II. Par., XXV, s
- 2. Idem, XX, 10, 11 el seq.
POLITIQUE DE L'ECRITURE SAINTE
d'Isboseth, conduit par Ahner contre David', « Asaël , un des frères de Joab , qui se fiait en la légèreté de ses pieds, plus vites que ceux des chevreuils , habitants des forêts, poursuivait Abner sans se détourner à droite ni à gauche, et allant toujours sur ses pas. Abner regarda un moment derrière , et lui dit : Etes-vous Asaël ? Oui , répondit-il. Abner poursuivit : Retirez-vous d'un côté ou d'un autre, et attachez-vous à qui vous voudrez parmi la jeunesse fugitive , pour en avoir la dépouille. Asaël ne cessa point de le presser, et Abner répéta encore : Retirez-vous, je vous prie, et cessez de me poursuivre ; autrement je serai contraint devons percer, et de vous laisser attaché à la terre : et comment pourrai-je après cela lever les yeux devant votre frère Joab? Asaël méprisa ce discours , et Abner le frappa dans l'aine , et le perça d'outre en outre. Il mourut sur-le-champ de sa blessure : et tous les passants s'arrêtaient pour voir Asaël couché par terre. »
On ne pouvait garder plus de modération, dans sa supériorité , que le faisait Abner, un des vaillants hommes de son temps , ni ménager davantage Joab et Asaël.
Xllf Proposition
par
Sanglante dérision des conquérants tr le prophète Isaïe.
« Comment êtes-vous tombé , bel astre qui luisiez au ciel comme l'étoile du matin? vous qui frappiez les nations, et disiez en votre cœur : Je monterai jusqu'au ciel ; je m'élèverai au-dessus des astres; je prendrai séance sur la montagne du temple où Dieu a fixé sa demeure à côté du nord ; je volerai au-dessus des nues, et je serai semblable au Très-Haut. Mais je vous vois plongé dans les enfers, dans l'abîme profond du tombeau. Ceux qui vous verront, se baisseront pour vous considérer dans ce creux , et diront en vous regardant : N'est-ce pas là celui qui troublait la terre , qui ébranlait les royaumes, qui a fait du monde un désert , qui en a désolé les villes et renfermé ses captifs dans des cachots? Les rois des Gentils sont morts dans la gloire, et enterrés dans leurs sépulcres : mais vous, on vous en a arraché, et vous êtes resté sur la terre, comme une branche inutile et impure, sans laisser de postérité-. »
Et un peu devant' : « Quand vous êtes demeuré à terre, tout l'univers est tombé dans l'étonnement et dans le silence : les pins mêmes se sont réjouis, et ont dit que depuis votre mort personne ne les coupe plus (pour en construire des vaisseaux et en faire des machines de guerre) : l'enfer a été troublé par votre arrivée , et a envoyé au-devant de vous les géants. Les rois de la terre se sont élevés , et tous les princes des nations ; et tous vous disent : Quoi donc ! vous avez été blessé comme nous? Vous êtes devenu semblable à nous? Votre orgueil est précipité dans les enfers , votre cadavre est gisant dans le tombeau ; vous êtes couché sur la pourriture, et votre couverture sont les vers! »
XIII» Proposition. Deux paroles du Fils de Dieu qui anéantissent la fausse gloire, et éteignent l'amour des conquêtes.
Il n'y a rien au-dessus de ces expressions que la
1. Il.llcg.u. n, ISclsccj. — 2'. /OTi.,>iiv, 12, 13 et seq. — 3. Idem, G, 7 cl sei|.
simplicité de ces deux paroles du Fils de Dieu' : Que sert à l'homme de conquérir le monde, s'il perd son âme? Et qu'est-ce qu'on donnera en échange pour son âme? »
El encore , pour foudroyer d'un mot la fausse gloire : « Ils ont reçu leur récompense ^ » Ils ont prié dans les coins des rues; ils ont jeûné; ils ont fait l'aumône. Ajoutons : ils ont exercé ces grandes vertus militaires, si laborieuses et si éclatantes pour faire parler les hommes : « En vérité, je vous le dis : ils ont reçu leur récompense. » Ils ont voulu qu'on parlât d'eux : ils sont contents; on en parle par tout l'univers : ils jouissent de ce bruit confus dont ils étaient enivrés : et vains qu'ils étaient, ils ont reçu une récompense aussi vaine que leurs projets : Recepevunt viercedem suam, vani vanam, comme dit saint Augustin ^
Que de sueurs, que de travaux, disait Alexandre (mais que de sang répandu), pour faire parler les Athéniens! Il sentait la vanité de cette frivole récompense : et en même temps il se repaissait de cette fumée.
ARTICLE III
Bes guerres entre, les citoyens, avec leurs motifs; et des régies qu'on y doit suivre.
Première Proposition. Premier exemple. On résout la guerre entre les tribus par un fau-x soupçon; et en s'expliquant on fait la paix.
Ceux de la tribu de Ruben et de Gad , et la moitié de la tribu de Manassé , étaient séparés de leurs frères par le Jourdain, et ils érigèrent sur les bords de ce fleuve un autel d'une grandeur immense. Le reste des enfants d'Israël , ayant appris qu'on érigeait contre eux cet autel dans la terre de Chanaan , s'assemblèrent tous en Silo pour combattre contre eux ; et en attendant envoyèrent un député de chaque tribu, avec Phinéès, fils d'Eléasar, souverain sacrificateur. Comme ils furent arrivés dans la terre de Galaad, où ils trouvèrent les Rubénistes , et les autres qui élevaient cet autel , ils leur parlèrent ainsi* : « Quelle est cette transgression de la loi de Dieu? Pourquoi abandonnezvous le Dieu d'Israël, et bâtissez-vous un autel sacrilège pour vous éloigner de son culte! Que si vous croyez que la terre que vous habitez est immonde (faute d'être sanctifiée par un autel), venez plutôt avec nous dans la terre où est établi le taternacle du Seigneur, et y demeurez. Nous vous prions seulement de ne pas délaisser le Seigneur ni notre société, en établissant un autre autel que celui du Seigneur notre Dieu , et de ne point attirer sur nous tous sa juste vengeance, comme fit Achab par son blasphème. »
« Ceux de Ruben et les autres répondirent à ce discours : Le Seigneur, le très-puissant Dieu sait , et tout Israël en sera témoin, que nous n'élevons cet autel , que pour être un mémorial éternel du droit que nous avons, nous et nos enfants, sur les holocaustes , de peur qu'un jour vous ne leur disiez : Vous n'avez point de part au culte de Dieu. Phinéès, qui était le chef de la légation, ayant ouï cette réponse prononcée par les Rubénistes et les autres, avec exécration du sacrilège qu'on leur im-