). Les cardinaux, partagés en deux factions, se dissipent; les Gascons et autres Français d'un côté, et les Italiens de l'autre; et ne serejoignent que deux ans après, chacun s'opiniâtrant à vouloir un Pape de son parti.
Les électeurs de l'empire ne sont pas moins partagés; les uns élisent Louis de Bavière et les autres Fridéric d'.Aut riche, appelé le Bel.
Philippe meurt à Fontainebleau dans la vigueur de son âge. Il fit bâtir en partie le palais dans l'île où il est, et y fixa le siège du parlement; ce que pourtant quelques-uns attribuent à son fils Louis, appelé Hutin, c'est-à-dire, querelleur et opiniâtre.
Enguerrand de Marigny, Normand , surintendant et comte de Longueville, est accusé de péculat, de trahison et de magie, et est pendu (pioique innocent, par la haine de Charles de Valois, oncle du roi , qui gou\ ornait.
Robert attaqua la Sicile inutilement. Il se fait une trêve de trois ans.
Victoire de trente mille Ecossais, vieux soldats endurcis au travail, sur trois cent mille Anglais', dont cinquante mille sont tués. Edouard se sauve sur un bateau. Robert, général des Ecossais, recouvre l'Ecosse, dont il est fait roi.
L'atticisme et les belles-lettres sont rétablis à Constanlinople (1313) par le patriarche Jean XXII, appelé le Doux.
Louis presse les cardinaux d'élire un Pape (1316). Son frère Philippe, comte de Poitiers, en enferme \ ingt-
1. L'Art de vérifier les dates porte seulement cent mille , avec la clause dit-on. -
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
trois à Lyon, qui élisent enfin Jean XXII, fils d'un savetier do Cahors', petit homme de grand courage, âgé de soixante-dix ans.
Louis meurt de poison 2. Sa femme accoiiclio d'un posthume, qui est nommé Jean, et meurt au Ijout de huit jours. Philippe le Long, son frère, est reconnu roi par les Etats, en \ertu de l'ancienne loi du royaume, plutôt que Jeanne, sa nièce, à qui le royaume de Navarre appartenait; mais son oncle le retient.
Le Pape refuse de donner la confirmation à Louis de Bavière, sans connaissance de cause.
Il érige l'archexèché de Toulouse et beaucoup de nouveaux évèchés en Guienne et en Languedoc (1317).
Robert ravage presque toute la Sicile, Fridéric n'ose résister; mais le Pape l'empêche de s'y rendre maître.
Les Ecossais courent l'Angleterre. L'Hibernie est disputée entre les deux royaumes ; mais les Anglais prévalent, favorisés par ceux du pays.
La division qui se met parmi les Cordeliers (1318) cause un grand scandale. Matthieu Visconti, duc de Milan, fait la guerre au Pape, s'associe les princes lombards, assiège Gènes, qui est délivrée par Robert, roi de Naples. Les villes de l'Etat ecclésiastique se révoltent. L'alliance se renouvelle entre les Français et les Ecossais.
Pierre et Jean, régents de Castille durant la minorité d'Alphonse XI, attaquent Grenade (1319) , où ils sont battus par les Maures, quoiqu'on petit nombre, qui profitent du chaud extrême dont les deux régents meurent.
Guerre entre Denis, roi de Portugal, et son fils Alphonse ; la paix se fait par les prières de sainte Elisabeth, mère a'Alphonse, et la prudence de Denis.
Philippe passe les Alpes pour accorder l'Italie (1320). Mathieu Visconti élude, et le roi se croit trop heureux de revenir en liberté.
Uladislas, roi de Pologne, est couronné à Cracovie, et le droit de couronner les rois est attaché à cette Eglise.
Robert, comte de Flandre, écoute, contre Louis, comte de Nevers , son fils aîné , Robert, son cadet, qui l'accuse d'empoisonnement contre son père. Le confesseur de Louis est mis à la question contre toutes les lois divines et humaines, et demeure dans le silence. Le malheureux prince n'est sauvé que par la prudence du juge , qui diffère son supplice ; mais son père le chasse et le déshérite.
Le jeune Andronic se révolte contre Andronic,son grand-père.
Gérasime découvre au petit-fils les desseins de son grand-père, que le secours des Turcs oblige de laisser au rebelle une partie de l'empire (1321). Les Turcs font de grands progrès à l'occasion de cette guerre.
L'Allemagne et l'Italie se partagent entre les deux princes élus.
Hugues Sponsor et son fils , de même nom , gouvernent tout en Angleterre. Leur faveur cause de grands troubles. Les vivres manquent dans l'Ecosse au roi d'Angleterre, et il y est presque pris.
Philippe V, prince bon et doux , meurt trop tôt pour ses sujets (1322).
Charles le Bel , son frère , comte de la Marche , est sacré à Reims. Il épouse Jeanne, fille de Louis, comte d'Evreux, son oncle paternel. Le comte de Hollande amène à ses noces la géante Gélande-', qui portait sur ses mains deux tonneaux de quatre cents livres et une poutre i|u'à peine huit hommes pouvaient lever.
Edouard refuse l'obéissance au roi de France. Charles
1. .Ican Viilani se trompe, aussi liien que J. Antonin , M. l'abbé Fleury et le nouvel historien de France , lorsqu'ils disent que Jacques II (c'est le premier nom (le Jean XXII) était de basse naissance. On peut voir le contraire dans Baluze (Art de vérifier les dates, t. 1. p. 314). , 2. Suivant le même auteur de VArt de virifier les dates , il mourut de pleurî'sie.
3, On ne trouve rien sur cette géaule , ni dans l'An de vérifier les dates, ni dans Moréri.
de Valois ne lui laisse en Guienne que Bordeaux , Bayonne et Saint-Lacère.
Fridéric d'Autriche attaque Mathieu Visconti et ses enfants excommuniés, dans l'espérance d'obtenir sa confirmation du Pape : mais Mathieu se sauve, à son ordinaire, par son adresse, et détourne Fridéric du parti du Pape. Il mourut peu de temps après, âgé de quatrevingt-dix ans.
Fridéric d'Autriche, défait et pris en Bavière avec son frère Henri par Louis, duc de Bavière , refuse d'être délivré par magie. Isabelle d'Aragon, sa femme , perd les yeux , à force de pleurer les malheurs et la prison de son mari.
La contestation des Frères-Mineurs sur la pauvreté de Jésus-Christ et sur la leur trouble l'Eglise.
Le Pape se ligue avec la France et Venise contre les Turcs, qui infestaient la mer Egée (1323). Les Français manquent; les autres ôtent Smyrne aux Barbares , mais périssent, surpris en divers endroits par les Turcs.
Louis de Bavière, excommunié par le Pape comme usurpateur de l'empire, en appelle au Pape, mieux instruit, et au concile général.
Les Génois, en exerçant la piraterie en Orient sont trahis, dépouillés et tués par les Turcs leurs alliés.
Jean XXII déclare Louis de Bavière privé de l'empire (1324). Ce prince, pour se défendre, se sert de la plume de ceux des Frères-Mineurs qui ne pouvaient souffrir la juste condamnation que le Pape avait prononcée contre la doctrine non moins impie qu'impertinente qu'ils enseignaient sur la pauvreté.
Les tyrans de la Lombardie sont attaqués par le Pape , ses généraux pris et battus par Galéas et Marc Visconti.
Le vieux Andronic , désespérant de réduire son petitfils à son devoir, le fait sacrer (132.5), et lui donne en mariage Béatrix de Savoie, que les Grecs appellent Anne.
Robert, roi de Naples, envahit toute la Sicile, excepté Palerme.
La paix se fait entre la France et l'Angleterre par le moyen d'Isabelle, sœur de Charles et feinme d'Edouard, plus prudente que chaste. Elle vient en France pour la négocier; mais, possédée de la passion qu'elle avait pour Roger de Mortemer, elle a peine à retourner auprès du roi son mari : son prétexte fut la faveur des Spenser.
Charles de Valois meurt d'apoplexie , tourmenté du supplice injuste d'Enguerrand de Marigny, quoiqu'il eût fait à sa mémoire et à sa famille toute la réparation possible.
Fridéric d'Autriche et Louis de Bavière s'accordent. L'Allemagne est donnée à l'un , et l'Italie à l'autre.
Fridéric est délivré, quoique le Pape et les électeurs n'approuvent pas le traité.
Les Cordeliers continuent d'écrire contre l'Eglise romaine, et débitent leurs insolentes rêveries sur la perfection de leur règle.
Le Pape, invité par les Romains à retourner à Rome (1326), s'en excuse sur son extrême vieillesse.
Castruccio Castracani, homme de néant', mais de grand esprit et de grand cœur, se maintient dans Lucques , oit il s'était fait tyran malgré le Pape et tous ses voisins.
Isabelle , chassée d'.\ngleterre avec son fils , y rentre avec une armée qu'elle avait levée. Le roi est pris. Les Spenser sont punis comme infiimes et comme traîtres. Edouard est déposé dans le parlement, et .son fils, de même nom, âgé de quinze ans, est installé. Roger de Mortemer conduit l'entreprise. Le malheureux roi acquiesce et périt peu après d'une étrange sorte parla malice de ses gardes.
Louis do Bavière vient en Italie (1327), les rebelle.s
d. Suivant Uorin , sa famille était considérable à Luci]ues , et son gouvernonionl V fut fïoùté.
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et les excommuniés se joignent à lui. Il reçoit à Milan la couronne de fer, et met en prison Galéas Visconti et ses frères, qu'il accuse faussement de l'avoir voulu empoisonner. Jl marche à Rome. Jean , loin de le couronner, le dépose et l'excommunie, avec ses écrivains Cordeliers. ,
Edouard ne peut arrêter les ravages que les Ecossais font en Angleterre, et consent à la paix que les .\nglals appellent honteuse, où l'Ecosse est reconnue pour indépendante , et oii ses limites sont fixées.
•Jacques, roi d'.-Vragon , meurt à Barcelone, prince religieux. Son fils .\lphonse IV, d'égale vertu , achève d'ôter aux Pisans la Sardaigne attaquée par ses prédécesseurs.
Le jeune .\ndronic dépose son aïeul , par le conseil de Jean Cantacusène, grand domestique (1328). Il est introduit dans Gonstantinople par le patriarche Isaïe que son grand-père venait de déposer. Le vieillard est aveuglé et maltraité par ses gardes.
Othoman meurt à Pruse après un règne de vingthuit ans, durant lequel il étend ses conquêtes, et jette les fondements de l'empire turc. Orcan, son plus jeune fils, tue ses deux aînés qui combattaient ensemble, et s'empare du royaume. Il prend Nicée et Nicomédie, oii il met en fuite le jeune .\ndronic.
Louis de Bavière entre à Rome par l'argent du tyran Gastruccio Gastracani et le soutien do Sciara Golonne. Il s'y fait couronner par force , et fait Pape un cordelier excommunié , qu'il appelle Nicolas V ; mais le mauvais succès de ses armes contre Robert, roi de Naples , relève le courage des Romains qui attaquent le faux pape à coups de pierres.
Le général des Cordeliers vient trouver Louis à Pise. Guillaume Orcan , cordelier, lui offre sa plume contre le Pape , pourvu que l'empereur le soutienne de son épée.
Charles , roi de France , meurt à trente-quatre ans , grand prince et chéri des peuples. Philippe de Valois , fils de Charles de Valois , est reconnu par les pairs et tous les seigneurs, sans avoir égard au droit prétendu par Edouard III, comme fils d'Isabelle de France. Pour éviter de donner la Navarre à Edouard qui la prétendait . il la rend à Jeanne, fille de Louis le Hutin , héritière légitime de ce royaume, qui avait épousé Philippe, comte d'Evreux. Il réprime les Flamands qui tenaient leur comte prisonnier, et gagne la bataille de Gassel, où le roi , d'abord presque pris , défait une grande armée et perd à peine dix-sept Français. Il entre armé à Notre-Dame, où il offre son cheval et ses armes.
Pierre Rémi, surintendant, convaincu de péculat , fut le premier pendu à Monfaucon qu'il avait bâti, et confessa en mourant une trahison dont il n'était point soupçonné.
Louis, chassé honteusement d'Italie, retourne en .\llemagne à l'occasion de la mort de Fridéric le Bel 13->9).
Martin Scaliger, tyran de Vérone, Padoue et autres villes, après avoir pris Trévise , meurt. '
Les Cordeliers se soumettent et le faux pape demande pardon, avec les Pisans qui l'avaient reçu.
Robert le Grand, roi d'Ecosse, réparateur de ce royaume, meurt et laisse David son fils, âgé de huit ans, sous la conduite de Thomas Renoulp, digne de ce •rand emploi.
Louis de Clermont , comte de la Marche, descendu de Robert , fils de saint Louis, est fait duc de Bourbon.
Il s'élève en France deux grandes querelles sur les droits de l'EglLse, et sur la justice civile. Pierre de Cugnières défend la justice civile. Bertrand, é\êque d'.\utun, depuis cardinal, homme de sainte vie, et Pierre Roger. archo\éque de Sens, et puis de Rouen, et puis Pape , défendent les droits de l'Eglise.
Philippe déclare qu'il voulait plutôt augmenter les droits de l'Eglise que les diminuer.
Charles, roi de Hongrie, fait justice à son peuple et règne en paix. Il est presque tué par un gentilhomme, avec la reine et sa famille , sans qu'on en sache la cause. Surpris par les Valaques et le \ai\ode Bazard qu'il voulait dépouiller injustement, il se sauve à peine sous un habit emprunté.
Alphonse, roi de Castille, bat les Maures, quoique abandonné par les Portugais , un peu devant le combat.
Roger de Mortemer, pris dans la chambre de la reine , est pendu par ordre d'Edouard, qui éloigne sa mère et ne lui laisse qu'une petite pension.
Jean, roi de Bohème, appelé par ceux de Bresse et 'de Bergame, est reçu en beaucoup de grandes villes d'Italie (1331).
Le roi Robert , les Florentins , et les princes de l'Italie se liguent contre lui , et appellent Charles , roi de Hongrie , et Louis de Bavière. Ainsi Jean se retire pour défendre son pays, laisse son fils Charles en Italie sous la tutelle de Louis son frère, comte de S&voie, apaise la guerre d'Allemagne, passe en France, et, en donnant sa fille Judith au fils aîné de Philippe, il s'assure cette alliance.
Robert d'.Artois , comte de Beaumont, qui avait puissamment servi Philippe pour le faire reconnaître roi , condamné pour une fausseté qu'il avait faite dans un procès , passe en Angleterre.
.Andronic , battu par les Bulgares, doit sa liberté à leur roi .Alexandre (1332).
Les Turcs ravagent les environs de Gonstantinople, que le secours des Vénitiens et des Génois empêche de rendre leurs biens tributaires. Andronic fait voile avec eux pour reprendre sur les Génois la Phocée et Mytilène.
Jean XX.II propose son opinion particulière sur l'état des âmes saintes , qu'il privait de la vision bienheureuse jusqu'à la résurrection générale ('1333). Elle est rejetée principalement par les docteurs de Paris et le roi Philippe.
•Jean, roi de Bohême, abandonne l'Italie, dont il déteste l'inconstance et la perfidie.
Robert, roi de Naples, pour satisfaire à sa conscience, donne Jeanne, fille aînée du duc de Galabre son fils, mort avant lui, à André , second fifs de Carobert, fils de Charles Martel.
Héraclée ou Gibraltar est pris par les Maures.
Edouard III assiège Warwick, défait trente mille Ecossais, avec toute la noblesse du pays, sans perdre qu'un seul cavalier et douze hommes de pied. Thomas Séton qui défendait la ville, contraint de capituler, avait donné son fils en otage, et promis de se rendre dans un certain temps. Pressé par les Anglais de revenir, à peine de tuer l'otage et un frère de Thomas pris dans une sortie, il les laisse pendre tous deux par le conseil de sa femme , et ne sauve pourtant pas la ville.
Jean XXII rétracte un peu devant sa mort son opinion particulière sur la vision bienheureuse. Ce grand Pape avait amassé un trésor de vingt millions pour la guerre sainte. Jean Raimond , évèque de Port , refuse le pontilicat. Jean Fournier, moine de Citeaux, fils d'un meunier, nommé par jeu et reçu d'abord , se moque des cardinaux qui élisaient, disait-il, un âne. Il se montre pourtant habile, pieux, constant, libéral, n'avance qu'un seul neveu, très-digne sujet, qu'il fit archevêque d'.Arles à la prière des cardinaux, mais qu'il ne voulut jamais faire cardinal. Il donne sa nièce à un marchand de Toulouse avec une dot convenable, et disait ordinairement que le Pape n'a point de parents. Il prend le nom de Benoît XII.
En Pologne, tes sauterelles, couvrent le soleil et se répandent ensuite par toute l'Europe (133^5). On fait partout des prières pour les exterminer. Elles sont dissipées par les oiseaux et les neiges.
Le sultan de Babylone confie le saint Sépulcre à l'ordre do Saint-François. Cette grâce leur est accordée à la
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poursuite du roi de Naples, qui leur bâtit un beau monastère dans Jorusalom (1336).
Benoit vide la question de son prédécesseur, qu'il excuse.
La guerre entre la France et l'Angleterre est suscitée par Robert d'Artois.
Louis de Ba\iore, irrité contre Philippe, se joint à Edouard, et ne va point en Syrie, comme il l'avait promis au Pape en lui demandant son absolution.
Alphonse le Bénin, roi d'Aragon, meurt. Pierre IV, dit le Cruel, nom <pii fait liorreur, lui succède.
Fridéric, roi de Sicile, meurt (1337). Son fds Pierre, déjà associé à la royauté, règne.
Le comte de Flandre prend le parti de Philippe ; mais ses sujets sont engagés avec l'Anglais par .Jacques Artevelle, brasseur de bière, chef de ce peuple séditieux.
Louis de Bavière se sépare du Pape, et fait une constitution pour l'élection de l'empereur, approuvée par la plupart des électeurs et des princes (1338). Le roi de Bohême lui résiste. L'Allemagne se partage entre le Pape et Louis ; mais le dernier est le plus fort.
Edouard aborde en Flandre avec trois cents vaisseaux , va visiter l'empereur Louis , qui le fait vicaire de l'empire, tente Cambrai, qu'il abandonne, craignant la grande armée de Philippe, où était Jean de Bohème, Philippe, roi de Navarre, et le jeune David, roi d'Ecosse. Les deux armées, séparées par l'Oise, se retirent sans combattre.
Edouard prend la qualité de roi de France par le conseil d'Artevelle , et affermit sous ce titre les Flamands dans son parti.
Jean, roi de Bohème, venu à Montpellier pour se faire traiter d'un œil , perd l'autre, et ne laisse pas de soutenir de grandes guerres, et de donner de grands combats en personne.
Gènes change l'aristocratie en démocratie.
Robert , roi de Naples , prend Ast et Lipari sur les Siciliens.
Simon Aquarto , Génois , grand homme en paix et en guerre , avec peu de galères bat les Turcs sur le Pont- Euxin (1 340), pénètrejusqu'à Caffa , autrefois Théodosie, célèbre ville marchande des Génois , et aide les Gordeliers qui prêchaient l'Evangile parmi les Tartares.
Benoit XII établit en Italie beaucoup de vicaires de l'empire : Luguin Visconti à Milan ; les Scaliger à Vérone ; les Gonzague à Mantoue et à Regge ; conseil utile et qui attache beaucoup de principautés au Saint- Siège. *
Marguerite, fille de Henri, duc de Carinthie, et femme de Jean , second fils de Jean de Bohème , célèbre par ses impudicités et ses autres crimes, perd le comté de Tyrol , et péril renfermée dans un monastère.
Bataille navale qui dure deux jours entiers près d'Ecluse. Edouard y tue dix mille Français et fait périr deux cent trente vaisseaux génois ; mais il perd quatre mille hommes presque tous gentilshommes , et blessé à la cuisse , il se venge de sa blessure sur ses prisonniers. Philippe survient avec dix mille chevaux et une suite innombrable de gens de pied , et il se fait une trêve.
Andronic meurt (1341). Il est blâmé d'avoir nourri quinze cents chiens de chasse et mille éperviers.
Jean et Michel , enfants de ce prince et d'Anne de Savoie, lui succèdent en bas âge. Jean Cantacusène, leur tuteur, dans une sédition se fait proclamer empereur et prend la tiare.
Louis de Bavière ôte le vicariat à Edouard , et s'accorde avec Philippe. La trêve continuée quelque temps se rompt au sujet des démêlés survenus entre Jean de Montfort, troisième fds de Jean , duc de Bretagne, et le comte de Blois, qui avait épousé la fille de Guy, second fds de Jean, à qui les pairs avaient adjugé le duché. L'un est soutenu par Edouard, son parent, et l'autre par Philippe, son oncle maternel.
François Pétrarque , poète célèbre, que les étrangers venaient voir de loin , est couronné de lauriers à Rome, dans le Capilole. Robert, roi de Naples, protecteur des gens de lettres, lui procure cet honneur.
Benoit XII meurt (1342). Pierre Rogerii , bénédictin, homme de lettres, et qui avait une mémoire extraordinaire, est élu , cl s'appelle Clément VI. Les Romains l'invitent à Rome, mais il est empêché par Louis de Bavière , qui troublait l'Italie et mettait des vicaires de l'empire dans les \illes du Pape.
Mort de Charles, roi de Hongrie , armé trop tard par les siens, et de Pierre, roi do Sicile, qui tâche en vain d'empêcher Robert, roi de Naples, do prendre Milet. Son fils Louis, âgé de quinze ans, règne sous la tutelle de Jean Randace, son oncle. Louis, fils de Charles, d('jà déclaré successeur de la Pologne par Casimir son oncle maternel qui n'avait point d'enfants, règne en Hongrie.
Clément fait une croisade (1343), et unit contre les Turcs qui occupaient la Thrace et la mer Egée, le roi de Chypre, les Vénitiens et les Hospitaliers. Galo Joannès et Anne sa mère demandent secours contre les Barbares et contre Cantacusène.
Le jubilé est réduit à cinquante ans. Robert, roi do Naples, meurt et laisse pour héritière Jeanne, fille de Charles son fils, promise à .\ndré , roi de Hongrie.
La division se met dans le royaume de Naples. Les Hongrois veulent tout attirer à eux. Le Pape empêche le désordre.
La plus horrible tempête qu'on ait jamais vue brise tous les navires qui étaient au port de Naples, excepté un, qui portait quatre cents pirates.
Les Vénitiens entreprennent la navigation en Egypte et en Syrie, et tout le commerce d'Orient.
Pierre , roi d'Aragon , prend les Baléares sur Jacques son parent, qui, de désespoir, vend la principauté de Montpellier à Philippe de Valois, avec le comté de Roussillon et de Perpignan. Il recommence la guerre avec cet argent et y meurt..
Robei't d'Artois meurt d'un coup de flèche.
Les chrétiens commencent heureusement en Asie. Ils prennent Smyrne , et y battent la flotl,^des Turcs ; mais ils se font la guerre pour i)arlager leurs conquêtes. Le Pape, souvent trompé par Louis, résout sa perte et demande secours aux Français.
Algésire, vers le détroit , est ôtée aux Maures par le secours du Pape et du roi de France et de Navarre.
Le roi de Navarre meurt. Charles son fils lui succède.
On dit que les Maures trouvèrent en ce temps la poudre à canon et les boulets.
Philippe de Valois établit la gabelle. Il est appelé le Saleur par Edouard , qu'il appelle marchand de laine pour un autre impôt. .
Louis d'Espagne , sorti des maisons de France et d'Espagne, est couronné à A\ignon roi des iles Fortunées, depuis nommées Canaries; mais il n'en est pas mis en possession, malgré la flotte qu'il y mène.
Croisade contre les Turcs M34.5), où Imbert, dauphin de Viennois, brûle les vaisseaux turcs , et rien de plus. C'est lui qui céda le Dauphiné à Philippe, à condition que les aines de France prendraient le titre et les armes de dauphins.
Jean Cantacusène se fait couronner par Lazare , patriarche de Jérusalem , et donne sa fille Théodore à Orcan. Les Turcs affermis par ce mariage, fixent le siège de leur royaume dans la Thrace.
André, mari de Jeanne, est déclaré roi de Naples, au préjudice de Charles de Duras , cousin-germain de cette princesse et de sa maison. Le nouveau roi est étranglé à Averse, ou par sa femme mécontente, ou par les seigneurs. La reine fait faire le procès aux meurtriers , et accouche d'un posthume nommé André Carobert. Clément tâche d'apaiser les factions de ce royaume.
QUATORZIÈME SIÈCLE
Les Français prennent plusieurs villes en Gascogne.
Artevelle est tué dans une sédition, a\ec son frère et son neveu, voulant faire déclarer Edouard, et son ûls de même nom, roi de France, par ceux de Gand.
Simon Vogiiosi, Génois, prend lile de Silo sur les Vénitiens, et y fait garder une exacte discipline (1346).
Louis de Bavière est déposé parClément VI. Charles IV, ûls de Jean, roi de Bohême, âgé de trente ans, est couronné à Bonnes.
Les deux Edouards, avec six cents vaisseaux, descendent en Normandie, prennent Caen, et brûlent tout jusqu'à Rouen, où ayant été arrêtés, ils remontent la Seine jusqu'à Poissy, retournent vers Beauvais pour y faire subsister leurs troupes. Trente mille Flamands les joignent. Ils se retranchent à Crécy dans le Ponthieu, audessus d'Abbeville, sur un petit coteau où ils seraient morts de faim dans leur camp, quand Philippe les y attaqua. Grimoald et Doria , généraux des arbalétriers génois, parce qu'ils ne purent tirer avec leurs arbalètes mouillées, sont tués comme traîtres par les Français impatients. Le roi reçut deux blessures. Jpan de Bohème, aveugle, combattant terriblement, fut tué. Son fils (Charles, élu empereur, se retire avec trois blessures. Charles, comte d'Alençon, frère de Philippe, Louis, comte de Flandre, et Louis, comte de Blois sont tués dans la bataille. Le lendemain . Rodolphe, duc de Lorraine, amenait un secours de plus de vingt mille hommes de pied. Il périt dans cette bataille plus de vingt-cinq mille hommes, et une partie de la noblesse. Edouard, \iclorieux assiège Calais, que la famine contraint à se rendre, après avoir souffert un an de siège.
.Jean Cantacusène perce la muraille de Constantinople 11347 1, prend Calo Joannès et Anne sa mère , lui donne en mariage sa fille Hélène, et le nom d'empereur avec lui.
Louis de Bavière, empoisonné par Jeanne, duchesse d'.\utriche, croit vaincre son mal allant à la chasse, et tombe mort.
Trois empereurs sont élus. Deux cèdent. Le dernier est empoisonné par son médecin, de sorte que Charles IV est reconnu sans contestation roi des Romains.
Jeanne, reine de Naples, épouse Louis, fils de Philippe, prince de Tarente. A l'approche de Louis, roi de Hongrie, vengeur de la mort d'André, elle fait trêve avec le roi de Sicile, et se retire auprès du Pape. Le roi de Hongrie est bien reçu dans tout le royaume, malgré le légat du Pape, et le mari de Jeanne, abandonné, erre do ville en ville comme un vagabond.
Louis, roi de Hongrie, fait mourir sans confession Charles de Duras, prince de la maison d'Anjou, parce qu'il avait traité de même .^ndré, roi de Hongrie (1348). La peste le chasse de Naples, d'où il se retire méprisé, parce qu'il avait traité doucement ce peuple.
Jeanne , arrivée à Avignon , y trouve son mari. Le Pape reçoit le serment par lequel elle se purge de la mort d'.\ndré, et il confirme son mariage. Rappelée par les siens, elle engage Avignon à l'Eglise pour quatrevingt mille florins , et recouvre son royaume avec cet argent.
La peste ravage tout l'univers. Elle avait commencé dans la Tartarie deux ans auparavant par une vapeur de li'u. La terre semblait ne produire que des serpents, et une puanteur horrible infectait l'air. Cent mille hommes en moururent dans Florence seule. Il arrive en même temps d'horribles tremblements de terre en Alle.magne et en Italie, dont les Alpes sont ébranlées. A cela se joignirent des flux de sang, et le feu appelé saa-é mangeait jusqu'aux os.
Magnus, roi de Suède, est battu par les Moscovites.
L'empereur Cantacusène laisse occuper au Turc quelques villes de Thrace (1349). Les Grecs ne font que rire de tous leurs malheurs.
Les flagellants, secte extravagante, méprisent les sacrements, et mettent tout le salut dans le sang, ce qui les oblige à se flageller d'une manière incroyable.
Casimir, roi de Pologne, prend la Russie, et la perd par ses débauches.
Louis , roi de Hongrie , reprend presque tout le royaume de Naples (I3.50|, mais non sans courir de grands hasards, ce qui l'oblige à faire la paix avec Guy, légat du Pape.
Alphonse, roi de Castille, meurt au siège de Gibraltar. Son fils, Pierre le Cruel, venge sa mère par la mort d'Eléonore Guzman, maîtresse de son père.
Philippe meurt. Son fils Jean lui succède, et fait avec les Anglais une trêve de deux ans, par l'entremise du Pape.
Edouard institue l'ordre de la Jarretière.
Charles IV est réduit à la dernière extrémité par un philtre que lui donne sa femme Agnès, qui avoue sa faute pour sauver deux accusés, et obtient le pardon de son mari.
Grande guerre et événements incertains entre Venise et Gênes pour le commerce.
Jeanne, déclarée innocente, reçoit son royaume et l'argent promis par le roi de Hongrie (ISol), qui entreprit cette guerre, non par ambition, mais pour faire justice du meurtre d'André.
La guerre se renouvelle entre la France et l'Angleterre au sujet de Guines , rendu aux Anglais par intelligence.
Casimir surmonte les Lithuaniens, et, battu par les Tartares qui ravagent ses pays, il commence à vivre mieux.
Calo Joannès se retire à Thessalonique avec sa mère, pour se sauver des mains de Cantacusène (13-b2;.
Les Vénitiens, Catalans et Aragonais, arment une grande flotte pour Cantacusène, et les Génois une plus grande pour Calo Joannès. Aussi remportent-ils une victoire signalée dans le Bosphore , et , avec le secours des Turcs, ils obligent Cantacusène à traiter la paix.
Clément VI meurt. Il fait faire les abrégés de Milleloquium, et accorde au roi de France de communier sous les deux espèces quand il voudrait , dont pourtant seulement au sacre et à l'heure de la mort. Innocent VI, limousin , est mis à sa place.
Cantacusène , pressé par Calo Joannès et les Turcs , a recours au Pape qu'il offre de reconnaître (1333), mais le Pape veut la bonne foi , diflicile à trouver parmi les Grecs.
Le Pape réforme sa cour, et envoie en Italie le cardinal Albornos , archevêque de Tolède , homme de guerre, qui soumet tous les tyrans de l'Etat ecclésiastique.
Guerre entre les Génois et les Vénitiens secourus par les Aragonais. Les Génois, battus au golfe de Cagliari, se rendent sujets de rarche\ êque de Milan.
Pierre de Castille aime une maîtresse jusqu'à mépriser Blanche de Bourbon, sa femme.
Soliman fait un traité par lequel il promet aux Grecs de ne les plus troubler en Europe; mais il le rompt, en suite d'un grand tremblement de terre qui renversa les murailles de plusieurs villes qu'il prit (13o4). Les cruautés de Pierre, roi de Castille, excitent une terrible conjuration contre lui, dont sa mère était le chef. Les Vénitiens sont battus par les Génois à l'île de Sapience, auprès du Péloponèse, presque sans combattre. Venise était perdue si Pagan Doria, général des Génois, content de triompher dans sa patrie , n'eût laissé à l'ennemi le temps de se rétablir.
L'archevêque de Milan, seigneur de Gênes, la laisse aux enfants de son frère. Charles IV achète d'eux la couronne de fer, qu'il vient recevoir à Modocce, près de Milan.
Charles d'Espagne , connétable de France , est tué par ordre de Charles, roi de Navarre, jaloux de son créait.
Les guerres civiles de Sicile la donnent en proie à Jeanne, reine de Naples; et Fridéric, roi de Sicile, est presque chassé.
SUITE DE LIIISTOIRE UNIVERSELLE
Joan Canlaciisèno fait son fils empereur.
Calo Joannès met à la raison Cantaciisène par le secours fies Génois et le contraint de se faire moine [1355).
Nicolas Cabasilas, archevêque de Thessalonique, fleurit en ce temps.
Charles IV, couronne^ à Rome le jour do Pâques par les cardinaux dépul('s du Pape , est bientôt rappelé en Allemagne par la crainte des guerres qui la menaçaient.
La république de Venise affaiblie par ses pertes contre les Génois, est presque détruite par son duc Marin Falère qui se veut faire souverain, mais qui est bientôt décou \ert et pendu avec les siens. Venise fait la paix avec Gènes.
Matthieu Visconti révolte Milan par ses impudicités et est tué par ses frères.
Le jeune Edouard, ijrince de Galles, attaque la France du côté de la Gnienne, le duc de Lancastrc par la Bretagne, le roi Edouard par la Picardie. Le roi Jean, pressé de tant de côtés, offre de terminer la guerre par un duel ou par une bataille décisive.
Pierre le Cruel reprend Tolède etTauro, où les chefs des rebelles s'étaient renfermés. Il les tue aux yeux de sa mère. Un fils âgé de dix-huit ans s'offre pour son père âgé de quatre-vingts.
Jean Tanière, dominicain de Cologne, docte et pieux prédicateur, averti par un pauvre homme laïque qu'il montrait de la vanité dans ses sermons, se donne tout à fait à Dieu et fait des fruits merveilleux.
L'empereur Charles IV fait la bulle d'or, autrement nommée Caroline (ISEG), où il règle l'élection du roi des Romains et le gouvernement de l'empire.
Edouard reprend Warwick occupée par les Ecossais et se rend maitre de l'Ecosse.
Le roi de France met en prison le roi de Navarre et fait couper la tète à Harcourt, qui avait tué par son ordre Charles d'Espagne.
PhUipne, frère du roi de Navarre, appelle Edouard en Normanaie, et lui donne entrée par ses places. Jean accourt; Edouard pressé se sauve par la diversion que le jeune Edouard, prince de Galles, fait du côté de la Guienne : mais pendant que Jean refuse toutes sortes de conditions, le prince de Galles les presse de la faim, et se hâte d'attaquer dans un camp fortifié auprès de Poitiers une armée qui allait périr faute de vi\ res; le jeune prince , réduit au désespoir, se défend avec une valeur étonnante, défait Joan, le prend prisonnier, et, de [leur qu'il ne fût délivré, comme il le pouvait être aisément, il se hâte de l'envoyer en Angleterre avec Philippe, fils de Jean, qui, dans sa première jeunesse, s'était signalé dans le combat en défendant le roi son père.
Les Vénitiens battus laissent la Dalmatie et Zara à Louis, roi de Hongrie. Ils se dégoûtent de la guerre, qu'ils se défendent à eux-mêmes , et se tournent au trafic.
Le cardinal Gilles légal, réprime quelques tyrans d'Italie, contre lesquels les villes se liguent et sont appuyées par le vicaire de l'empereur. Gênes recouvre sa liberté.
Le parti de Fridéric se remet en Sicile. Le siège de Catane réussit mal à Jeanne.
Albert, duc d'Autriche, marchant contre Bade, s'arrête tout à coup, touché de la misère du peuple qu'un grand tremblement de terre avait causée.
Charles, daufihin, Agé de dix-huit ou dix-neuf ans, est reconnu pour régent durant la prison du roi son père. La sédition s'excite à Paris : trois seigneurs sont tués auprès'du dauphin. Charles, roi de Navarre, lâché de prison par le prévôt des marchands, augmente les troubles. Edouard fait à Jean des propositions insupportables qu'il rejette avec mépris. Le dauphin par sa sagesse se rend maitre à Paris , et Marcel , prévôt des marchands, séditieux, est tué. La France, divisée par les troubles qu'excitait le roi de Na\ arre , par les paysans révoltés et les compagnies do voleurs, est réduite à la der-
nière extrémité. Le dauphin la soutient par sa prudence et par sa fermeté. Le jeune Philippe, fils de Jean, donne un souffleta un gentilhomme anglais, qui, dans le service de table, préférait Edouard à Jean. Son père lui dit qu'il est bien hardi , et le nom lui en demeure.
Guerre entre Pierre, roi de Castille, et Pierre, roi d'Aragon , où le premier a l'avantage.
Orcan, âgé de quatre-vingts ans, meurt, et en même temps son fils Soliman, d'une chute de cheval (1339)
Amurat, surnommé le Héros, fils d'Orcan, lui succède. Il prend Andrinople , où il met le siège de son empire, et établit les janissaires.
Edouard descend à Calais avec cent mille hommes et onze cents vaisseaux, assiège en vain Reims, où il espérait de se faire couronner roi de France. Le dauphin défend Châlons et Troyes.
Casimir, roi de Pologne, est défait dans la Valachie par les habitants du pays, qui renversent sur son armée des arbres à demi-coupés.
Hugues de Lusignan, roi de Chypre, meurt à Rome (1360). Son fils Pierre lui succède, digne par sa valeur d'un meilleur royaume.
La paix de B'retigny est ménagée par le dauphin Charles avec toute la prudence que permettait l'état des aft'aires. Plusieurs provinces sont cédées en pleine souveraineté au roi d'Angleterre. On donne trois millions d'or pour la rançon du roi , qui est reçu dans son royaume avec une incroyable démonstration d'amour et de joie dans tout son peuple.
Jean, pour payer Edouard et racheter ses enfants et son frère donnés en otage, accorde sa fille à Jean Galéas Visconti, avec le comté de Vertus en Champagne.
Pierre, roi de Chypre ('1361), joint aux chevaliers de Rhodes, se rend redoutable en Asie, où il fait de grandes conquêtes.
Pierre le Cruel empoisonne sa femme Blanche, et, pour avoir les trésors d'un roi maure qui s'était réfugié auprès de lui, il le fait mourir.
Louis meurt à Naples sans laisser d'enfants, et Jeanne songe à se remarier (1362).
Innocent IV meurt admirable, s'il eût moins aimé ses parents. Urbain V, bénédictin, son successeur, réforme la cour.
Edouard célèbre le Jubilé de son règne avec de grandes libéralités; il ordonne que les actes publics ne se fassent plus en français, mais en anglais.
Casimir, roi de Pologne, nourrit le peuple dans une grande famine, et le fait travailler à fortifier les villes.
Jeanne épouse Jacques d'Aragon, fils du roi de Majorque (1363).
Les rois de France, de Chypre et de Danemarck, se croisent à ,\vignon.
L'Italie et la Dalmatie sont affligées de grandes sauterelles venimeuses; les œufs des poules qui les mangeaient , étaient empoisonnés.
Le vent les jette dans le golfe de Venise, et la puanteur qu'elles excitent après leur mort cause la peste.
Les Cretois se révoltent contre Venise ; Gênes les refuse (1364).
Jean repasse en Angleterre à la place de son fils Louis, duc d'Anjou, qui s'était échappé, et meurt à Londres.
Charles V, son fils, appelé le Sage, est couronné à Reims avec Jeanne de Bourbon sa femme. Le comté de Tours re\ ient à la couronne ; le duché de Bourgogne y était aussi re\ enu un peu devant la mort de Jean ; Charles le donne à son frère Philippe, à qui Jean l'avait destiné.
Charles de Blois, homme )iieux et réputé saint, est tué dans une bataille donnée en Bretagne contre Jean de Montfort, à qui il disputait le duché. Par cette mort, Jean est reconnu par les Bretons et par le roi qui protégeait Charles de Blois.
Jean de Bourbon pour venger la mort de sa sœur.
QUATORZIÈME SIÈCLE
l'ail la guerre à Pierre le Cruel. Bertrand du Guesclin le suit el délivre la France et le Pape des compagnies de voleurs, dont il fait de bons soldats.
Bernabo Yisconti, cruel duc de Milan, souvent excommunié pour les entreprises qu'il faisait sur l'Etat ecclésiastique, achète la paix et son absolution en donnant Bologne au Pape.
Pierre, roi de Chypre , secouru de France et d'Espa- L'ne (1:565), prend Alexandrie, la pille, la brûle, et re- \ lent chargé de butin.
Les com'|)agnies de voleurs anglais, au nombre de cent mille hommes, après avoir pillé la Savoie et l'Alsace , et fait trembler toute l'Europe , sont défaits par l'empereur et par les paysans.
Il est couronné roi d'Arles, en Avignon, pour attaquer Bernabo et le Milanais, compris dans ce royaume avec la Provence et le Piémont.
Philippe, duc de Bourgogne, épouse Marguerite, héritière de Flandre.
Amédée, duc de Savoie (1366), rend à Calo .Joannès, son parent, Gallipolis, prise sur les Turcs, que les Grecs reperdent bientôt.
Pierre , roi de Chypre , leur prend Tripoli et plusieurs autres places. Le sultan d'Egypte est etirayé.
Henri, frère du roi de Castille, soutenu par la valeur de Bertrand du Guesclin et des Français, est couronné à Tolède. Pierre se réfugie en Portugal avec ses richesses, d'où il passe à Bayonne pour implorer la protection du prince de Galles , fait duc de Guyenne par son père.
Urbain 'V revient en Italie malgré les cardinaux (1367).
Le prince de Galles ramène Pierre en Castille. Henri, plus faible, combat malgré du Guesclin , qui est pris et la bataille perdue. Edouard, rebuté par les cruautés et les perfidies de Pierre, l'abandonne. Le royaume, irrité par de nouvelles inhumanités, se révolte, el Henri, qui s'était réfugié en France, est rétabli.
Les .aquitains , indignés des nouveaux impôts mis par le prince de Galles, appellent à Charles comme à leur sou\erain (1368). Il temporise jusqu'à ce qu'il voie les choses où il les voulait. Enfin il se déclare, et en même temps plusieurs \illesde Guyenne et tout le comté de Ponthieu se rendent à lui.
Charles IV est reçu à Viterbe par le Pape, à qui il sert d'écuyer. Il fait avec les Visconti une paix peu glorieuse a l'empire. Il périt presque à Sienne , où le peuple criait liberté, et retourne en Bohème, dégoûté des Italiens qui le méprisaient.
Calo Joannès ', vient à Rome pour demander du secours 1 1369). Il est bien reçu ; mais les guerres entre la France et l'.^ngleterre faisaient peu espérer de la chrétienté. Il passe ensuite à Venise, où il prend do l'argent à grande usure, et où il est retenu par les usuriers. Son fils aîné .\ndronic refuse de donner de l'argent pour le retirer. Manuel le cadet en donne un peu, et se met en otage pour son père, qui tourne tout son amour de son côté , et donne lieu à de grands troubles par la jalousie des frères.
Pierre le Cruel est battu el pris en fuyant d'une ville assK'gée par du Guesclin et les Français. Les deux frères se rencontrent et se battent dans la prison. Pierre est tué, Henri, dit le Bâtard, est reconnu ; mais .Jean, duc de Lancastre, qui avait épousé la fille de Pierre, prétend au royaume.
Du Guesclin, après avoir pacifié la Castille, va chercher la guerre en Sardaigne , d'où Charles V le rappelle pour le faire connétable et comte de Longueville.
La gloire de la France est réparée. La Guyenne est presque toute soumise, le roi de Navarre contraint d'obéir, et Jean, duc de Bretagne, qui s'était uni aux An-
1. Lisez Jeaji Paléologue. Les Galon Joannès éUient rois de Bulgarie. Le tiernier de ce nom éUil mort en 1207, et il s'agit ici de. l'empereur grec de Conslantiiiople.
glais contre son serment, obligé de rentrer dans son devoir. Le prince de Galles malade retourne en Angleterre, et meurt devant son père, après avoir fait déclarer son fils Richard héritier du royaume.
Urbain V, rebuté des Italiens, revient à Avignon (1370), et y meurt bientôt avec autant de piété qu'il avait vécu.
Grégoire XI , limousin , lui succède.
David, roi d'Ecosse, et Casimir, roi de Pologne, appelé le Grand, meurent ; le dernier brisé d'une chute de cheval. Louis, fils do sa sœur, roi de Hongrie, lui succède, peu agréable aux Polonais. A Da\id, homme courageux , succède Robert Sluarl , en épousant la fille de David. Ainsi la royauté passe de la famille des Balleuls en celle de Sluarl.
Les Anglais perdent la Rochelle (1372). Edouard s'étonne que Charles , sans jamais monter à cheval , lui fit tant de maux.
Les Génois, irrités de la préséance accordée aux Vénitiens au couronnement de Pierre , roi de Chypre, fait roi de Jérusalem , prennent Famagouste , et se rendent maîtres de l'ile.
Uladislas le Blanc, fils de Casimir, moine à Saint- Bénigne de Dijon J373j, se repent, et est reconnu en Pologne, en haine des Hongrois. L'accord se fait, el Uladislas revient mourir dans son monastère , où il est enterré.
Sainte Brigitte, Suédoise, illustre par sa naissance, et plus encore par sa sainteté et par celle de ses huit enfants canonisés, meurt en ce temps. Ses révélations sont célèbres.
Bernabo Visconti exerce à Milan des cruautés inoui'es, et ruine ses sujets par ses exactions (1374). Il avait cinq mille chiens de chasse qu'il faisait nourrir à des personnes nommées, à peine de grosses amendes s'ils étaient maigres, et de confiscation de tout leur bien si les chiens mouraient. Il brûle comme hérétiques deux Cordeliers qui le reprenaient.
Jacques, roi des Baléares, mari de Jeanne, meurt dans la guerre qu'il faisait pour le RoussiUon contre l'Aragon. Elle épouse Olhon de Brunswick, et excite la jalousie de Charles, duc de Duras, son cousin, quoiqu'elle lui destinât le royaume.
Grégoire XI se réjouit avec Cantacusène de son retour à l'Eglise procuré par les Jacobins (1375).
L'empereur grec paie tribut à Amurat , et est contraint de l'assister dans ses guerres.
Les Italiens sujets du Saint-Siège, sont excités à la révolte par les Florentins. Ils sont réprimés par des citadelles bâties de tous côtés.
Charles 'V règle la majorité des rois à quatorze ans au lieu de vingt-cinq, où elle commençait auparavant.
Le Pape, persuadé par sainte Catherine de Sienne, résout son retour à Rome , et partant d'Avignon malgré lous les cardinaux , il permet l'élection de Venceslas , lils de Charles IV, âgé de quinze ans, jeune homme laid en tout, qui avait sali l'eau où on le baptisa, et l'autel sur lequel on le couronna roi de Bohême dans son enfance (1376).
Calo Joannès' (1377), chassé par son fils Andronicet les Génois, est rétabli par les Vénitiens.
Guerre sanglante entre ces deux peuples.
Grégoire rétablit le siège à Rome après soixante-dix ans; trompé par les Romains et les Florentins, il se retire à Anagni.
Jean Wiclef, curé dans le diocèse de Lincoln, et docteur en théologie, irrité du refus de la principalité d'un collège et plus encore de celui de l'évèché de Vigorne, s'élève, et ses erreurs se fortifient par la négligence d'Edouard dans sa vieillesse, par la jeunesse de Richard, son successeur, et par la protection du maréchal Henri de Persi.
Edouard meurt sans sacrements, dans les amours