Cérémonial français, p. i4, — 2. Idem, p
'OLITinUE DE L'ECRITURE SAINTE.
On lui demande enfln' « s'il veut défendre les saintes églises de Dieu, et leurs pasteurs, et tout le peuple qui lui est soumis, justement et religieusement, par une royale providence, selon les coutumes de ses pères. Et après qu'il a répondu qu'il le fera de tout son pouvoir, l'évêque demande au peuple, s'il ne s'engage pas à se soumettre à un tel prince, qui lui promet la justice et toute sorte de bien ; et s'assujettir à son règne avec une ferme fidélité , et obéir à ses commandements , selon ce que dit l'Apôtre : « Que toute âme soit assujettie » aux puissances supérieures' : soit au roi, comme » étant au-dessus de tous les autres^. » Qu'alors il soit répondu, d'une même voix, par tout le clergé et par tout le peuple : Qu'il soit ainsi , qu'il soit ainsi. Amen, amen.
Après l'onction accoutumée, un évèque fait cette prière* : <i Accordez-lui, Seigneur, qu'il soit le fort défenseur de sa patrie , le consolateur des églises et des saints monastères, avec une grande piété et une royale munificence : qu'il soit le plus courageux et le plus puissant de tous les rois , le vainqueur de ses ennemis ; qu'il abatte ceux qui se soulèveront contre lui , et les nations païennes ; ^ qu'il soit terrible à ses ennemis par la grande force de la puissance royale ; qu'il paraisse magnifique , aimable et pieux aux grands du royaume , et qu'il soit craint et aimé de tout le monde. »
En lui donnant le sceptre , la main de justice et l^épée, l'archevêque lui dit^ : que « cette épée est bénite, afin d'être, selon l'ordre de Dieu, la défense des saintes églises : et on l'avertit de se souvenir de celui à qui il a été dit par le prophète : « Mettez votre épée à votre côté , ô très-puis - » sant''! » Afin que l'équité ait toute sa force, que les remparts de l'iniquité soient puissamment détruits , et afin que vous méritiez, par le soin que vous prendrez de la justice, de régner éternellement avec le Fils de Dieu, dont vous êtes la figure. »
Le roi « promet aussi' de conserver la souveraineté, les droits et noblesse de la couronne de France , sans les aliéner ou les transporter à personne , et d'exterminer de bonne foi , selon son pouvoir, tous hérétiques notés et condamnés par l'Eglise; » et il affermit toutes ces choses par serment.
Dans la bénédiction de fépée*, on prie Dieu « qu'elle soit en la main de celui qui désire s'en armer pour la défense et la protection des églises, des veuves et des orphelins, et de tous les serviteurs de Dieu. » Ainsi on montre que la force n'est établie qu'en faveur de la justice et de la raison , et pour soutenir la faiblesse.
Les richesses , l'abondance de toutes sortes de biens, la splendeur, et la magnificence royale, sont demandées à Dieu pour le roi , par cette prière^ : « Faites, Seigneur, que de la rosée du ciel et de la graisse de la terre , le blé , le vin , l'huile , et toute la richesse et l'abondance des fruits , lui soient données et continuées par la sagesse divine; en sorte que, durant son règne, la santé et la paix soit dans le royaume , et que la
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13. — t. Cirémmi. franc.., p. 19. — 5. Idem, p. 20 et 21. — G. Ps., XLiv, i. — 7. CMmoii. franc., p. 33. — 8. Idem, p. Si. — 9. Ibid., p. 35.
gloire et la majesté de la dignité royale éclate dans le palais aux yeux de tout le monde, et envoie partout les rayons de la puissance royale. »
Cette splendeur doit porter, dans tous les esprits, une impression de la puissance des rois, et paraître comme une image de la cour céleste.
Quel compte ne rendront point à Dieu les princes qui négligeraient de tenir des promesses si solennellement jurées ?
XIX" Prûpositio.v. Dans le doute, on doit interpréter en faveur du serment.
C'est ainsi que fit Josué. La ville de Gabaon était de celles que Dieu avait destinées à la demeure de son peuple , et dont il avait ordonné que les habitants seraient passés sans miséricorde au fil de l'épée , à cause de leurs crimes , aussi bien que tous les autres. Les Amorrhéens, habitants de Gabaon , effrayés des victoires de .Josué et des Israélites , usèrent de finesse ; et , feignant de venir de pays bien éloignés , ils les abordèrent en disant qu'ils « venaient de loin , émerveillés des prodiges que Dieu faisait en leur faveur , pour se soumettre à leur empire '. » Ils firent tout ce qu'il fallait pour tromper Josué et les autres chefs , qui leur promirent la vie avec serment.
Trois jours après , on connut la vérité. La question fut de savoir si on s'en tiendrait à l'alliance jurée. Deux fortes raisons s'y opposaient; l'une était la fraude de ces peuples , à qui on ne pardonna que sur un faux exposé ; l'autre était le commandement de Dieu , qui ordonnait qu'on les exterminât entièrement. Mais Josué et les chefs du peuple s'en tinrent au serment et à l'alliance.
Contre la surprise, on disait qu'il fallait s'être informé de la vérité avant que de s'engager, et iuterroger la bouche du Seigneur^; » en quoi Josué avait manqué : mais que l'engagement étant pris , et le nom de Dieu y étant interposé , il s'en fallait tenir là.
Au commandement divin de faire passer tous ces peuples au fil de l'épée, Josué et les chefs opposaient un commandement plus ancien et plus important, de ne prendre pas en vain le nom de Dieu. « Nous avons juré par le nom du Seigneur Dieu d'Israël, que nous leur sauverions la vie : nous ne pouvons la leur ôter^ » Tout le peuple, qui murmurait auparavant , se rendit à cette raison, et approuva la décision de Josué et de ses chefs.
Dieu même la confirma lorsqu'il délivra Gabaon des rois amorrhéens qui la tenaient assiégée, par celte fameuse victoire oi!i Josué arrêta le soleil*.
Et longtemps après, du vivant de David, parce que pendant le règne de Saiil, ce prince cruel avait voulu remuer cette question , et sous prétexte de zèle, faire mourir les Gabaonites, Dieu envoya la peste en punition de cet attentat, et ne se laissa fléchir qu'après qu'on eût puni rigoureusement la cruauté de Satil dans sa famille '^ : soit qu'elle y y eût concouru, soit qu'elle fût justement châtiée pour d'autres crimes. Ainsi la décision de Josué fut confirmée par une déclaration manifeste de la volonté de Dieu : et tout le peuple y demeura ferme jusqu'aux derniers temps.
1. Jos., i.H,3 elseq. — 2. Idem, ix. U. X. — â. II. Heg., xxt, 1, 2 cl scii.