Idem, 4, 5, 0, — 3. /bid., m
Ou pour répéter les paroles d'un autre Nabuchodonosor' : « N'est-ce pas là celte grande Babylone que j'ai bâtie dans la force de ma puissance, et dans l'éclat de ma gloire , pour être le siège de mon empire? » sans songer qu'il y a un Dieu , à qui on doit tout.
Tel est le caractère des conquérants ambitieux , qui , enivrés du succès de leurs armes victorieuses, se disent les maîtres du monde, et que leur bras est leur Dieu.
IV" Proposition. Lorsque Dieu semble accorder tout à de tels conquérants, il leur prépare un châtiment rigoureux.
« J'ai donné toutes les terres et toutes les mers à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur^, » et minisire de mes justes vengeances. Ce n'est pas àjdire qu'il les ait données afin qu'il en fût le légitime possesseur : c'est-à-dire que par un secret jugement , il les a abandonnées à son ambition , pour les occuper et les envahir. Rien n'échappera de ses mains : « et jusqu'aux oiseaux du ciel (c'est-à-dire ce qu'il y a de plus libre) y tombera^. »
■Voilà en apparence une faveur bien déclarée : mais le Tètour est terrible. « Le marteau qui a brisé les nations de l'univers est brisé lui-même''. Le Seigneur a rompu la verge dont il a frappé le reste du monde d'une plaie irrémédiable". Je -tombe sur toi , ô superbe ! dit le Seigneur des armées : ton jour est venu , et le temps où lu seras visité (par la justice divine). Dieu renversera Babylone, comme il a fait Sodome et Gomorrhe , et ne lui laissera aucune ressource". Il n'y a plus de remède à ses mau.x : son jugement est monté jusqu'aux cieux, et a percé les nues''. »
Vo Proposition. Second injuste motif de la guerre : le pillage.
Ainsi s'armèrent les quatre rois dont on vient de parler' : et ils enlevèrent le riche butin, et les captifs qu'Abraham délivra.
Si l'on souffre de telles guerres, il n'y aura plus de royaume ni de province tranquille. C'est pourquoi Dieu oppose à ces ravisseurs la magnanimité d'Abraham , qui ne se réserve rien du butin qu'il avait repris, que ce qui appartenait à ses alliés, cojiipagnons de son entreprise. Et au surpliis, il ne veut pas que personne se pût vanter sur la terre « d'avoir enrichi Abraham'. »
Souvent aussi Dieu livre ceux qui pillent à d'autres pillards. Ecoulez Isa'ie'" : « Malheur à vous qui pillez ! ne serez-vous pas pillés vous-mêmes ? Et vous qui méprisez toutes les lois de la justice , et croyez pouvoir tout voler impunément, ne serez-vous pas méprisés par quelque autre plus puissant que vous? Oui , quand vous aurez cessé de piller, on vous pillera. El quand , las de combattre , vous cesserez de mépriser vos ennemis (au milieu des périls d'une guerre injuste), vous tomberez dans le mépris. »
VJo Proposition. Troisième injosle motif : la jalousie. « Isaac s'enrichit, et sa puissance allait toujours croissant, jusqu'à ce qu'il devînt très-grand : et
1. Pan., IV, 27. — 2. Jer., xxvir,6. - 3. Dan., u, 38. — i.Jer., I, 23. — 5. Is., XIV, 5, 6. — 6. Jer., h, 31, 40. — 7. Idem, u, 9. — 8. Gen.. xiv, 9, 11 12 ; Ci-dessus , art . i, vii'iiiop. —9. Idem. 23, 2*. — 10. Is., xxxiii , 1.