DES DEVOIRS PARTICULIERS DE LA ROYAUTE
Parmi ces lévites , il y en avait trois principaux « qui servaient auprès du roi : Asaph , Iditliun et Héman. Ce dernier était appelé le Voyant , ou le propliète du roi-' ; » et Asaph prophétisait aussi auprès du prince; il est aussi appelé le Voyant % et se rendit si célèbre par ses cantiques , qu'on le rangeait avec David. Tels étaient les ecclésiastiques, pour parler à notre manière, qui approchaient I le plus près de la personne du roi : des gens ins- j pires de Dieu, et les plus célèbres de leur ordre. David avait aussi auprès de lui un sacrificateur nommé Ira , qui était honoré du titre de prêtre ou de sacriflcateur de David^
\'l^ Proposition. Soin des lieux et des vaisseaux sacrés.
Le roi Joas , instruit par Joiada, souverain pontife, fit venir les lévites avec les autres sacrificateurs , pour les obliger à travailler aux réparations du temple qu'ils négligeaient depuis plusieurs années. Il en prescrivit l'ordre et en régla les fonds : et un officier commis par le roi les louchait avec le pontife , ou quelqu'un commis de sa part, pour les mettre entre les mains des ouvriers , « qui rétabliraient le temple dans sa première splendeur et solidité. Le reste de l'argent fut apporté au roi et au pontife ; et on fit des vaisseaux sacrés d'or et d'argent, pour servir aux sacrifices*. »
Ezéchias ne se rendit pas moins célèbre , lorsqu'il assembla les lévites et les sacrificateurs % pour les obliger à purifier avec soin le temple et les vaisseaux sacrés , qui avaient été profanés par les rois impies. Et il fit soigneusement exécuter le règlement de David ^
•On ne peut assez louer le saint roi Josias , et le soin qu'il prit de purifier et de rebâtir le temple ^ Dieu inspira un auteur sacré pour lui donner cet éloge , afin d'exciter les rois à de semblables pratiques.
VU» Proposition. Louanges de Josias et de David.
L'Ecclésiastique parle ainsi de Josias ' : « La mémoire de Josias est douce comme une composition de parfums faite d'une main habile ; elle est douce en toutes les bouches comme du miel , et comme une excellente musique dans un banquet où on a servi du vin le plus exquis. Il a été envoyé de Dieu pour inspirer la pénitence à la nation; et il a ôté (du temple et de la terre) toutes les abominations. Dieu gouverna son cœur et fortifia sa piété, dans un temps d'iniquité et de désordre, » où tout était corrompu par les mauvais exemples des rois ses prédécesseurs.
Le même auteur sacré célèbre aussi en ces termes les louanges de David " : « Il a glorifié Dieu dans toutes ses œuvres. II l'a loué de tout son ' 'fur » (dans ses divins psaumes que tout le peuple !■ hantait). « Il a aimé de tout' son cœur le Dieu qui l'avait fait , et Dieu l'a rendu puissant contre ses ennemis. Il a rangé les chantres devant l'autel, et il a composé des airs agréables pour les hommes , qu'ils devaient chanter par leur voix harmonieuse. II a rempli de splendeur la célébration du
1. /. Par., x.Kv, 2, 5, 6. — 2. //. Parai.. xxi\, 30. — 3. II. Reg., XX. 26. — 4. IV. Reg., xii, 4, 7 cl seq.; II. Par., xxiv, 5, G et scq. — 5. ;/. Par., XXIX. 5, 16 et seq. — 6. Idem, 25. — 1. IV. Reg.. xxiietxxiii; II. Par., xxxiv. — 8. Eccli., XLix.t. 2,3, 4. — rt. Idem, XLVii, 9, 10, 11,12.
B. — T. Vill.
service divin : et sur la fin de sa vie il a distribué le temps , en sorte qu'on louât le saint nom du Seigneur, et que dès le matin on le célébrât dans son sanctuaire. »
Voilà comme le Saint-Esprit loue les rois pieux, qui ont pris soin de régler les ministères sacrés , de décorer le temple , et de faire faire le service divin avec la splendeur convenable.
VIIIo Proposition. Soin de Néhémias ; et comme il protège les lévites contre les magistrats.
Il ne faut pas oublier Néhémias , gouverneur du peuple de Dieu sous les rois de Perse , et restaurateur du temple et de la cité sainte. Il fit justice aux lévites qu'on avait privés de leurs droits'. Les chantres sacrés , et tous les autres ministres , qui avaient été contraints de se retirer chez eux , et d'abandonner le service, faute d'avoir reçu le juste salaire qui leur était ordonné, furent rappelés. Il ôla à Tobie le maniement qu'Eliasib, sacrificateur, son parent , lui avait donné pour l'enrichir, et disposa , selon l'ancien ordre , des fonds destinés au temple et au service divin-. Il soutint la cause des lévites contre les magistrats (qui avaient manqué à leurs devoirs envers eux), et il mit leurs grains et leurs revenus en des mains fidèles : préposant à ce ministère le prêtre Sélémias et quelques lévites^ Au surplus, en prenant soin d'eux, il leur fit soigneusement garder les règlements de David'. La subordination fut observée : le peuple rendait honneur aux lévites en leur donnant ce qu'il leur devait ; et les lévites le rendaient aux enfants d'Aaron", qui étaient leurs supérieurs. « Ils gardaient soigneusement toutes les observances de leur Dieu**. »
Néhémias y tenait la main : il ordonnait aux sacrificateurs et aux lévites de veiller à ce qui leur était prescrit. « Il disait aux lévites de se purifier, et ne pouvait souffrir ceux qui profanaient le sacerdoce , et méprisaient le droit sacerdotal et lévitique'', » c'est-à-dire les règlements que leur prescrivaient leurs offices : ce qui lui faisait dire avec confiance* : « 0 Dieu, souvenez-vous de moi en bien : et n'oubliez pas le soin que j'ai eu de la maison de mon Dieu , et de ses cérémonies , et de l'ordre sacerdotal et lévitique 1 »
0 princes! suivez ces exemples. Prenez en votre garde tout ce qui est consacré à Dieu , et non-seulement les personnes , mais encore les lieux et les biens qui doivent être employés à son service. Protégez les biens des églises , qui sont aussi les biens des pauvres. Souvenez-vous d'Héliodore et de la main de Dieu qui fut sur lui , pour avoir voulu envahir les biens mis en dépôt dans le temple'. Combien plus faut-il conserver les biens nonseulement déposés dans'le temple, mais donnés en fonds aux églises !
IXe Proposition. Réflexions que doivent faire les rois à l'exemple de David, sur leur libéralité envers les églises; et combien il est dangereux de mettre la main dessus.
Ces grands biens viennent des rois, je l'avoue : ils ont enrichi les églises de leurs libéralités ; et les
1. //. Esdr., xin. 10. — 2. Idem, 5, 7, 8.9. —3. Md., il , 13. — 4. Ibid.. xn, 24, 44, 45. - 5. Ibid., 40. — 6. Ibid., 44. — 7. lbid.,xm, 22,29.-8. Ibid.. 14, 30, 31. — U. /f. iWat/i., m, 24 et scq.
peuples n'en ont point fait, sans que leur autorité y ait concouru : mais tout ce qu'ils ont donné, ils l'avaient premièrement reçu de Dieu. « Qui suisje, disait David' ; qu'est-ce que tout mon peuple, que nous osions vous promettre tous ces présents pour votre temple ? Tout est à vous, et nous vous donnons ce que nous avons reçu de votre main. »
Il continue- : « Nous sommes des voyageurs et des étrangers devant vous, comme tous nos pères. » Nous n'avons rien qui nous soit propre : notre vie même n'est pas à nous. « Nos jours s'en vont comme une ombre, et nous n'avons qu'un moment à vivre : » Tout nous échappe , et il n'y a rien qui soit à nous. « 0 Seigneur notre Dieu! toute cette abondance de richesses, que nous préparons pour votre saint temple, vient de votre main, et tout est à vous •'' . »
Quel attentat de ravira Dieu ce qui vient de lui, ce qui est à lui, et ce qu'on lui donne, et de mettre la main dessus pour le reprendre de dessus les autels.
Mais le péril est bien plus grand de mettre la main sur les ministres de Dieu. « Ne touchez point à mes oints, dit David*. Il parlait d'Abraham et d'Isaac, qui étaient au rang de ses sacrihcateurs et de ses ministres. « Dieu ne permet pas au peuple de leur nuire, et il châtie les rois qui les offensent \ »
(c Hérode fit couper la tête à Jacques, frère de Jean : et par complaisance pour les Juifs, il ajouta à son crime de mettre la main même sur Pierre , qu'il fit garder par seize soldats, dans le dessein de l'exposer au peuple après la fête de Pâques''. » Mais Dieu, qui le destinait à souiïVir dans un autre temps et dans un lieu plus célèbre , non-seulement le sut tirer de la prison , mais il sut encore faire sentir au tyran sa main puissante. Car peu de temps après, livré à un orgueil insensé, pendant qu'il se laissait louer et admirer comme un Dieu , » l'ange du Seigneurie frappa, et il mourut mangé devers'. »
Saiil , qui fit massacrer Achimélec et les autres sacrificateurs pour avoir favorisé David , est en abomination devant Dieu et devant les hommes. « Ses officiers , à qui il commanda de les tuer, eurent horreur d'étendre leurs mains contre les prêtres du Seigneur, » et il n'y eut que Doeg , iduméen, un étranger de la race des impies, qui osât ! souiller ses mains de leur sang, sans respecter le j saint habit qu'ils portaient*. David, pour avoir été l'occasion innocente de ce meurtre, en frémit. «Je suis coupable, dit-iP, de ce sang injustement répandu. Il prit en sa protection .\biathar, fils d'Achimélec. Demeurez avec moi, dit-il, ne craignez rien ; qui en veut à votre vie attaque la mienne, et mon salut est inséparable du votre. »
X' Proposition. Les rois ne doirent pas entrfiprentlre sur les droits et l'autorité du sacerdoce : ils doivent trouver bon que l'ordre sacerdotal les maintienne contre toutes sortes d'entreprises. ;
Lorsque Osias voulut entreprendre sur ces droits sacrés , et porter la main à l'encensoir, les prêtres étaient obHgés par la loi de Dieu à s'y opposer.