LIVRE II. — DE L'AUTORITE ROYALE
contre eux. C(?ux dont Dieu a réglé les mœurs ne doivent pas seulement épargner les empereurs, mais encore tous les hommes. Nous sommes pour les empereurs tels que nous sommes ^our nos voisins. Car il nous est également détendu de dire ou de faire, ou de vouloir du mal à personne. Ce qui n'est point permis contre l'empereur n'est permis contre personne; ce qui n'est permis contre personne l'est encore moins sans doute contre celui que Dieu a fait si grand. »
Voilà quels étaient les chrétiens si indignement traités.
Conclusion. — Poi^r conclure tout ce livre, et le réduire en abrégé :
La société humaine peut être considérée en deux manières :
Ou en tant qu'elle embrasse tout le genre humain, comme une grande famille ;
Ou en tant qu'elle se réduit en nations, ou en peuples composés de plusieurs familles particulières, qui ont chacune leurs droits.
La société , considérée de ce dernier sens , s'appelle société civile.
On la peut définir, selon les choses qui ont été dites , société d'hommes unis ensemble sous le même gouvernement et sous les mêmes lois.
Par ce gouvernement et ces lois , le repos et la vie de tous les hommes est mise, autant qu'il se peut, en sûreté.
Quiconque donc n'aime pas la société civile dont il fait partie , c'est-à-dire l'Etat oîi il est né , est ennemi de lui-même et de tout le genre humain.