‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 443 sur 609 · V. Que faut-il faire après la communion · texte numérisé non relu

V. Que faut-il faire après la communion

Jésus-Christ nous l'apprend par ces paroles : « Celui » qui mange ma chair et boit mon sang , demeure en » moi et moi en lui'. »

La grâce de la communion n'est pas une grâce passagère , c'est une grâce de persévérance et de force qui doit nous unir avec Jésus-Christ d'une manière stable et permanente : « Qui me mange demeure en moi, et » moi en lui. »

Il faut demeurer- en lui par l'obéissance à ses précoptes, afin qu'il demeure en nous par le continuel épanchement de ses grâces.

La force de cette viande céleste doit tellement prendre le dessus en nous, qu'elle nous conforme tout à fait à elle ; en sorte que Jésus-Christ paraisse dans toute notre conduite, c'est-à-dire que nous vivions selon ses préceptes et ses exemples.

Quiconque mange Jésus-Christ, en doit tellement être possédé, que toutes ses actions, toutes ses paroles, et enfin toute sa vie s'en ressente.

Qui a goûté cette viande doit être tellement rempli de ce di\in goût, qu'il soit sans cesse attiré à la table de Notre Seigneur, et qu'il se dise souvent à lui-même : « Mon âme goûte et ressent combien le Seigneur est . » doux ^ heureux l'homme qui espère en lui ^ ! »

Le propre effet de la communion, c'est de nous faire aimer Jésus-Christ , c'est-à-dire sa personne adorable , sa parole, son Evangile, sa doctrine céleste , ses vérités saintes, ses exemples, son obéissance et sa charité infinie. Il faut prendre dans la communion le goût de toutes ces choses ; il faut que Jésus-Christ nous'plaise , que nous l'imprimions en nous-mêmes, que nous en soyons une vive image, et que nous fassions notre plaisir du soin de lui plaire.

Ainsi nous accomplirons cette parole qu'il a prononcée : « Comme je vis pour mon Père, ainsi celui qui 1) me mange vivra pour moi , » c'est-à-dire accomplira mes volontés , comme j'ai accompli celles de mon Père.

Il faut donc que celui qui a communié prenne bien garde de ne plus tomber dans les péchés qui le séparent d'avec Jésus-Christ et l'excluent de sa communion. C'est une terrible profanation de l'Eucharistie de retomber dans le crime après l'avoir reçue, et de se laisser emporter à nos passions après avoir goûté ce don céleste.

Que Jésus-Christ vive donc éternellement dans nos cœurs; que le péché y meure; que les mauvais désirs s'y éteignent peu à peu; que Jésus-Christ prenne le dessus; qu'il demeure en nous et nous en lui, et que rien ne soit capable de nous séparer de son amour. Amen. Amen.

DE EXISTENTIA DEI.

Cet écrit fut pubfié pour la première fois, en 1828, par M. Floquet , qui en met la date vers 1672, et non pas vers 1680 , comme de récents éditeurs. Le manuscrit, conservé à la Bibliothèque nationale, est de la main de Ledieu.

Page 1