‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 396 sur 609 · Ps., Lxxxi, 1. — 2, Deul.. i, H. — 3. I>s., lxx.m · texte numérisé non relu

Ps., Lxxxi, 1. — 2, Deul.. i, H. — 3. I>s., lxx.m

che la racine de toute injustice, qui consiste à avoir égard aux personnes plutôt qu'au droit.

« Jugez pour le pauvre et pour le pupille, justifiez le faible et le pauvre. Arrachez le pauvre et le mendiant de la main du pécheur qui l'opprime'. »

(c Jugez pour le pauvre. » Cela s'entend , s'il a le droit pour lui, car Dieu défend ailleurs^ d'avoir « pitié du pauvre en jugement ; parce qu'il ne faut non plus juger par pitié, que par complaisance ou par colère, mais seulement par raison. Ce que la justice demande, c'est l'égalité entre les citoyens, et que celui qui opprime demeure toujours le plus faible devant la justice. C'est ce que veut ce mot : Arrachez. Ce qui marque une action forte contre l'oppresseur, afin d'opposer la force à la force; la force de la justice à celle de l'iniquité.

Après cette sévère répréhension, et ce commandement suprême , Dieu se plaint , dans la suite du psaume , (les juges qui n'écoutent pas sa voix. <i Ils n'ont pas compris, ils n'ont pas su; ils marchent dans les ténèbres : tous les fondements de la terre seront ébranlés^. » Il n'y a rien d'assuré parmi les hommes si la justice ne se fait pas.

C'est pourquoi Dieu regarde en colère les juges injustes, et les fait souvenir qu'ils sont mortels. « Je l'ai dit : Vous êtes dieux*, » et je ne m'en dédis pas ; << et vous êtes tous les enfants du Très-Haut , » par ce divin écoulement de la justice souveraine de Dieu sur vos personnes : « mais vous mourez comme des hommes , et tombez (dans le sépulcre) comme tous les princes'*. » Vous serez jugés avec eux.

Après quoi il ne reste plus qu'à se tourner vers Dieu , et lui dire : Il n'y a point de justice parmi les hommes : « Elevez-vous, ô Dieu! jugez vousmême la terre , puisque toutes les nations sont votre héritage'''. »

C'est ainsi que le Saint-Esprit nous montre dans ce divin psaume, la justice établie sur la religion.

Ile Propositiom. La juslice appartient à Dieu, et c'est lui I qui la donne aux rois.

I (( 0 Dieu! donnez votre jugement au roi, et votre justice au fils du roi , pour juger votre peuple selon la justice, et vos pauvres avec un jugement droit". » C'est la prière que faisait .David pour Salomon.

Le peuple que le roi doit juger est le peuple de Dieu plus que le sien. Les pauvres sont à lui par un titre plus particulier, puisqu'il s'en déclare le père.

C'est donc à lui qu'appartiennent en propriété la justice et le jugement ; et c'est lui qui les tlonne aux rois. C'est-à-dire, qu'il leur donne non-seulement l'autorité de les juger, mais encore l'inchnation , et l'application à le faire comme il le veut, el selon ses lois éternelles.

11I« Proposition. La justice est le vrai caractère d'un roi. et c'est elle qui affermit son trône.

David connut et prédit le règne heureux de Salomon. « La justice se lèvera en ces jours, avec l'abondance de la paix, pour durer autant que la

1 l's.. Lxxxi,, 3,i. — 2. Eicod., xxiii , 3. — 3. Ps., Lxxxi, 5. — i. Idem, G.— 5. Ibid.,'!. — G. lliid..S. —1. lUi-, >xxi, I.

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