LIVRE SIXIÈME
Les devoirs des sujets envers le prince, établis par la doctrine précédente.
ARTICLE PREMIER
Du service qu'on doit, au prince.
Première Proposition. On doit au prince les mêmes services qu'à sa patrie.
Personne n'en peut douter, après que nous avons vu que tout l'Etat est en la personne du prince. En lui est la puissance, en lui est la volonté de tout le peuple; à lui seul appartient de faire tout conspirer au bien public. 11 faut faire concourir ensemble le service qu'on doit au prince et celui qu'on doit à l'Etat, comme choses inséparables.
IIo Proposition. Il faut servir l'Etat comme le prince l'entend.
Car nous avons vu qu'en lui réside la raison qui conduit l'Etat.
Ceux qui pensent servir l'Etat autrement qu'en servant le prince, et en lui obéissant, s'attribuent une partie de l'autorité royale ; ils troublent la paix publique , et le concours de tous les membres avec le chef.
Tels étaient les enfants de Sarvia , qui , par un faux zèle , voulaient perdre ceux à qui David avait pardonné. « Qu'y a-t-il entre vous et moi, enfants de Sarvia? vous m'êtes aujourd'hui un satané »
Le prince voit de plus loin et de plus haut : on doit croire qu'il voit mieux; et il faut obéir sans murmure , puisque le murmure est une disposition à la sédition.
Le prince sait tout le secret et toute la suite des affaires : manquer d'un moment à ses ordres, c'est mettre tout au hasard. «'David dit à Amasa : Assemblez l'armée dans trois jours, et rendez-vous près de moi en même temps. Amasa alla donc assembler l'armée, et demeura plus que le roi n'avait ordonné. Et David dit à Abisai : Séba nous fera plus de mal qu'Absalon ; allez vite , avec les gens qui sont près de ma personne, et poursuivezle sans relâche^. »
Amasa n'avait pas compris que l'obéissance consiste dans la ponctualité.
m» Proposition. Il n'y a que les ennemis publics qui séparent l'intérêt du prince de l'intérêt de l'Etat.
Dans le style ordinaire de l'Ecriture , les enne-
1. /. Par., xiu, li. —2. //. Reg., xix,22. — 3. /i/eni, xx, i. 5, 6.
POLITIQUE DE L'ÉCRITURE SAH^TE
mis de l'Etat sont appelés aussi les ennemis du roi. Nous avons déjà remarqué que Saiil appelle ses ennemis les Philistins , ennemis du peuple de Dieu'. David ayant défait les Philistins ; « Dieu, dit-il", a défait mes ennemis. » Et il n'est pas besoin de rapporter plusieurs exemples d'une chose trop claire pour être prouvée.
Il ne faut donc point penser ni qu'on puisse attaquer le peuple sans attaquer le roi, ni qu'on puisse attaquer le roi sans attaquer le peuple.
C'était une illusion trop grossière que ce discours que faisait Rabsace, général de l'armée de Scnnachérib , roi d'Assyrie. Son maître l'avait envoyé pour exterminer Jérusalem, et transporter les Juifs hors de leur pays. 11 fait semblant d'avoir pitié du peuple réduit à l'extrémité par la guerre, et tâche de le soulever contre son roi Ezéchias. Voici comme il parle devant tout le peuple aux envoyés de ce prince' : « Ce n'est pas à Ezéchias , votre maître, que le roi mon maître m'a envoyé ; il m'a envoyé à ce pauvre peuple , réduit à se nourrir de ses excréments. Puis il cria atout le peuple : Ecoutez les paroles du grand roi , le roi d'Assyrie ; voici ce que dit le roi : Qu'Ezéchias ne vous trompe pas, car il ne pourra vous délivrer de ma main. Ne l'écoutez pas ; mais écoutez ce que dit le roi des Assyriens : faites ce qui vous est utile , et venez à moi. Chacun de vous mangera de sa vigne et de son figuier, et boira de l'eau de sa citerne, jusqu'à ce que je vous transporte à une terre aussi abondante et aussi fertile que la vôtre, abondante en vin, en blé, en miel, en olives, et en toutes sortes de fruits : n'écoutez donc plus Ezéchias qui vous trompe. »
Flatter le peuple pour le séparer des intérêts de son roi , c'est lui faire la plus cruelle de toutes les guerres , et ajouter la sédition à ses autres maux.
Que les peuples détestent donc les Rabsace, et tous ceux qui font semblant de les aimer lorsqu'ils attaquent leur roi. On n'attaque jamais tant le corps, que quand on l'attaque dans la tête , quoiqu'on paraisse pour un temps flatter les autres parties.
IV" Proposition. Le prince doit être aimé comme un bien public et sa vie l'objet des vœux de tout le peuple.
De là ce cri de : vive le roi ! qui a passé du peuple de Dieu à tous les peuples du monde. A l'élection de Saiil , au couronnement de Salomon , au sacre de Joas, on entend ce cri de tout le peuple : Vive le roi ! vive le roi ! vive le roi David 1 vive le roi Salomon*! *
Quand on abordait les rois, on commençait par ces vœux : « G roi! vivez à jamais'^; Dieu conserve votre vie, ô roi mon seigneur! »
Le prophète Baruch commande, pendant la captivité , à tout le peuple , de « prier pour la vie du roi Nabuchodonosor, et pour la vie de son fils Balthasar^. »
Tout le peuple « offrait des sacrifices au Dieu du ciel, et priait pour la vie du roi, et celle de ses enfants'. »
Saint Paul nous a commandé de prier pour les
1. r.Rea..%\v,«i — 2. II. Reg.,\', '20. — 3. IV. fi«5.,xvin, 27,28, 20. de. —4. /. Reg., x, 2t; ///. Iteg., i, 31, 31, 3!l-, IV. lleq.. xi, 12. — 5. II. Eidr., 11, 3. — n. Ilanich., i, H. — 7. /. Esir., VI, 10.
puissances ' , et a mis dans leur conservation celle de la tranquillité publique.
On jurait par la vie du roi , comme par une chose sacrée : et les chrétiens, si religieux à ne point jurer par les créatures, ont révéré ce serment, adorant les ordres de Dieu dans le salut et la vie des princes. Nous en avons vu les passages.
Le prince est im bien public que chacun doit être jaloux de se conserver. " Pourquoi nos frères de Juda nous ont-ils dérobé le roi comme si c'était à eux seuls de le garder^? » et le reste que nous avons vu.
De là ces paroles , déjà remarquées : « Le peuple dit à David ^ : Vous ne comlîattrez pas avec nous ; il vaut mieux que vous demeuriez dans la ville pour nous sauver tous. »
La vie du prince est regardée comme le salut de tout le peuple : c'est pourquoi chacun est soigneux de la vie du prince, comme de la sienne, et plus que de la sienne.
« L'oint du Seigneur, que nous regardions comme le souffle de notre bouche'' ; » c'est-à-dire, qui nous était cher comme l'air que nous respirons. C'est ainsi que Jérémie parle du roi.
« Les gens de David lui dirent : Vous ne viendrez plus avec nous à la guerre, pour ne point éteindre la lumière d'Israël". »
Voyez comme on aime le prince ; il est la lumière de tout le royaume. Qu'est-ce qu'on aime davantage que la lumière? Elle fait la joie et le plus grand bien de l'univers.
Ainsi un bon sujet aime son prince comme le bien public , comme le salut de tout l'Etat , comme l'air qu'il respire , comme la lumière de ses yeux , comme sa vie , et plus que sa vie.
\^ Proposition. La mort du prince est une calamité publique, et les gens de bien la regardent comme un châtiment de Dieu sur tout le peuple.
Quand la lumière est éteinte , tout est en ténèbres, tout est en deuil.
C'est toujours un malheur public, lorsqu'un Etat change de main , à cause de la fermeté d'une autorité établie , et de la faiblesse d'un règne naissant.
C'est une punition de Dieu pour un Etat, lorsqu'il change souvent de maître. « Les péchés de la terre, dit le Sage", sont cause que les princes sont multipliés : la vie du conducteur est prolongée, afin que la sagesse et la science abonde. » C'est un malheur à un Etat d'être privé des conseils et de la sagesse d'un prince expérimenté; et d'être soumis à de nouveaux maîtres, qui souvent n'apprennent à être sages qu'aux dépens du peuple.
Ainsi quand Josias eiU été tué dans la bataille de Magcddo, « toute la Judée et tout Jérusalem le pleurèrent ; et principalement Jérémie , dont tous les musiciens et musiciennes chantent encore à présent les lamentations sur la mort de Josias'. »
Et ce ne sont pas seulement les bons princes, comme Josias , dont la mort est réputée un malheur public ; le même Jérémie déplore encore la mort de Sédécias, de ce Sédécias dont il est écrit, « qu'il avait mal fait aux yeux du Seigneur, et
1. /. Tim., M, 2. — 2. //. neg.. xix. 12. etc. — 3. Idem, xviii. 3. — 4. Jer., Lam., iv, 20. — 5. ir. Ileg., xxi, 17. - G. Prov., xxviii, 2. — 7. /;. Par., xxxv, 2i.
LlVIiE VI. — DEVOIRS DES SUJETS ENVERS LE ROI.
qu'il n'avait pas respecté la face de Jérémie qui lui parlait de la part de Dieu '. » Loin de respecter ce saint prophète, il l'avait persécuté'. Et toutefois , après la ruine de Jérusalem, où Sédécias, fait prisonnier, eut les yeux crevés, Jérémie, qui déplore les maux de son peuple, déplore comme un des plus grands malheurs le malheur de Sédécias. « L'oint du Seigneur, qui était comme le souffle de notre bouche , a été pris pour nos péchés : lui à qui nous disions : Nous vivrons sous votre ombre parmi les Gentils'! » Un roi captif, un roi dépouillé de ses Etats , et même privé de la vue , est regardé comme le soutien et la consolation de son peuple captif avec lui. Ce reste de majesté semblait encore répandre un certain éclat sur la nation désolée : et le peuple , touché des malheurs de son prince , les déplore plus que les siens propres. « Le Seigneur, dit-il % a renversé sa maison ; il a oublié les fêtes et les sabbats de Sion ; le roi et le pontife ont été l'objet de sa fureur. Les portes de Jérusalem sont abattues : Dieu a livré son roi et ses princes aux Gentils. »
Le prophète regarde le malheur du prince comme un malheur public , et un châtiment de Dieu sur tout le peuple : même le malheur d'un prince méchant ; car il ne perd pas par ses crimes la qualité d'oint du Seigneur, et la sainte onction qui l'a consacré le rend toujours vénérable.
C'est pourquoi David pleure avec tout le peuple la mort de Saiil , quoique méchant. « Tes princes sont morts sur les montagnes , ô Israël ! Comment les forts ont-ils été tués ? Ne portez point cette nouvelle dans Geth ; ne l'annoncez point dans les rues d'Ascalon : de peur que les femmes des Philistins ne s'en réjouissent, de peur que ce ne soit un sujet de joie aux filles des incirconcis. Montagnes de Gelboé , que la rosée ni la pluie ne distillent plus sur vous , que vos champs stériles ne portent plus de quoi offrir des prémices, puisque sur vous sont tombés les boucliers des forts, le bouclier de Saiil , comme s'il n'avait pas été oint de l'huile sacrée ^ » Et le reste que nous avons déjà rapporté.
C'est ainsi que la mort du prince , quoique méchant, quoique réprouvé, fait la joie des ennemis de l'Etat, et la douleur de ses sujets. Tout le pleure, tout est en deuil pour sa mort : et il faut que les choses les plus insensibles , comme les montagnes , et enQn que toute la nature s'en ressente.
VI= Phopos[Tiox. Un homme de bien préfère la vie du prince à la sienne, et s'expose pour le sauver.
Nous l'avons vu : le peuple va combattre, il ne se soucie pas de son péril , pourNTi que le prince soit en sûreté'.
La manière dont on fait la garde autour du prince , à la ville et à la campagne , le fait voir. Quand David entra de nuit dans la tente de Saiil , il fallut passer au travers d'Abner, et de tout le peuple, qui reposait autour de Iui\ Et David, ayant pris la coupe du roi et sa pique^ pour montrer qu'il avait été maître de sa vie , « crie de loin
à .\bner et à tout le peuple ' : Abner ! êtes-vous un homme ? Pourquoi gardez-vous si mal le roi votre maître ? quelqii'un est entré dans sa tente pour le tuer. Vive le Seigneur 1 vous méritez tous la mort, vous tous qui gardez si mal le roi votre maître , l'oint du Seigneur. Regardez oîi est sa pique et sa coupe ? »
Le peuple doit garder le prince ; le peuple campe autour de lui ; il faut avoir enfoncé tout le camp , avant qu'on puisse venir au prince : on doit veiller afin que le prince repose en sûreté ; qui néglige de le garder est digne de mort.
Quand le roi était à la ville, le peuple et les grands mêmes couchaient à sa porte. « Urie (quoiqu'il fût homme de commandement) couchait à la porte du palais royal , avec les autres serviteurs du roi son maître^. »
Durant la rébellion d'Absalon , Ethaï Géthéen marchait devant lui à la tète de six cents hommes de Geth, tous braves soldats. C'étaient des troupes étrangères , dont David voulait éprouver la fidélité, et il dit à Ethaï ^ : « Pourquoi venir avec nous "? retournez et attachez-vous au nouveau roi. Vous êtes étranger, et vous êtes sorti de votre pays : vous arrivâtes hier, et dès aujourd'hui vous marcherez avec nous ? Pour moi , j'irai où je dois aller; mais vous, allez, ramenez vos frères , et le Seigneur récompensera la fidélité et la reconnaissance que vous m'avez témoignée. Ethaï répondit au roi : Vive le Seigneur et vive le roi, mon maître! en quelque lieu que vous soyez, à roi mon seigneur! j'y serai avec vous; et je ne vous quitterai ni à la vie, ni à la mort. Da^id lui dit : Venez. » A la réponse qu'il lui fit, il le connut pour un homme qui savait ce que c'était do servir les rois.
ARTICLE IL De l'obéissance due au prince.
Première Proposition. Les sujets doivent au prince une entière obéissance.
Si le prince n'est ponctuellement obéi , l'ordre public est renversé , et il n'y a plus d'unité , par conséquent plus de concours ni de paix dans un Etat.
C'est pourquoi nous avons vu que quiconque désobéit à la puissance publique est jugé digne de mort. « Qui sera orgueilleux, et refusera d'obéir au commandement du pontife , et à l'ordonnance du juge , il mourra, et vous oterez le mal du milieu d'Israël*. »
C'est pour empêcher ce désordre que Dieu a ordonné les puissances; et nous avons ouï saint Paul dire en son nom^ « que toute àme soit soumise aux puissances supérieures , car toute puissance est de Dieu : il n'y en a point que Dieu n'ait ordonnée. Ainsi , qui résiste à la puissance résiste à l'ordre de Dieu. »
« Avertissez-les d'être soumis aux princes et aux puissances, de leur obéir ponctuellement, d'être prêts à toute bonne œuvre". »
Dieu a fait les rois et les princes ses lieutenants sur la terre, afin de rendre leur autorité sacrée et
1. //. Par, Nxxvi, ii. — 2. Jerem., xxvii et xxxviii. — 3. Jerem., Lam.. n-, 20. — 4. Idem, ii, G, 9. — 5. //. Reg., i, t9. 20,21. - G. Idem, xvm et xxi. — 7. /. Iteg., xxvi, 7. — S. Idem, 12.
i 1. lieg . sxvr. H. ih, IC. - a. //. Reg., xi, 9.-3. hiem, xv. 19. 20. 21, 22. — i. D«u<., XVII, 12. — 5. Hom., xiii , 1, 2. — 6. Ti/., 111,1.
POLITIQUE DE L'ÉCRITURE SAINTE
inviolable. C'est ce qui fait dire au même saint Paul qu'ils sont « ministres de Dieu' : » conformément à ce qui est dit dans le livre de la Sagesse-'', que H les princes sont ministres de son royaume. »
De là saint Paul conclut^ « qu'on leur doit obéir par nécessité, non-seulement par la crainte de la colère , mais encore par l'obligation de la conscience. »
Saint Pierre a dit aussi* : « Soyez soumis pour l'amour de Dieu à l'ordre qui est établi parmi les hommes. Soyez soumis au roi , comme à celui qui a la puissance suprême; et aux gouverneurs, comme étant envoyés de lui, parce que c'est la volonté de Dieu. »
A cela se rapporte, comme nous avons déjà vu, ce que disent ces deux apùtres, « que les serviteurs doivent obéir à leurs maîtres , quand même ils seraient durs et fâcheux'^. Non à l'œil et pour plaire aux hommes, mais comme si c'était à Dieu". »
Tout ce que nous avons vu pour montrer que la puissance des rois est sacrée, confirme la vérité de ce que nous disons ici ; et il n'y a rien de mieux fondé sur la parole de Dieu que l'obéissance qui est due, par principe de religion et de conscience, aux puissances légitimes.
Au reste, quand Jésus-Christ dit aux Juifs : « Rendez à César ce qui est dû à César'', » il n'examina pas comment était établie la puissance des Césars : c'était assez qu'il les trouvât établis et régnants : il voulait qu'on respectât dans leur autorité l'ordre de Dieu et le fondement du repos public.
Il» Proposition. Il n'y a qu'une e.xception à l'obéissance qu'on doit au prince, c'est quand il commande contre Dieu.
La subordination le demande ainsi : « Obéissez au roi, comme à celui à qui appartient l'autorité suprême : et au gouverneur, comme à celui qu'il vous envoie*. » Et encore : « 11 y a divers degrés : l'un au-dessus de l'autre : le puissant a un plus puissant qui lui commande , et le roi commande à tous les sujets ^ » -
L'obéissance est due à chacun selon son degré ; et il ne faut point obéir au gouverneur, au préjudice des ordres du prince.
Au-dessus de tous les empires est l'empire de Dieu. C'est à vrai dire le seul empire absolument souverain , dont tous les autres relèvent ; et c'est de lui que viennent toutes les puissances.
Comme donc on doit obéir au gouverneur, si , dans les ordres qu'il donne , il ne paraît rien de contraire aux ordres du roi ; ainsi doit-on obéir aux ordres du roi , s'il n'y paraît rien de contraire aux ordres de Dieu.
Mais , par la même raison , comme on ne doit pas obéir au gouverneur contre les ordres du roi , on doit encore moins obéir au roi contre les ordres de Dieu.
C'est alors qu'a lieu seulement cette réponse que les apôtres font aux magistrats'" : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. »
1. Rom.. XIII, i. ~ 2. Sap., vi , B. — 3. Hom., xni, 5. — 4. 7. Petr. II. n, U, 15. —5. Idem. 18. - 0. Evites., \i, 5; Colos..ui,
22,23.- 7. HlaWi \\n,H. — S. 1. l'etr 13, U. - 9. £ccie.. v,