SERENISSIMO DELPHINO
NoLi putare, Princeps, te liberalibus sludiis operantem adeo graviter increpari eo tantùm nomino , qui)d prœter grammalicœ leges, verba senlentiasque colloces. Id ipiidem lurpe principi, in (pio eomposita omnia esse decet. Vcriim altiiis inspicimus, cura his erratis offen- (liuuir. Neque enim tam nobis erratum ipsum , quàm
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Ne croyez pas , Monseigneur, qu'on vous reprenne si sévèrement pendant vos études, pour avoir simplement violé les règles de la grammaire en composant. 11 est sans doute honteux à un prince, qui doit avoir de l'ordre en tout, de tomber en de telles fautes ; mais nous regardons plus haut quand nous en sommes si fâché : car nous ne blâmons pas tant la
l. II. Mach., vu, 22.
errati causa, incogitantia, displicet. Ea namque efEcit ul verba confundas; quœ si consueludo invalescere atque inveterascere sinilur, cimi res ipsas, nonjam verba, traclabis , perturbabis rerum ordinem. Nunc contra granunaticae leges loqueris ; tum ralionis praescripta non audies. Nunc verba , tum res ipsas aliène pones loco; mercedem pro supplicio , pro prœmio supplicium usurpabis. Denique perlurbatè omnia faciès , nisi à puero assuescas attendere animum , motus ejus vagos atque incomposilos cohibere, rerumque agendarum seduio tecum ipse inire rationem.
Ac vobis quidem principibus , nisi diligentissimè caveatis, ipsa rerum copia inerliam ingeneral animiquo molliliem. Caeteros sanè mortales egestas acuit; curœ ipsae sollicitant, et instigant, neque animum sinunl conquiescere. VobiSj cùm omnia sive quae ad vitam necessaria, sive quai ad Aoluptatera suavia, sive quœ ad splendorem illuslria sunt, ultro se offeraiil; neque lanlimi suppetant, sed supcrsinl; nihil omnino est in ejusmodi rébus, quod labore quœratis, quod studio atque industriâ comparelis. Atqui, princeps, non ila libi sapientia; fructus sine tuo raaximo labore provenienl. Neque hajc , quae ad virtulem ralionemque excolendam pertinent, incogitandi possumus infundcre. Quo magis necesse est ipse le excites; ipse animum adhibeas, summoque studio conlendas ut in le ratio valeal \igealque. Hic libi labor unus, hoc unum agendum cogitandimique est. Cijm enim ipsà ratione homines libi regendi sint, adeoque necesse sit iis ut ratione praestes, ideo provisura est ut libi reliquorum ferè laborum omnium quaedam cessatio esset, qub uni animo ralionique informandœ incumberes.
An verb exislimas lot populos, lot exercitus, lanlam denique gentem, tamque bellicosam, tam mobiles animes, tam industries, lam féroces, unius imperio conlineri posse, nisi is lanlo operi, tolis ingenii viribus, adlaborel? Ne cquum quidem unum, paulo ferociorem,
faute elle-même, que le défaut d'attention, qui en est la cause. Ce défaut d'attention vous fait maintenant confondre l'ordre des paroles; mais si nous laissons vieillir et fortifier cette mauvaise habitude, quand vous viendrez à manier, non plus les paroles, mais les choses mêmes, vous en trouhlcrcz tout l'ordre. Vous parlez maintenant contre les lois de la grammaire; alors vous mépriserez les préceptes de la raison. Maintenant vous placez mal les paroles, alors vous placerez mal les choses; vous récompenserez au lieu de punir; vous punirez quand il faudra récompenser : enfin vous ferez tout sans ordre , si vous ne vous accoutumez dès votre enfance à tenir votre esprit attentif, à régler ses mouvements vagues et incertains, et à penser sérieusement eu vous-même à ce que vous avez à faire.
Ce qui fait que les grands princes comme vous , s'ils n'y prennent sérieusement garde, tombent facilement dans la paresse et dans une espèce de langueur, c'est l'abondance où ils naissent. Le besoin éveille les autres hommes , et le soin de leur fortune les soUicite sans cesse au travail. Pour vous, à qui les biens nécessaires non-seulement pour la vie, mais pour le plaisir et pour la grandeur, .?e présentent d'eux-mêmes, vous n'avez rien à gagner par le travail, rien à acquérir par le soin et l'industrie. Slais, Monseigneur, il ne faut pas croire que la sagesse vous vienne avec la même facilité , et sans que vous y travailUez soigneusement. Il n'est pas en notre pouvoir de vous mettre dans l'esprit ce qui sert à cultiver la raison et la vertu , pendant que vous penserez à toute autre chose. IJ faut donc vous exciter vous-même, vous appliquer, vous efforcer, afin que la raison domine toujours en vous. Ce doit être là toute votre occupation; vous n'avez que cela à faire et à penser. Car comme vous êtes né pour gouverner les hommes par la raison , et que pour cela il est nécessaire que vous en ayez plus que les autres , aussi les choses sont-elles disposées de sorte que les autres travaux ne vous regardent pas, et que vous avez uniquement à cultiver votre esprit, à former votre raison.
Pensez-vous que tant de peuples, tant d'armées, une nation si nombreuse, si belhqueuse, dont les esprits sont si inquiets, si industrieux et si fiers, puissent être gouvernés par un seul homme , s'il ne s'applique de toutes ses forces à un si grand ouvrage? N'eussiez-vous à conduire qu'un seul cheval un peu
DE INCOCtITANTIA.
manu molli et languidâ, solutoque animo regero et coercere qucas. Qiiantô minus immensam illam mullitudinem diversissimis motibus et cupiditatibus aesluantem ? Bella ingruent; seditiones essurgent; plebs efferata passim sœviet; no\ i qiiotidie motus existent; nova urgebunt pericula. Ille te insidiis, hic blanditiis ac fraudibus peteC; alius, rerum novarum cupidus , provincias remotissimasconcitabit; alius ipsam adortus Aulam, hoc est ipsum rerum caput , eam factionibus distrahet ; hujus ambilionem , hujus effraenera ac. prœcipitem audaciam, hujus animum fegrum et saucium commovebit. Vix quomquam invenias satis tibi fidum ; adeo turbis, prodilionibus , pessimisque artibus omnia miscebuntur, Tu niihi interea domi tôt inter tempestates securus ac placidus desidebis, sperabisque, ut comicus tuusait, dormienti tibi omnia confecturos Deos. Nœ tu, si id putas, faisus animi es. Praeclarè Cato apud Sallustium : « Yigilando, agendo, bene consulendo, prospéré omnia » cedunt. Ubi socordiae tête atqiie ignaviae tradideris , » necquicquam deos implores : irati , infestique sunt. » Sic profeclb res habet. Non frustra nobis Deus indidit \iviaam illam aciem, atque indefessam animi vim, quâ et prœterila recordamur, et praîsentia compleclimur, et fulura prospicimus. Id cœleste munus quicumque in se neglexerit, Deura hominesque necesse est ad\crsissimos habeat. Neqiie enim aut homines verebuntur cum, qui id, quo homo est, aspernelur ; aut adjuvabit Deus, qui jam amplissima dona contempserit.
Quin tu igitur expergisceris, princcps, atque intueris summum virum parentem tuura , regura maximum. Hic pacebelloque juxtà bonus, rébus omnibus prœest, consilia omnia moderatur ; ad exterorura principum mandata respondet; suis ipse legatis quid fieri velit, ostendit, ac rerum tractandarum arcana docet; optimis legibus constituit rempublicam; alios alib dirigit, alios ipse ductat exercitus , ac summam rerum mente complexus, singulis quoque curis adjicit animum. Atque
fougueux, vous n'en viendriez pas à bout, si vous lâchiez tout à fait la main , et si vous laissiez aller votre esprit ailleurs : combien moins gouvernerez-vous cette immense multitude, où bouillonnent tant de passions, tant de mouvements divers? Il viendra des guerres; il s'élèvera des séditions; un peuple emporté fera de toutes parts sentir sa fureur. Tous les jours de nouveaux troubles , de nouveaux dangers. On vous tendra des pièges : vous serez environné de flatteurs , de fourbes ; un brouillon remuera des provinces éloignées; un autre cabalera jusque dans votre Cour, qui est le centre des affaires : il animera l'ambitieux, il soulèvera l'entreprenant, il aigrira le mécontent. A peine trouverez-vous quelqu'un à qui vous puissiez vous fier : tout sera factions, artifices , trahisons. Au milieu de l'orage vous croirez qu'il n'y a qu'à demeurer tranquille dans votre cabinet, espérant, comme dit un de vos poètes, que les dieux feront vos affaires pendant que vous dormirez. Vous seriez loin de la vérité , si vous le pensiez. « C'est en » veillant, disait sagement Caton, ainsi que Salluste l'a rap- » porté, c'est en agissant, c'est en prenant bien sou parti, » qu'on a d'heureux succès. Mais livrez-vous à une lâche in- » dolence ; vous implorerez en vain les dieux ; ils sont en co- » 1ère, et disposés à vous nuire. » Voilà en effet ce qui arrive. Dieu ne nous a pas donné pour n'en pas faire usage , le flambeau qui nous éclaire sans discontinuation , celte faculté de nous rappeler le passé, de connaître le présent, de prévoir l'avenir. Quiconque ne daignera pas mettre à profit co don du ciel, c'est une nécessité qu'il ait Dieu et les hommes pour ennemis. Car il ne faut pas s'attendre, ou que les hommes respectent celui qui méprise ce qui le fait homme , ou que Dieu protège celui qui n'aura fait aucun état de ses dons les plus excellents.
Que tardez-vous donc. Monseigneur, à prendre votre essor? Que ne jetez-vous les yeux surle plus grand des Rois , votre auguste père , dont la paix et la guerre font également briller la vertu ; qui préside à tout; qui donne lui-même aux ministres étrangers ses réponses, et aux siens les lumières dont ils ont besoin pour exécuter ses ordres; qui établit dans son royaume les plus sages lois; qui décide la marche de ses armées, et souvent les commande en personne; qui enfin, tout occupé des affaires générales, ne laisse pas d'embrasser les détails. Rien qu'il souhaite avec tant d'ardeur que de vous faire entrer dans
ille quidera avet tecum commimicare consilia , ac teneram £Btatem regnandi artibus informare. Finge modb animum tantis rébus parem. Neque quantum imperium à majoribus acceperis, sed quanta vigilantià retinere illud, ac tueri valeas, fac cogites; neque occupatissimam ac negotiosissimam \itam luam ab incogitantiâ atque desidià inchoatam velis. His quippe initiis oranem animi lacera extinxeris, ac prœclaro licèt natus ingénie, tantum Dei munus aut ipse ultro amiseris, aut rébus gerendis prorsus inutile effeceris. Quô enim tibi arma, quamvis aff'abrè fada, nisi ad manum habeas? aut quô tibi animus atque ingenium . nisi eo diligenter utaris, ejusque aciem intendas? Scilicet ea tibi bona omnia peribunt : utque, si à sallando aut scribendo désistas, ipsa désuétude in imperitiara desinat ; ita plané nisi animum eserceas et adtendas, is turpi vclerno torpidus corrumpetur, neque cùm maxime velis languentem excitare, aut erigere jacentem , ullà industriâ poteris.
Interea fœdfe cupiditates exsurgent : libido, iracundia, perniciosissimi principum consultores, te ad pessimum quodque facinus stimulabunt ; atque obrutâ semel ingenii luce, ad eas pestes comprimcndas nihil tibi auxilii reliqueris. Quod quàm alienum ab imperio sit, tute ipse per te facile intelligas. Qui enim suis cupiditatibus rapitur, is mérité vocatur impotcns. Neque valere quidquam ille putandus est , qui cùm cœteris imperet , ipse suî potens non est. Cujus sanè eo est gravier ac Iristior servitus, quod eà parte serviat, quam omnino sui juris Deus esse voluit : ea est animus, ac mens. Igitur qui potens esse et haberi vult, is à se imperandi ducat initium; modum imponat iras; voluptates quamvis blandientes coerceat et castiget ; animum denique suum habeat in potestate. Quod nemo sibi comparaverit , nisi serib agere , atque ad rationis normam vitam exigere jam inde à puero instituerit.
Veniat in mentem, obsecro Dionis Qlius, qui cùm in Dionysii Tyranni potestate esset, is parentis odio, acer-
ses vues , et de vous apprendre de bonne heure l'art de régner. Formez-vous un esprit qui réponde à de si hauts projets. Ne songez point combien est grand l'empire que vous ont laissé vos ancêtres ; mais quelle vigilance il faudra que vous ayez pour le défendre et le conserver. Ne commencez pas par l'inapplication et par la paresse une vie qui doit être si occupée et si agissante. De tels commencements feraient qu'étant né avec beaucoup d'esprit, vous ne pourriez que vous imputer à vous-même l'extinction ou l'inutilité de cette lumière admirable, dont le riche présent vous vient du ciel. A quoi, en effet, vous serviraient des armes bien faites, si vous ne les avez jamais à la main? A quoi, de même, vous servira d'avoir de l'esprit, si vous ne l'employez pas, et que vous ne vous appliquiez pas? C'est autant de perdu. Et comme si vous cessiez de danser ou d'écrire, vous viendriez, manq^ue d'habitude, à oublier l'un et l'autre; de même, si vous n exercez votre esprit, il s'engourdira, il tombera dans une espèce de léthargie ; et quelques efforts que vous eussiez alors envie de faire pour l'en tirer, vous n'y serez plus à temps.
Alors il s'élèvera en vous de honteuses passions. Alors le goût du plaisir et la colère , qui sont les plus dangereux conseillers des princes, vous porteront^i toutes sortes de crimes ; et le flambeau qui seul aurait pu vous guider, étant une fois éteint, vous vous serez mis hors d'état de compter sur aucun secours. Vous comprenez aisément vous-même combien on serait, dans une pareille situation, peu capable de gouverner. Aussi n'est-ce pas à tort qu'un homme emporté par ses passions est regardé comme n'étant plus maître de rien. Puisqu'il n'est pas son maître, comment le serait-il des autres? Esclave d'autant plus à plaindre, que sa servitude tombe sur cette partie de lui-même, sur cette raison, par laquelle Dieu a voulu que tous les hommes fussent libres. Qui voudra donc être maître , et tenu pour tel , qu'il commence par exercer sur luimême son pouvoir : qu'il sache commander à la colère : que les plaisirs, malgré tout ce qu'ils auraient d'attrayant, ne le tyrannisent point : qu'il jouisse toujours de sa raison. Or voilà ce qu'on ne doit attendre de personne , si ce n'est une habitude prise dans le bas âge.
Rappelez-vous, je vous en conjure, de quelle manière Denys le tyran traita le fils de Dion, pendant qu'il l'eût en sa puissance. Tout ce qu'on peut imaginer de plus barbare , c'est
EXTRAITS DE LA MORALE D'ARISTOTE
bissima quaîquo in adolescenlis pcrniciem cogitavit. Quid poi'i'o fecerit, lui Corndii Ncputis prodit hisloria. Novuin exi'ogilaxil ullionis genus ; iiecpie eiiira aut forriini strinxit in pueruin, aiil. iii \incula conjccit, aiil insonteni \cxa\il faîne; veriiin, (piod lucUiosiiis , animi boiia corrupit. Id autcni qiià ralione peifecit? nempe induisit oninia, alque inconsiiltam adulescentiam suis pcrniisil consiliis vivere. lta(pie adolcscens, duce voluplaU; , in onme probrum prosiliit. Nemo regcîbal aetateni imt)ro\idam; nemo vitiis blandicnlibus repugnabat. Quidquid illi collibuerat, induigebant ; quidquid orraverat, collaudabanl. Sic animus fœdâ adulationo corruptus, in onins Qagitium prœccps ruit. At inluerc, princeps, quantô faciliùs homines in libidinem proriianl, quàm ad \irlulis sUidiiim rcvocenlur. Posiqiiam adolcscens reslilulus est patri , is custodes adliibiiit qid eum à pristino victu deducerent. Sed id fiustra fuit; nam carerelucc, quàm consuetis voluptatibus maluit, seque ex supei'iori parte dejecit aediuni. Ex quo, duo qu;cdam intelligis. Primum, amicos eos esse qui nostris cupiditalibus obsistant, vel inimicissimos qui faveant. Tuni illud imprimis si pueris mature cura adhibeatur, patriam auctoritatem et rectam institutionera valere : ubi pravis inslitulis prœoccupatur animus, lura consuetudinis inviclam esse vim , atque invetcratum morbum frustra remediis aut arte tentari. Huic igitur malo , ne fiât insanabilo, quàm primùm occurrendum. In id incunibo, princeps, atque ut in te ratio maxime invalescat, ne tu animuni hue illuc divagari, aut rébus inanibus pasci sinas; sed eum alas optimis sanctissimisque cogitationibus, bas sectetur, his adliœrescat, his penitus imbuatur, ex his fructus capere uberrimos assuescat.
ce que la haine qu'il avait pour le père lui (it entreprendre contre le fils. Vous avez vu dans votre Cornélius Nepos, qu'inventeur d'un nouveau geure de vengeance , il ne tira point l'épée contre cet enfant innocent, il ne le mit point en prison, il ne lui fit point soulTrir la faim ou la soif; mais, ce qui est' plus déplorable, il corrompit en lui toutes les bonnes qualités de l'âme. Pour exécuter ce dessein, il lui permit tout, et l'abandonna, dans un âge inconsidéré, à ses fantaisies, à ses humeurs. Le jeune homme, emporté par le plaisir, donna dans la plus affreuse débauche. Personne n'avait l'œil sur sa conduite; personne n'arrêtait le torrent de ses passions. On contentait tous ses désirs; on louait toutes ses fautes. Ainsi corrompu par une malheureuse flatterie, il se précipita dans toutes sortes de crimes. Mais considérez. Monseigneur, combien plus facilement les hommes tombent dans le désordre, qu'on ne les ramène à l'amour de la vertu. Après que ce jeune homme" eiU été rendu â son père, il fut mis entre les mains de gouverneurs qui n'oublièrent rien pour obtenir qu'il changeât. Tout fut inutile : car plutôt que de se corriger, il aima mieux renoncer à la vie, en se jetant du hant en bas de sa maison. Tirez de là deux conséquences; dout la première est que nos véritables amis sont ceux qui résistent à nos passions, et que ceux au contraire qui les favorisent, sont nos jMus cruels ennemis : la seconde et la plus importante, que de si bonne heure on prend bien garde aux enfants, alors l'autorité paternelle et de bons documents peuvent beaucoup. Au contraire, si de mauvaises et fausses maximes leur entrent une fuis dans l'esprit, alors la tyrannie de l'habitude se rend invincible , et il n'y a plus ni remède ni secret qui puisse guérir le mal. Pour em|)t;chftr qu'il ne devienne incurable, il faut le prévenir. Travaillez-y, iVIonseigneur; et afin que votre raison fasse les plus grands progrès, fuyez la dissipation, ne vous livrez point à de frivoles amusements , mais nourrissez-vous de réljexions sages et salutaires ; remplissez-vous-en l'esprit; faites-en la règle de votre conduite; et accoutumez-vous à recueillir les fruits abondants qu'elles sont capables de produire.
EXTRAITS DE LA MORALE D'ARISTOTE
En IS.'il, M. Nourrisson publia ces extraits dans le Journal ih l'instniclion publique. Voici comme il décrit le manuscrit qui se conserve à la bibliothèque du grand séminaire de Mcaux, et qui est de Bossuet : « Il se compose de deux feuilles très-remplies et d'une écriture que la précipitation de la main a souvent rendue presque indéchiffrable. fJeux maximes tirées de la Vie d'Aristote, par Diogène Laèrte, lui servent d'épigraphe. Tantôt Bossuet paraphrase et développe en français la pensée d'Aristote; tantôt, et le plus souvent, il cite le' texte même; quelqusfois enfin il y mêle de très-courtes notes en latin. » M. Nourrisson ne donna pas le texte grec; il le traduisit. Nous reproduisons et sa traduction et le texte grec que M. Lâchât a été le premier éditeur à publier. On remarquera que , dans le recueil des Pensées sur divers sujets , les anciens éditeurs avaient déjà inséré la paraphrase de Bossuet, avec ces titres : Sur l'homme, et Sur la société.
'EpwTïiOs't; , Tt -fïjpâtj/.ci xayù. Xotpis ï'^r\ • 'Epunrflùi, -t È'jnv ÈX-'iç ■ ÈypTjyopo'io;, à'<pr), evuîivov. Diog. Laert'.