Lisez Jean Paléologue
SUITE DK L'HISTOIRE UNIVERSELLE
d'Alix de Pt'rès, qu'il rappelle dans son extrême vieillesse, après que son parleuienl l'eût éloignée. Ricliaril II, son pelit-lils, que les Anglais appelèrent Richard de Bordeaux, fut reeonnu en présence du duc de Lancastre, fils d'Edouard.
Les Français battent partout les Anglais, et contraignent Charles de Navarre de quitter la Normandie pour se retirer dans son royaume. Le Pape et l'empereur tâchent de procurer la paix pour repousser les Turcs, qui menaçaient l'Italie. L'empereur vient en France pour cela , et il y est bien reçu ; mais Charles prend bien garde à ne lui laisser prendre aucune marque de pouvoir.
Le pourparler de paix commencé entre le Pape et les Florentins est troublé par la mort du Pape (1378).
Le conclave est troublé par les Romains, qui menacent les cardinaux de les briiler dans le conclave s'ils ne font un Italien. Bartbélemi BoutiM, archevêque de Bari, est élu et ijrend le nom d'Urbain VI , homme sévère et rude, qui est pourtant reconnu; mais, un peu après, douze cardinaux ullramontains^, dont il y en avait onze français, et le douzième était Pierre de Lune, d'une noble maison d'Aragon, se retirent à Anagni , et protestent de la violence et de la nullité de l'élection. Ils admonètent le Pape , qui était à Tivoli avec trois cardinaux, qu'il eùtà quitter. Sur son refus, ils élisent le cardinal Robert de Genève, frère de Pierre, comte de Genève, qui prend le nom de Clément VII, qui est reconnu en France, après de longues délibérations, de l'avis du clergé et de l'université, assemblés par l'ordre du roi.
Les deux Papes confirment l'élection de Venceslas.
Charles IV meurt, et donne de sages avertissements à son fils', le plus infâme des princes.
Toute la chrétienté se partage entre les deux Papes.
Les Anglais se soumettent à Urbain, en haine de la France. Le roi d'Aragon se déclare pour Clément, avec quelques restrictions. Venceslas et le roi de Hongrie, rebutés par Clément , reconnai.ssent Urbain.
Clément, défait par Urbain (1379) , est bien reçu à Naples par la reine Jeanne. Il craint les Napolitains, compatriotes d'Urbain, et se retire à Avignon, oîi il est reçu par les cardinaux qui n'a\aient pas voulu suivre Grégoire à Rome.
Urbain excite contre Jeanne Louis, roi de Hongrie, qui lui donne contre cette reine des troupes, conduites par Charles Duras.
Les Génois battent les Vénitiens , après même que Louis eût ôté aux Génois les troupes hongroises.
Les Vénitiens, prêts à se rendre, reprennent cœur, excités par les conditions trop dures que leur imposaient les vainqueurs, et font une paix équitable.
Henri le Bâtard, roi de Castille, meui-t pieusement.
Les Ecossais ravagent l'Angleterre allligée de peste, et en remportent un grand butin.
Les Flamands se révoltent contre le comte Louis, qui les chargeait de dépenses inutiles.
Urbain dépose Jeanne (1380), sachant Charles de Duras dans le voisinage. Elle fait un testament où elle laisse son royaume à Louis d'Anjou, frère de Charles V, qu'elle crée duc de Calabre, et se soutient par la protection de Clément.
Charles V, roi de France , meurt. Charles VI , appelé le Bien-Aimé, lui succède en bas âge. Louis d'Anjou , aine des oncles du roi, est reconnu pour régent. Philippe, duc de Bourgogne, et le duc de Bourbon, frère de la reine défunte, mère du roi, sont chargés de l'éducalion du jeune prince , selon les ordres que Charles en avait laissés en mourant. Le gouvernement de Languedoc et do Guyenne est donné à Jean, duc de Berri, troisième oncle paternel du roi.
l. L'Art de vérifier les dates met Prigano. — 2. C'est-à-dire, au delà (les monts , relalivcmcnl à Rome et à l'Ualie. — 3. C'iilait Venceslas , qui lui succéda à t'empire, mais qui fui déposé , pour sa mauvaise conduite.
Un noble Génois reçoit un soufllet de l'infâme favori de l'empereur de Trébisonde (1381), et ravage pour se venger toute la côte do cet empire. L'empereur est contraint de livrer son favori, que le Génois renvoie sans lui faire autre mal que de l'appeler une femme, et fait accorder de grands privilèges aux Génois dans Trébisonde.
La France est pillée durant la minorité du roi.
Les Wiclétîstes , au nombre de soixante mille hommes, troublent l'Angleterre, tuent l'archevêque de Cantorbéry, chancelier, et sont à peine réprimés par le châtiment de leurs chefs.
Charles de Duras, appelé le Petit, à cause de sa taille, et de la Paix, pour avoir ménagé celle de Venise et de Gênes, est couronné, par Urbain . roi des Deux- Siciles et de Jérusalem. Reçu à Naples, il renferme Jeanne dans le château neuf; il la contraint de se rendre, et prend Olhon son mari.
Charles de Duras fait étrangler Jeanne par ordre de Louis, roi de Hongrie (1382).
Clément couronne Louis, duc d'Anjou, qui marche en Italie avec trente mille chevaux, et des gens de pied innombrables, accompagné d'Amédée, comte de Savoie. Son armée périt, et Charles fait brûler un magicien à , qui il en attribue la ruine. ]j
Charles, roi de Navarre, vieux empoisonneur, offre i aux Anglais d'empoisonner Charles VI et ses oncles.
Le jeune comte de Foix , fils de la sœur de ce roi , trompé par ses artifices , porte à son père un poison qu'il croyait être un i)hiltre capable de lui faire aimer la mère du jeune prince qu'il avait chassée.
Louis, roi de Hongrie, meurt. Marie, sa fille, est saluée reine, sous la régence de sa mère Elisabeth. Les jaloux de l'élévation de Nicolas Gara, quoique due à ses services, brouillent les affaires. Charles le Petit est appelé par les Hongrois.
Philippe, fils de Jacques Artevelle, à la tête des Flamands rebelles, est battu à Rosbecq par le roi de France, qui protège Philippe son oncle. Quarante mille rebelles sont tués, et Arievelle, trouvé parmi les morts, est pendu. Les Français perdent à peine quarante hommes. Ils détruisent Courtrai , en haine de la victoire remportée par les Flamands sur Philippe le Bel. Les autres villes se rendent au duc Philippe ; mais il s'élève durant l'absence du roi une sédition à Paris pour des impôts. L Le roi victorieux la châlie, et fait couper la tète à Jean | Marais, avocat, accusé d'en être l'auteur, quoiqu'il fût \ innocent.
Les propositions de Wiclef , favorables en apparence , et en effet pernicieuses à la puissance royale autant qu'à la puissance ecclésiastique, sont condamnées par l'archevêque de Cantorbéry.
Louis, comte de Flandres, meurt (1383). Philippe lui succède par sa femme Marguerite.
Urbain, arrêté à Naples, accorde à Charles tout ce qu'il voulait.
Il publie une croisade contre les Français et excite les Anglais contre eux ; mais ils sont mis en fuite de\ ant Ypies.
Pierre, roi de Chypre, meurt. Jacques, son oncle paternel , prisonnier à Gênes depuis la prise de Famagouste , et renvoyé avec dix galères , laisse cette place aux Génois. Il est couronné roi de Jérusalem à Nicosie.
Léon , roi catholique d'Arménie , chassé par le sultan d'Egypte, et délivré de prison à la prière des rois de France, de Castille et d'Aragon, vient partout chercher du secours, et n'obtient qu'une subsistance proportion- i née à sa dignité. 1
Ferdinand, roi de Portugal, meilleur justicier que guerrier, laisse en mourant une grande guerre pour sa succession entre Béalrix sa fille, iemme de Jean , roi de ,, Castille, et les Porlugais; ces derniers se donnent à j Jean le Bâtard, frère de Ferdinand, qui l'emporte, les 3 Portugais ne pouvant souffrir la domination de Castille.
QUATORZIÈME SIÈCLE
Sozen, fils d'Amurat, et Andronic, fils de Jean (1 384), s'accordent contre leurs pères occupés ensemble en Asie contre les Turcs révoltés. Les deux pères découvrent la conspiration, et, de concert, font crever les yeux à leurs enfants.
Louis d'Anjou, traversé par les croisades d'Urbain et par les finesses de Charles, son concurrent, soufTre des maux extrêmes en Italie, et meurt enfin du travail qu'il avait souffert à empêcher le pillage d'une ville prise.
Charles n'ayant plus de concuirent, ne craint plus le Pape, et le maltraite. Il se prépare à passer en Hongrie, où il est appelé par les seigneurs.
Un Carme découvre au roi d'Angleterre une entreprise faite contre sa vie par son oncle , le duc de Lancastre; mais, quoiqu'elle fiit véritable, il est condamné à mort , faute de preuves.
Jean \Viclef meurt , et est enferré dans la paroisse où il était curé.
Urbain traite cruellement six ou sept de ses cardinaux qui avaient résolu de le déposer (ISS.ï).
Il excommunie Charles de Duras, qui l'assiège dans Lucérie, prend la ville et la brûle. Le Pape se sauve de la cifadeffe sur les galères de Gènes, soigneux d'emmener les cardinaux prisonniers, qu'il continue de traiter inhumainement.
. Charles arrive en Hongrie. Les deux reines s'opposent vainement à ses desseins. Il est couronné de leur consentement. Les Hongrois se repentent, et Charles est presque tué dans l'église où on le couronnait.
Charles VI médite de passer en Angleterre , et il en est empêché par la guerre de Flandre. Ceux de Gand sont contraints de se soumettre, et Philippe leur accorde la paix. '
Jean le Bâtard, soutenu par les Anglais, est reconnu roi de Portugal, après plusieurs victoires sur les Castillans, que les Français secouraient.
Le tyran Bernabo veut perdre Jean de Galéas , comte de Vertus, son neveu, qui fait le simple et prend l'habit d'ecclésiastique; mais il se déclare à propos, arrête son oncle, l'empoisonne, se rend redoutable aux voisins, et chasse les Scaligers dg Vérone et do Vicence.
Nicolas Garo (13861, en haine de qui les Hongrois avaient appelé Charles de Duras, lui suscite un meurtrier qui le blesse. Il est mis en prison , où ses plaies sont empoisonnées; on l'étrangle, et sa mort est portée à Naples dans le temps qu'on s'y réjouissait de son couronnement en Hongrie.
Ladislas, autrement Lancelot,son fils, est couronné à Xaples à dix ans ; mais en même temps Thomas de Saint- Séverin, chef du parti d'Anjou, etOlhonde Brunswick, couronnent le fils de Louis d'Anjou , et ont recours à Clément. La mère de Ladislas s'enfouit à Cajette avec ses enfants. Urbain, vindicatif, lui refuse tout secours, quoiqu'elle lui renvoie son neveu pris par Charles son mari.
Clément envoie son neveu à Naples avec le titre de vice-roi, ce qui trouble le parti d'.lnjou.
En Hongrie, après la mort de Charles, Elisabeth et Marie, sa Mlle, qui se croyaient en sûreté, sont prises par Horvat, gouverneur de la Croatie, du parti de Charles. La mère est noyée, la Ulle est mise en prison. Sigismond , roi de Bohème, vient au secours. Hor\at est contraint de rendre Marie. Sigismond, couronné, déclare la guerre à Horvat, au préjudice de l'amnistie accordée, et l'ayant pris avec ses complices, il les fait tous mourir avec d'horribles tourments.
Jagellon, duc de Lithuanie, promet de se faire chrétien, et épouse Edwige, couronnée reine de Pologne. Il se fait baptiser avec ses frères.
Jean, duc de Berri, rend inutile la grande flotte préparée par Charles VI contre l'Angleterre, plutôt prête a se rendre qu'à résister, tant elle était faible et peu préparée.
Le duc de Lancastre étant en Portugal avec toutes
les forces du royaume, le duc de Berri est remercié publiquement par l'Angleterre.
Léopold , duc d'Autriche, appelé l'honneur de la milice et la gloire de la chevalerie, est tué dans un combat contre les Suisses, qui vinrent au nombre de seize cents au secours d'une ville assiégée. La chaleur et le poids des armes ruinent la noblesse de Léopold , que la disposition du lieu avait contrainte de se mettre à pied. Léopold le Cls, dit l'Ambitieux ou le Superbe, en voulant venger son père est battu, et les Suisses se rendent considérables. .
Urbain découvre à Gênes une entreprise faite contre sa vie par les cardinaux prisonniers, et les fait mourir cruellement, à la réserve de deux , qui , s'étant échappés, vont à Clément. Urbain se rél^ugie à Lucques.
Charles ie Mau\ais, roi de Navarre, est brûlé dans de l'eau-de-vie (1387). Charles III, appelé le Noble, son fils, reconnaît Clément.
Pierre, roi d'.Aragon, astrologue et chimiste, meurt à Barcelone. Son fils Jean reconnaît Clément, persuadé par Pierre de Lune.
Le bienheureux Pierre de Luxembourg meurt à Avignon en odeur de sainteté. Il est béatifié longtemps après le schisme par Clément VII de Médicis, et pris pour patron par ceux d'.^vignon.
Clément presque reçu partout offre de se soumettre à un concile. Urbain, opiniâtre, ordonne une croisade contre Thomas de Saint-Séverin et Othon, qui ne sert qu'à montrer sa haine.
Clisson, connétable de France, est attiré sur parole , et emprisonné par le duc de Bretagne qui voulait faire plaisir aux Anglais. Le gouverneur à qui il le confia empêche son maître de le tuer, et son maître fe remercie de f'avoir détourné d'un si grand crime.
Les Bolonais quittent Urbain, les Florentins attendent le concile (1388).
Charles VI épouse Isabeau de Bavière , et son frère Louis, Valentine, fille du duc de Milan.
Victoire signalée des Ecossais sur les Anglais.
Urbain meurt (1389). Son neveu est privé des châteaux qu'il lui avait donnés, et sa famille, pour laquelle il avait tant travaillé, est tout éteinte.
Quatorze cardinaux élisent Boniface IX, qui méritait d'être Pape dans un meilleur temps.
Charles VI visite Clément , qui sacre Louis d'.\njou, fils de Louis , roi des Deux-Siciles et de Jérusalem. Le roi d'Aragon lui donne en mariage sa fille Yolande.
Voyage célèbre de Charles Vf en Languedoc, d'où il retire son oncle Jean, duc de Berri, à cause des concussions qu'il y laissait faire à ses gens.
Amurat , victorieux des Triballiens et de plusieurs peuples chrétiens, en reconnaissant lui-même les morts, est tué d'un coup de poignard par un Triballien mourant (1360). Il avait gagné trente-sept batailles rangées; bon, sévère, homme de parole, libéral. Son fils Bajazet, appelé Gilder, ou le Foudre, défait les Triballiens et les Bulgares, et leur prend Nicopolis, leur capitale lâchement défendue.
Tamerlan commence à se rendre illustre à la guerre.
Charles VI envoie son oncle , le duc de Bourbon , au secours des Génois , que les Sarrasins d'Afrique tourmentaient. Les Vénitiens se croisent avec eux. Les croisés retournent victorieux.
Jean de Castille tente en vain d'établir son fils en Portugal. Il meurt tombé de cheval , et laisse son fils, âgé de douze ans, sous des tuteurs imprudents et intéressés qui ruinent enfin le royaume.
Robert, roi d'Ecosse, meurt, prince accompli. Son fils Jean, nommé Robert III, homme tranquille, lui succède.
Deux nobles Vénitiens, sous les ordres de Zichin, roi de Danemarck, découvrent l'Islande, le Groenland et les autres terres du Nord.
Clément approuve le mariage de Marie , héritière de
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Sicile, avec Martin, neveu du roi d'Aragon (ISg!). Ainsi toute la Sicile est soumise aux Aragonais ; mais il s'y élè\e des séditions infinies.
Boniface ne trouve nulle sûreté en Italie, et vaque d'un lieu à un autre i1.S92).
L'assassinat de Clisson trouble la France; quoique Clisson soit guéri do ses blessures, le roi n'en entreprend pas moins la vengeance. Il déclare la guerre au duc de Bretagne, auteur de cet attentat, et l'entreprend avec trop d'ardeur. Il ne dort ni jour ni nuit, et déjà échauffé par ses débauches, la tète lui tourne. Clisson est chassé par ses oncles, déclarés régents, et se défend en Bretagne contre le duc.
Bajazet médite d'attaquer la Hongrie après avoir ravagé la Valachie et la Bulgarie. Sigismond est averti de ses desseins par Manuel ; mais le Turc qui intercepte les lettres, assiège Constantinople par mer et par terre. Sur le bruit que Sigismond marchait à Nicopolis, il s'avance et bat les Hongrois. Sigismond demande secours au roi de France. Bajazet retourne contre Constantinople et se laisse apaiser par l'empereur^ qui donne une rue, un gouverneur et une mosquée au.x Turcs dans Constantinople. La ruine des Grecs est différée par les victoires de Tamerlan.
Le roi guéri, danse le ballet des sauvages, où il pensa être brûlé par l'imprudence du duc d'Orléans. Il retombe un peu après dans sa frénésie.
Les Wicléfistes réprimés en Allemagne s'introduisent In Bohême. Jean Hus, dont le nom signifie oison, embrase une partie de leurs erreurs.
Venceslas , roi d'Allemagne et de Bohême , plongé dans de honteuses débauches, les laisse croître. Il tombe dans un tel mépris, qu'il est souvent mis prisonnier à Prague par le magistrat.
Boniface, en danger à Rome, est sauvé à peine par Ladislas, qui y était allé pour aviser avec lui aux affaires de la guerre (1394).
L'Université de Paris propose les trois voies de finir le schisme : la cession, le compromis, le concile.
Le duc de Berri, fort attaché à Clément, empêche l'effet de ces saintes propositions.
Clément meurt d'apoplexie, et laisse trois cent mille écus à la chambre. Pierre de Lune est élu contre les prières du roi de France, et prend le nom de Benoit XIII.
Les uni\ ersités ne s'accordent pas sur les moyens de finir le schisme, ce qui donne lieu à Benoît de les éluder tous (439.5).
Jean , roi d'Aragon , au sortir de table , où il avait mangé excessivement à son ordinaire, est troublé par la rencontre inopinée d'un grand loup, et meurt. Son frère est mis à sa place au préjudice des lois, qui appelaient à la couronne Jeanne , fille du roi défunt , qui avait épousé Mathieu de Foix.
Jean Galéas , comte de Vertus, achèle de Venceslas le duché de Milan quinze cent mille flui'ins, et prend le nom de duc.
Jean, comte de Nevers, fils aîné de Philippe, duc de Bourgogne, est mis à la tête du secours qu'on envoie à Sigismond, roi de Hongrie (1396). Il prend plusieurs villes où il tue tous les Turcs, et assiège Nicopolis. Bajazet arrive avec une armée immense. La témérité des Français leur fait perdre la bataille. Les Hongrois prennent la fuite, et les Français se font tuer en combattant vaillamment. Soixante mille Turcs demeurent sur la place. Bajazet, furieux, fait couper la tête en sa présence à trois cents prisonniers des plus qualifiés. Un grand physionomiste sauva la vie à Jean de Nevers, dont l'esprit hautain et ainlutieux menaçait la chrétienté de grands maux. Sigismond est dix-huit mois sans oser paraître. Jean Galéas est soupçonné d'avertir le Turc , avec qui il entretenait grand commerce.
Les rois de Franco et d'Angleterre s'assemblent, et conviennent de la voie de cession, à laquelle Venceslas |iron\el aussi de recourir avec eux.
L'empereur Manuel envoie son frère Théodore Paléologue , dcs|)Ote du Péloponèse , pour obtenir du secours de France (1397). Le roi le promet. Jean, fils d'Andronic, va en Italie pour le même dessein. Le triste état de l'Eglise fait qu'il ne remporte que des espérances; mais l'Italie profite du voyage de Jean, et Chrysolarus , qu'il mena avec lui, enseigna le grec à Rome, d'où la connaissance de cette langue se répand.
Deux Augustins entreprennent de guérir Charles par art magique , et ce détestable moyen est accepté , mais manque de réussir; ils sont pendus.
La faible cervelle du roi fait que tout commence d'aller en désordre dans le royaume.
Richard, roi d'Angleterre, fait étrangler à Calais Thomas, duc de Glocester, son oncle [laternel , et fait couper la tète au comte d'Arondel.
A Naples, Louis II, duc d'Anjou, s'abandonne aux plaisirs. Il est trahi par les seigneurs, et Ladislas s'affermit.
Charles VI , durant un de ses bons intervalles, confère avec Venceslas, venu à Reims pour traiter des remèdes du schisme, et ils conviennent tous deux de se soustraire de l'obédience du Pape, qui refuserait la cession (t398). Pierre d'Ailli et Boucicaut ne la peuvent persuader à Benoit. Il est assiégé dans son palais à Avignon. Le secours du roi d'Aragon lui est fnutile. La soustraction d'obédience se fait en France et môme à Avignon, par les cardinaux. Elle est improuvée par Clémengis et par l'université de Toulouse.
Venceslas ne peut rien auprès de Boniface.
Le roi envoie du secours à Manuel sous la conduite de Boucicaut (1399), et les Turcs n'osent combattre, se souvenant combien les Français leur avaient chèrement vendu leur vie.
Boniface IX établit les annates dans son obédience, sous prétexte de soutenir le Pape et les cardinaux. Les seuls Anglais les refusent. Les autres exceptent les évêchés.
Il est reçu à Rome, et fortifie le château Saint- Ange pour empêcher les révoltes du peuple romain.
Henri, fils de Jean, duc de Lancastre, chassé d'Angleterre, vient en France. Il est rappelé en Angleterre par le parti contraire à Richard , qui est abandonné par les siens et renfermé dans la tour de Londres, où on le tue après lui a\oir fait céder le royaume à Henri.
L'empereur Manuel est reçu à Paris plus magnifiquement que Charles IV (1400). Il n'obtient nul secours, ni de la France malade avec son roi , ni de l'Angleterre dans le nou\ eau règne encore mal allèrmi.
Constantinople pressée, n'est sauvée que par la crainte que Bajazet eut de Tamerlan.
L'infâme Venceslas est déposé par les électeur? et les princes. Fridéric IV, duc de Brunswick , vaillant et habile, est élu et bientôt tué. Robert le Petit, duc de Bavière et comte palatin , illustre en paix et en guerre , est mis à sa place et confirmé par Boniface. Les Français sont longtemps sans le reconnaître.
Sigismond se plaint de l'injure faite à son frère; mais Venceslas, content, se retire dans la Bohème, où il cède des droits importants pour quehpies charrettes de vin.
Ladislas est reçu à Naples; Louis prend la fuite; une grande partie du royaume demeure en sa puissance; il revient en Provence et se soumet à Benoît.
Ladislas maltraite les seigneurs partisans de Louis, et môme les Saint-Séverins qui l'avaient trahi.