‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 346 sur 609 · LIVRE II. — DE L'AUTORITE ROYALE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — DE L'AUTORITE ROYALE

contre eux. C(?ux dont Dieu a réglé les mœurs ne doivent pas seulement épargner les empereurs, mais encore tous les hommes. Nous sommes pour les empereurs tels que nous sommes ^our nos voisins. Car il nous est également détendu de dire ou de faire, ou de vouloir du mal à personne. Ce qui n'est point permis contre l'empereur n'est permis contre personne; ce qui n'est permis contre personne l'est encore moins sans doute contre celui que Dieu a fait si grand. »

Voilà quels étaient les chrétiens si indignement traités.

Conclusion. — Poi^r conclure tout ce livre, et le réduire en abrégé :

La société humaine peut être considérée en deux manières :

Ou en tant qu'elle embrasse tout le genre humain, comme une grande famille ;

Ou en tant qu'elle se réduit en nations, ou en peuples composés de plusieurs familles particulières, qui ont chacune leurs droits.

La société , considérée de ce dernier sens , s'appelle société civile.

On la peut définir, selon les choses qui ont été dites , société d'hommes unis ensemble sous le même gouvernement et sous les mêmes lois.

Par ce gouvernement et ces lois , le repos et la vie de tous les hommes est mise, autant qu'il se peut, en sûreté.

Quiconque donc n'aime pas la société civile dont il fait partie , c'est-à-dire l'Etat oîi il est né , est ennemi de lui-même et de tout le genre humain.

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