lAlc, vu, e. — 2. Apoc, XXII
DE EXISTENTIA DEI.
Quand le prêtre communie , excitons-nous plus que jamais; abandonnons notre cœur aux senliments qu'une humilité sincère et un amour plein de confiance nous inspirera , et disons toujours , non tant par paroles que par un intime sentiment du cœur : « 0 Seigneur ! je ne )> suis pas digne; venez, Seigneur Jésus , venez. »
Après la communion du prêtre , il faut approcher de l'autel. Songeons, en prenant la nappe, quel honneur nous allons recevoir d'être appelés à la table du Roi des rois , où lui-même devient notre nourriture. « Qui suisje, Seigneur? qui êtes- vous? quoi! Seigneur, vous venez à moi ! venez , Seigneur Jésus , venez. » Il faut dire son Conjiteor avec un regret extrême de ses péchés. Frappons notre poitrine en disant : Med culpd ; plus encore par une vraie componction que par l'action extérieure de la main.
Quand le prêtre ûilNisereatitr et Indulgentiam, prions Dieu avec lui qu'il nous pardonne nos péchés et qu'il nous fasse la grâce de les corriger. « 0 Seigneur ! se- » rai-je assez malheureux et assez ingrat pour vous of- )) fenser dorénavant ? Plutôt la mort , mon Dieu, plutôt » la mort. »
Le prêtre dit ensuite , et nous avec lui : Domine, non sum diijtuis. On le répète trois fois, et on ne peut le dire trop souvent, ni trop admirer la bonté d'un Dieu qui ne dédaigne pas de venir à nous. Là, on adore Jésus- Christ avec un abaissement profond d'esprit et de corps; on frappe sa poitrine, mais on doit encore plus frapper son cœur en l'excitant à la componction.
.\pres , le prêtre s'approche pour nous apporter Jésus-Christ; puis, faisant le signe de la croix et nous souhaitant la vie éternelle , il nous donne ce divin corps qui contient en soi toutes choses.
Heureux celui qui, ouvrant la bouche, ouvre plus son cœur pour le recevoir ! « 0 Jésus ! vous êtes à moi, » vous vous donnerez tout entier ; ô Jésus! je me donne )> à vous, je veux être à vous sans réserve, n
Ayant reçu Jésus-Christ, on se retire modestement, les mains jointes, plein d'une joie intérieure, comme un homme qui a trouvé un trésor et qui possède ce qu'il aime.
Il faut demeurer quelque temps tranquille, jouissant intérieurement de la présence de Jésus-Christ et écoutant ce qu'il nous dira au fond du cœur ; car il a des paroles de consolation et de paix dont nul ne peut entendre la douceur que celui qui les a ouïes.
« I-'arlez , Seigneur Jésus , parlez , votre serviteur vous
écoute' ; j'ai trouvé celui que mon âme aimait, je ne .. le quitterai jamais-. »
« JNIon âme loue le Seigneur, et mon esprit se réjouit » en Dieu mon Sauveur'*. »
« Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, parce que Il ses miséricordes sont éternelles^. »
« Tirez-moi après vous, ô mon bien-aimé! que je » coure après l'odeur de vos parfums! que je ne sente » plus que vos douceurs ^ ! »
A\ec de tels ou do semblables sentiments, il faut goûter intérieurement Jésus-Christ , et le prier de se faite tellement goûter que nous perdions le goût de toute autre chose.
On peut faire, après cela, les actions de grâces qui sont marquées dans le livre de prières ; mais il n'y en a pas de meilleures que celles qui sortent naturellement (l'un cœur rempli des bontés de Dieu et touché de ses infinies miséricordes.
Le jour (ju'on communie on entend deux messes , et la seconde se doit passer principalement en actions de grâces ; l'âme qui sent son bonheur no peut quitter cette pensée , et s'épanche tout entière en acte d'amour et en cantiques de réjouissance.
Elle fait aussi des demandes, mais des demandes animées d'un amour céleste; elle demande, pour toute
1. /. Reg., 111, 10. — 2. Cant., m. i. — 3. Luc, i, ilj, «. — t. Psal., cv, 1. —'5. CaïK., 1, 3.
grâce , qu'il lui soit donné d'aimer Dieu ; elle souhaite et demande le même bonheur à tous ceux qu'elle aime; et plus elle aime quelqu'un , plus elle prie qu'il soit rempli de l'amour divin.
« Qu'on vous aime , ô mon Dieu ! qu'on vous aime ; » que je vous aime de tout mon cœur; que tous ceux » qui me sont chers vous aiment! que tout le monde » vous aime! Puissions-nous tous vous minier, vous louer, » et vous bénir maintenant et à jamais! »
Après la seconde messe et après ces actes d'amour, on se retire plein de Jésus-Christ et du désir de lui plaire.