IV. Que faut-il faire dans la communion
« Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans » ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon » âme sera guérie'. » « Venez, Seigneur Jésus, ve- » nez-. »
Dans cette sainte action , il faut mêler ensemble ces deux sentiments : une profonde humilité par laquelle nous nous sentons indignes de recevoir Jésus-Christ , avec une ardeur extrême de s'unir à lui pour ne s'en séparer jamais.
C'est ici le mystère de l'union de l'Epoux céleste avec l'Eglise, son épouse; c'est ici qu'il s'unit à elle corps à corps, cœur à cœur, esprit à esprit, pour ne faire avec elle qu'une même chose; oii il se donne à posséder tout entier aux âmes chastes qui sont ses épouses, et où il veut aussi les posséder sans réserve.
Quel amour, quel ardent désir ne doit-on point ressentir à l'approche d'une telle grâce? mais que cet amour doit être humble et respectueux! que l'âme doit être pénétrée de sa bassesse et de son néant, de la grandeur de l'Epoux céleste qui se donne à elle, de ses bontés infinies, de ses miséricordes innombrables!
On ne peut tro|) répéter ces deux paroles : « Seigneur, » je ne suis pas digne ; venez , Seigneur Jésus je ne suis » pas digne ; » car je ne suis qu'un pécheur et un néant. « Mais venez. Seigneur Jésus, venez : car vous êtes » venu chercher les pécheurs; vous êles le seul soutien » de ma faiblesse, vous êtes le seul remède à mes maux » extrêmes; vous êtes le pain et la nourriture qui ré- » pare mes forces abattues; vous êtes ma \ ie et mon es- » pérance ; vous êtes enfin tout mon bien et en ce monde » et en l'autre. »
Il faut s'éveiller [dans un grand respect et avec un grand sentiment de l'action qu'on a à faire, et se tenir toujours recueilli au dedans; et sans s'arrêter à des paroles certaines, laisser aller son cœur à ces deux mouvements d'humilité et d'amour.
Il faut tâcher de les exciter avec une nouvelle ardeur durant la messe où nous avons dessein de communier; prions-y plus que jamais pour toute l'Eglise et pour la paix de la chrétienté; pour les justes, pour les pécheurs, pour les pasteurs do l'Eglise et pour les princes, afin que Dieu soit servi partout, et le monde bien gouverné en toutes manières; pour les hérétiques, pour les infidèles, pour ses amis, pour les ennemis, pour ceux (pii doivent communier ce jour-là; enfin pour tous les vivants et pour les morts; et olfrons à Dieu notre communion pour toutes ces choses ; car c'est ici le mystère de charité envers tous les hommes, de faire naître en son cœur le désir de leur faire tout le bien possible.
Il faut recommander avec plus de soin ceux qu'on a une obligation particulière de recommander à Dieu. Ce saint mystère est élalili pour nous perfectionner dans tous nos devoirs, pour nous faire exercer toutes les vertus, et pour donner de la force à toutes nos prières et à tous nos vœux.
OfTrons-nous donc à Dieu par Jésus-Christ en sacrifice, et offrons-lui avec nous tous ceux a\ec qui nous souhaitons de régner éternellement avec lui.