‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 336 sur 609 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

DES PRINCIPES DE LA SOfilÉTÉ HUMAINE.

mon, l'un guerrier, l'autre pacifique, tous deux excellents dans l'art de régner, vous eu donneront non-seulement les exemples dans leur vie ; mais encore les préceptes : l'un dans ses divines poésies ; l'autre dans ses instructions que la sagesse éternelle lui a dictées.

Jésus-Christ vous apprendra par lui-même et par ses apôtres, tout ce qui fait les Etats heureux : son Evangile rend les hommes d'autant plus propres à être bons citoyens sur la terre, qu'il leur apprend par là à se rendre dignes de devenir citoyens du ciel.

Dieu, enfm, par qui les rois régnent, n'oublie rien pour leur apprendre à bien régner. Les ministres des princes , et ceux qui ont part sous leur autorité au gouvernement des Etats , et à l'administration de sa justice, trouveront dans sa parole des leçons que Dieu seul pouvait leur donner. C'est une partie de la morale chrétienne que de former la magistrature par ses lois : Dieu a voulu tout décider, c'est-à-dire donner des décisions à tous les Etats ; à plus forte raison à celui d'oi!i dépendent tous les autres.

C'est, Monseigneur, le plus grand de tous les objets qu'on puisse proposer aux hommes; et ils ne peuvent être trop attentifs aux règles sur lesquelles ils seront jugés par une sentence éternelle et irrévocable. Ceux qui croient que la piété est un affaiblissement de la politique, seront confondus ; et celle que vous verrez est vraiment divine.

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