‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 423 sur 609 · ilach., VIII , 13 4. nui., 11, (J5, «G · texte numérisé non relu

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■2. Iilem, 15, 16. —3. Ibid., li.lll.

longueur et n'y mettre jamais de fin) ; ni un servitiuir paresseux , sur les ouvrages qu'il faut entreprendre'. I) N'appelez jamais de telles gens à aucun conseil.

L'abrégé de tout ce sage discours est de découvrir l'aveuglement de ceux qui prennent des conseils intéressés et corrompus , ou même douteux et suspects , pour se déterminer dans les affaires importantes.

XIX" Proposition. La première qualité d'un sage conseiller, c'est qu'il soit homme de bien.

« Ayez toujours auprès de vous un homme saint ; celui que vous connaîtrez craignant Dieu et observateur de la loi,, dont l'âme sera conforme à la vôtre- : » sensible à vos intérêts, et dans les mêmes dispositions pour la vertu.

« L'àme d'un homme de bien (sans fard , qui ne saura point vous flatter) vous instruira de la vérité , plus que ne feront sept sentinelles que vous aurez mises en garde sur une tour, ou sur quelque lieu éminent, pour tout découvrir, et vous rapporter des nouvelles^. »

ARTICLE III

On propose au prince divers caractères des ministres ou conseillers : bons , mêlés de bien et de mal , et méchants.

Première Proposition. On commence par le caractère de SamueL

Je ne veux pas tant remarquer ce qu'un si grand caractère a de surnaturel et de prophétique , que ce qui le rapproche de nous et des voies ordinaires.

Samuel a cela de grand et de singulier qu'ayant durant vingt ans , et jusqu'à sa vieillesse, jugé le peuple en souverain, il se vit comme dégradé sans se plaindre. Le peuple lui vient demander un roi. On ne lui cache pas le sujet de cette demande. « Vous êtes vieux, lui dit-on*, et vos enfants ne marchent pas dans vos voies. Donnez-nous un roi qui nous juge. » Ainsi on lui reproche son grand âge, et le mécontentement qu'on avait de ses enfants. Quoi de plus dur à un père , qui, bien loin de l'espérance qu'il pouvait avoir en récompense d'un si long et si sage gouvernement, de voir ses enfants succéder à sa dignité, s'en voit dépouillé lui-même de son vivant?

Il sentit l'affront : « Ce discours déplut aux yeux de Samuel'. » Mais, sans se plaindre ni murmurer, son recours fut de « venir prier le Seigneur, qui lui ordonne d'acquiescer au désir du peuple^ » Ce qui était le réduire à la vie privée.

Il ne lui reste qu'à se soumettre au roi qu'il avait établi, c'était Saiil , et de lui rendre compte de sa conduite devant tout le peuple , ce peuple qu'il avait vu durant tant d'années recevoir ses ordres souverains. « J'ai toujours été sous vos yeux depuis ma jeunesse. Dites, devant le Seigneur et devant son Christ, si j'ai pris le bœuf ou l'âne de quelqu'un, ou si j'ai opprimé quelqu'un, ou si j'ai pris des présents de la main de qui que ce soit : et je le rendrai. » On n'eut rien à lui reprocher. Et il ajouta : « Le Seigneur et son Oint se-

1 . Eccli., xxxvii. 12, 13 et seq. Il faut ici conférer roriginal grec avec la Viilgale. — 2. Idem. 15. - 3. Ibid., 18. — i. l. Heij., vm , i, 5. — 5. Idem, G. — G. Ibid., 1.

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