‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 398 sur 609 · Ci-dessus, I. II. arl. i; 1. - 3 Jos., xm, XIV cl seq · texte numérisé non relu

Ci-dessus, I. II. arl. i; 1. - 3 Jos., xm, XIV cl seq

m, arl. III. — 2. Ci-dessus, 1. I, arl. m.

mangez, soyez en repos : je vous donnerai cette vigne. Elle écrivit aussitôt une lettre au nom d'Achab , et la scella de son anneau , et l'envoya aux sénateurs et aux grands , qui demeuraient dans la ville avec Naboth. Et la teneur de la lettre était : (ordonnez un jeune solennel ; et faites asseoir Naboth avec les premiers du peuple , suscitez contre lui deux faux témoins, qui disent : 11 a parlé contre Dieu et contre le roi ; qu'on le lapide et qu'il meure. Cet ordre fut exécuté , et les grands rendirent compte de l'exécution à Jézabel. Ce qu'ayant appris, la reine dit à Achab : Allez, et mettezvous en possession de la vigne de Naboth, qui n'a pas voulu consentir à ce que vous souhaitiez , car il est mort. Achab alla donc pour se mettre en possession de cette vigne.

» Alors la parole de Dieu fut adressée à Elle le Thesbite (son prophète), et il lui dit : Lève-toi, et marche au-devant d'Achab qui va posséder la vigne de Naboth, et lui dis : Voici la parole du Seigneur. Tu as fait mourir un innocent ; et outre cela tu as possédé ce qui ne t'appartenait pas. Et tu ajouteras : Mais le Seigneur a dit : En ce lien où les chiens ont léché le sang de Naboth (injustement lapidé comme criminel et blasphémateur), ils lécheront ton sang'. »

Achab crut éluder la rigueur de cette juste sentence en faisant une querelle particulière à Elle, qui avait eu ordre de la lui prononcer, et lui disant : « M'avez-vous trouvé votre ennemi , pour me traiter de cette sorte? Oui , lui dit Elle au nom du Seigneur. Je vous ai trouvé mon ennemi, puisque vous êtes vendu (comme un esclave, à l'iniquité) pour faire mal devant le Seigneur. Et moi, de mon côté, dit le Seigneur, j'amènerai sur toi le mal, le mal d'un juste supplice pour le mal que tu as commis injustement, je détruirai ta postérité , et tout ce qui t'appartient, et sans rien épargner; et je ne laisserai pas survivre un chien de la maison d'Achab , et tout ce qu'il y aura de plus méprisable en Israël. Et je ferai de ta maison comme j'ai fait de celle de Jéroboam et de celle de Baasa , deux rois d'Israël que j'ai entièrement exterminés puisque, comme eux, tu as provoqué ma colère, et que tu as fait pécher Israël par tes exemples scandaleux et tes ordres injustes. Et le Seigneur a prononcé contre Jézabel : Les chiens lécheront le sang de Jézabel dans les champs de Jezrahel. Si Achab périt dans la ville , les chiens mangeront ses chairs ; et s'il meurt à la campagne, elles seront la proie des oiseaux du ciel. »

L'Ecriture ajoute, « qu'il n'y a point eu d'homme plus méchant qu'Achab, vendu pour faire mal aux yeux du Seigneur. Sa femme Jézabel , qu'il avait crue dans son premier crime , le portait au mal. » Elle acquit tout pouvoir sur son esprit, pour son malheur; et il fut le plus malheureux comme le plus abominable de tous les rois, « poussant l'abomination jusqu'à adorer les idoles des Amorrhéens, que le Seigneur avait exterminés par l'épée des enfants d'Israël. »

En exécution de cette sentence , Achab et Jézabel périrent ainsi que Dieu l'avait prédit. La vengeance divine poursuivit aussi avec une impitoyable rigueur, les restes de leur sang; et leur postérité

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