‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 496 sur 609 · L'OFFERTOIRE · texte numérisé non relu

L'OFFERTOIRE

Seconde partie de la Messe,

où COMMENCE l'oBLATION ET LA CÉLÉBRATION DU SAINT SACRIFICE.

Ce sacrifice consiste à offrir à Dieu sur l'autel, du pain et du vin pour être changés au corps el au sang de Jisus-Christ , el ensuite l'Ire consumés à la communion.

Le pain et le vin sont notre nourriture ordinaire; nous offrons donc à Dieu noire propre vie, en lui offrant ce qui en fait le soutien.

Le pain nous doit faire souvenir du corps de Jésus-Christ , qui est la nourriture de nos âmes ; el le vin, de son sang , qui nous réjouit en nous confirmant la rémission de nos péchés.

Comme il a fallu pour faire du pain , que le blé fût broyé et froissé ; cl pour faire du vin, que le raisin sous le pressoir rendit toute sa liqueur ; ainsi, afin que Jésus-Christ fût notre nouirilure et notre soutien, il a fallu qu'il souffrit dans sa passion les dernières violences , et qu'il y répandit tout son sang.

Le pain et le vin signifient aussi les fidèles unis ensemble, comme le pain est composé de plusieurs grains unis , el le vin de la liqueur de plusieurs raisins ; et c'est en cette sorte qu'en ce sacrifice , avec le pain et le vin, on offre à Dieu tous ses fidèles, cl avec Jésus-Christ toute son Eglise.

.linsi nous devons nous considérer comme étant tous offerts à Dieu : nous devons aussi nous y offrir nous-mêmes. Il faut songer que le prêtre offre au nom de toute l'Eglise, et qu'en lui et i>ar lui, tous les assistants doivent aussi offrir à Dieu leur sacrifice: de sorte que la meilleure manière de participer à cette sainte ac-

PRIÈRES ECCLÉSIASTIQUES

tion, c'est de s'vnir à l'intention du prêtre offrant, et de s'offrir à Dieu avec Jésus-Christ comme une hostie vivante pour accomplir sa volonté en toutes choses.

Autrefois chaque fidèle apportait et présentait à l'autel le pain et le vin dont on prenait ce qui était nécessaire pour le sacrifice et pour la communion du peuple : le reste s'employait à la subsistance du clergé et des paurrcs ; et c'est ce qui a donné lieu à ce qu'on appelle à présent l'Offrande , ainsi qu'il est expliqué au Catéchisme des Fêtes, leçon du dimanche.

Du Pain bénit.

La cérémonie en est expliquée au mônse endroit liu Catéchisme : c'est un signe de communion entre les fidèles ; et pour sui\Te les intentions de l'Eglise , on peut faire cette prière :

0 Jésus-Christ vous êtes le vrai pain vivant qui donnez la vie au monde. C'est vous qui avez dit que l'homme ne vit pas seulement du pain , mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu : ma nourriture sera de faire votre volonté , comme la vôtre a été de faire la volonté de votre Père.

A l'Offrande. — 0 mon Dieu , je m'offre à vous de tout mon cœur, pour faire et souffrir tout ce qui vous plaît : recevez mon olfrande, et soutenez ma faiblesse.

Prière quand on offre le 'pain sur la patène. — 0 Dieu, ayez agréable ce saint sacrifice, et recevez-le des mains de votre ministre, pour la gloire de votre saint nom , et pour le salut de tout votre peuple.

Quand on met de l'eau dans le tin.

Ce mélange signifie l'union de la nature Immaiue avec la nature divine en la personne de Jésus-Christ ; et il faut dire avec l'Eglise :

Deus, qui humanx substantif, etc. — 0 Dieu, qui avez créé d'une manière admirable la nature humaine, et qui l'avez rétablie d'une manière encore plus admirable dans sa première dignité , faites que, par ce mystère du vin et de l'eau , nous soyons rendus participants de la divinité de Jésus-Christ votre Fils Notre Seigneur, qui a voidu participer à notre nature faible et mortelle ; lui qui vit et règne éternellement avec vous dans l'unité du Saint-Esprit.

Comme , selon la doctrine des saints , ce mélange signifie encore l'union du ]ieupie avec Jésus-CIirist , dont le sang qui nous lave est désigné par le vin : on peut dire quelquefois pour entretenir son esprit de plusieurs vérités :

Autre prière pour le même sujet. — 0 Jésus, unissez-moi a\ec vous; qu'il ne paraisse plus rien de ce que je suis, comme il ne parait plus rien de cette eau mêlée dans le \ in ; que vous seul paraissiez dans toutes mes œu\res : plongez-moi dans votre sang, que mes péchés ne paraissent plus. Amen, amen.

Pendant que le prêtre incliné fait sa prière sur les dons offerts, et qu'il les bénit.

Il faut songer que ces dons offerts, c'est-à-dire, le pain et le viiï qui doivent être changés au corps et au sang de Jésus-Christ, sont préparés à ce changement par la bénédicUon de l'Eglise , nous devons aussi à notre manière , être changés en Jésus-Christ avec ces dons, et nous préparer à ce changement par cette prière.

0 Seigneur, qui par un effet de votre toute-puissance, devez changer ce pain et ce vin au corps et au sang de votre Fils Jésus-Christ, nous nous otfrons nous-mêmes à vous, a\ec un cœur contrit et humilié; alin que, changés par votre Esprit-Saint, au dedans du cœur nous vixions en Jésus-Christ , et lui en nous.

A l'Encensement.

L'encens dans l'Ecriture, signifie les prières des saints. L'ange les présente dans l'.\pocalypse, et ce parfum s'élève de sa main devant la face de Dieu {.Xpoc, viii, â, 4). Ainsi l'encens dont on parfume le pain et le vin , représente qu'avec ses dons , ou plutôt avec Jésus-Christ , dont on doit faire le corps et le sang, nous devons faire monter à Dieu nus prières. Il faut donc dire avec le prèlre cette jprière du psaume 1-iO.

DiRiGATUR, Domine, etc. — Que ma prière, Seigneur, monte droit vers vous comme la fumée de l'encens ; que l'élévation de mes mains vous soit agréable comme le sacrilice du soir,

Mettez, Seigneur, une garde à ma bouche', et une porte à mes lè\ les.

Ne permettez point que mon cœur s'égare dans des

1 . Il prie qu'on ne fasse à Dieu que des prières dignes de lui ; et que si ou lui demande les choses temporelles, ce soit par rapport aux éternelles.

paroles de malice, pour chercher des excuses dans mes péchés'.

Au Lavado, lorsque le prêtre lave ses doigts.

Cette action signifie qu'il se faut nettoyer de ses péchés en les délestant, pour être digne d'assister à un sacrifice si pur. Pour cela on dit avec le prêtre la lin du psaume 25.

Lavabo intcr innocentes manus meas.

6. 0 Seigneur, je laverai mes mains avec les personnes innocentes : et j'environnerai \otre autel.

7. Afin d'écouter la voix de vos louanges, et de raconter toutes vos merveilles.

8. Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison : et le lieu où résilie votre gloire.

9. Ne perdez pas mon Ame a\ec les impies : ma vie avec les hommes sanguinaires et vindicatifs,

10. Qui ont les mains remplies d'injustices : et la main droite pleine de présents^.

^^. Mais pour moi j'ai marché dans l'innocence : délivrez-moi , et ayez pitié de moi.

12. Mon pied est demeuré ferme dans la droite voie : je vous bénirai , Seigneur, dans les assemblées.

Gloire soit au Père, au Fils, etc.

Autre prière. — 0 Seigneur, les innocents mêmes ont besoin de se laver; purifiez-nous de nos moindres fautes , et ne permettez pas que nous vous offrions un sacrifice si pur avec des mains souillées.

Après le Lavabo , pendant que le prèlre retourne à l'autel, s'incline de nouveau devant Dieu pour lui offrir les dons proposés.

Prière. — Très-sainte Trinité, Père, Fils, et Saint-Esprit : nous vous offrons cette sainte oblation en mémoire de la passion, de la résurrection et de l'ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ, en honorant tous vos saints que vous avez sanctifiés par ce sacrifice, et vous demandant leurs prières, particulièrement celles de la sainte vierge Marie.

A i'ORATE, FBATRES.

Cet endroit de la messe est très-important. Le prêtre, prêt à entrer dans l'action du sacrifice , se retourne pour avertir les assistants que c'est en leur nom qu'il va offrir, et il demande la société du leurs prières dans le sacrifice qu'ils doivent offrir avec lui ; il leur dit donc :

Orate, fratres, priez, ines frères, que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à notre Dieu toutpuissant.

Il faut donc répondre de cœur et de bouche :

Que le Seigneur reçoive de vos mains le sacrifice pour l'honneur et la gloire de son nom , pour notre utilité particulière, et pour le bien de toute son Eglise.

A l'oraison qu'on appelle Secrète devant le premier Peeî omnia.

Le prêtre, dans cette oraison, prie Dieu d'accepter les dons qu'on lui offre, et explique ordinairement le sujet de l'oblalion , surtout dans lès fêtes particulières , où il lui rend grâces , ou pour les mystères qu'il a accomplis eu Jésus-Christ , ou pour les merveilles qu'il a faites dans ses saints.

0 Dieu , rendez-moi digne d'assister à ces saints et redoutables mystères. 0 Dieu, combien est terrible l'ouvrageque vous commencez ! 0 Dieu, achevez-le et agréez nos offrandes, par Jésus-Christ Notre Seigneur votre Fils, qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit.

Par tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Que le Seigneur soit avec vous,

Et qu'il soit avec votre Esprit.

Elevez vos cœurs.

Nous les tenons élevés vers le Seigneur.

Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

Il est juste et raisonnable.

Dans ces deux avertissements du prêtre, et dans les deux réponses que tout le moude lui fait, est comprise toute l'instruction de ce mystère.

Avoir le cœur en haut, c'est s'élever au-dessus des sens pour ne voir plus dans ce mystère ce qu'ils nous suggèrent, mais ce que Jésus-Christ va dire et faire.

1 . Lorsqu'on se laisse aveugler par l'amour des biens de la terre , et qu'on en fait tout le sujet de sa prière, on croit être pieux ; et il semble qu'on veuille chercher de vaines excuses à ses passions déréglées, en les portant juscpie devant Dieu.

2. Pour corrompre les personnes, et s'en servir à opprimer ses ennemis innocents.

PRIÈRES ECCLÉSIASTIQUES

Rendre grâces à Dieu, c'est commencer en effet, lesacriiîce de l'Eucharistie , qui veut dire action de grâces .

La pirfnce après le premier Per omnia.

Vebe dignum et justum est, etc.

Pour tMcver les cœurs en liaut selon que l'Eglise nous en avertit , on se joint avec tous les esprits célestes. La prière et l'action de grâces par laquelle on le fait s'api)cllc Préface ; parce que c'est par là qu'on commence le sacrifice ; et on dit avec le prêtre :

Il est bien juste, ô mon Dieu, Père tout-puissant; il est bien raisonnable de vous rendre grâces en tout lieu et en tout Icnips, de tant de biens que nous avons reçus , et que nous recevons continuellement de votre bonté. Nous vous en rendons grâces par Jésus-Christ Notre Seigneur, par qui les anges mômes, et tous les esprits célestes louent et glorifient votre sainte et redoutable Majesté ; nous unissons avec eux nos cœurs et nos voix, et nous chantons de toutes nos forces avec les séraphins :

Sur le Sanctus.

C'est le cantique que le prophète Isaïe ouït chanter aux séraphins avec un respect étonnant de la majesté divine. L'Eglise y ajoute le Benedictits, qui est le cri de réjouissance qu'on chanta à Notre Seigneur, lorsqu'il fit son entrée dans Jérusalem.

Hosanna, en la langue sainte , est un cri de réjouissance , comme qui dirait : Béni soit Dieu qui nous délivre.

Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des armées.

Votre gloire remplit le ciel et la terre, le salut nous soit donné du plus haut des cieux.

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Le salut nous soit donné du plus haut des cieux.

Après le Sanctus.

C'est alors que l'on commence l'action du sacrifice qui s'appelle aussi dans le style ecclésiastique V action, comme étant la plus grande action, et la plus divine qui se puisse faire dans l'Eglise. On appelle cette prière Canon, c'està-dire règle, pour exprimer qu'on va offrir à Dieu, selon la règle de son évangile , le sacrifice institué par Jésus-Christ, avec la prière réglée par les apùtres, et par la tradition perpétuelle de l'Eglise.

En cet endroit il est ;\ propos de parler plus du cœur que de la bouche et de se tenir attentif au mystère incompréhensible qu'on va opérer.

Néanmoins , pour se conformer à l'intention de l'Eglise, ou peut dire :

Prière après le Sanctus. — Te igituu. — Nous vous prions, Père très-clément, par Jésus-Christ, votre Fils, Notre Seigneur, de recevoir cette oblation pour toute votre Eglise catholique. 0 Dieu! qu'il lui plaise de l'unir, de lui donner votre paix, et de la sanctifier avec notre saint Père le pape N., et notre évêqtie N., et notre. roi N., et tous les évèques orthodoxes, tout l'ordre sacré , et tout le peuple fidèle.

Au premier Mémento. — 0 Seigneur, nous recommandons à votre bonté nous et nos amis , nos proches , nos bienfaiteurs et tous vos fidèles, sans oublier nos ennemis, que nous voulons toujours regarder comme nos chers frères.

0 Seigneur, nous nous unissons de tout notre cœur tous ensemble dans la communion de vos saints, avec la glorieuse Marie toujours vierge, mère de notre Dieu et sauveur Jésus-Christ, et avec vos saints martyrs, et tous vos saints. Faites que par les prières de ceux qui sont en si grand honneur et considération devant vous, nous soyons toujours assistés de votre secours ; au nom de Jésus-Christ Notre Seigneur.

Quand le prêtre étend les mains sur les dons proposes.

Cette action signifie qu'on s'unit avec ces dons pour être consacrés à Dieu, c'est-à-dire, changés avec eux ; et il faut dire avec le prêtre ;

0 Seigneur, ayez agréable cette oblation de toute votre famille, en témoignage de notre dépendance absolue. Faites couler nos jours dans \otre paix; délivreznous de la damnation éternelle, et mettez-nous au nombre de vos élus, par Jésus-Christ Notre Seigneur.

Pendant que le prêtre bénit les dons, faisant de.^sus

des si(jnes de croix.

Alors il ne faut plus parler que du cceur. Il faut être attentif à ce que fit Jésus-Christ la veille de sa mort dans sa sainte cène, à sa passion, et à sa mort, dont tant de signes de croix nous rappellent la mémoire.

Pendant la Consécration. Il faut tenir son esprit attentif au grand et miraculeux changement qui se va faire, oîi le pain deviendra le jïropre corps, et le vin le propre sang de Jésus- Christ, le même corps livré pour nous, le même sang répandu pour nous.

Pendant qu'on élève le corps adorable et le calice du sang précieux , c'est mieux fait de le regarder en silence et avec uue profonrle humilité en disant seulement du cœur : Je crois, Seigneur, je crois : fortifiez ma foi, changez-moi : vivez en moi, et moi en vous.

Quand après la consécration, le prêtre répète ces paroles de Jésus-Christ ; Toutes les fois que vous ferez ces choses, faites-les en mémoire de moi : obéissons à sa parole, et disons :

Prière après la Consécration. — Oui , Seigneur, nous nous souviendrons éternellement de tout ce que vous avez fait pour notre salut ; de votre passion douloureuse ; de votre obéissance jusqu'à la mort de la croix ; de votre glorieuse résurrection; de votre ascension triomphante; et, en action de grâces de tous ces mystères, nous vous oll'rons cette hostie sainte, cette hostie pure, cette hostie sans tache , ce pain de vie éternelle , et ce calice où est contenu notre salut perpétuel.

0 Seigneur, de si grands dons vous sont agréables par eux-mêmes ; mais parce que la manière impure dont nous vous les offrons, vous pourrait déplaire, nous vous prions d'avoir notre oblation agréable, comme vous avez eu agréable celle du juste Abel voire serviteur, et le sacrifice de notre père Abraham, et celui de votre saint pontife Melchisédech; et si vous avez regardé en pitié ceux qui vous offrirent des figures, recevez-nous maintenant, nous qui vous offrons Jésus-Christ, qui est la vérité même.

0 Seigneur, sanctifiez ceux qui doivent communier et recevoir de ce saint autel le sacré corps et le sang de votre Fils Jésus-Christ, et daignez leur accorder toute bénédiction spirituelle; Par le même Notre Seigneur Jésus-Christ.

Am second Mémento. — 0 Seigneur, devant qui ceux qui sont morts dans la paix et dans la communion de votre Eglise sont vivants, en sorte que leur mort n'est qu'un sommeil : donnez à nos frères, amis, bienfaiteurs, et à tous les fidèles trépassés, avec la parfaite rémission de leurs péchés , le rafraîchissement qu'ils espèrent , et votre paix éternelle; Par Jésus-Christ Notre Seigneur.

Quand le prêtre frappe sa poitrine, en disant :

NOBIS QUOQUE PECCATORIBUS.

Cette action de frapper la poitrine signifie ta componction d'un cœur qui s'accuse et s'afflige de ses péchés. Il faut faire cette action avec le prêtre , en disant :

Nous vous prions, ô Seigneur, de nous regarder en pitié, nous qui ne sommes que des pécheurs et des serviteurs inutiles, mais qui mettons notre espérance en vos gi-andes miséricordes. 0 Seigneur, mettez-nous dans la ctimpagnie de vos saints apôtres et martyrs, ne prenant pas garde à ce que nous méritons, mais nous pardonnant par votre grâce, au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Pendant que le prêtre fait des signes de croix avec la sainte hostie sur et devant le calice , on dit avec lui :

U Seigneur, qui nous avez fait tant de grâces, et qui créez aujourd'hui pour nous une chose si excellente ; qui avez donné la'vie aux choses inanimées , que nous avons mises sur vos saints autels, et qui en avez fait le corps et le sang de votre Fils, que vous nous donnez, ce n'est pas à nous qu'il appartient de vous glorifier pour de tels bienfaits; mais que par le même Jésus- Christ, et avec lui et en lui, honneur et gloire vous en soit rendue en l'unité du Saint-Esprit; Par tous les siècles des siècles.

A ces dernières paroles , et en disant Omriis honor et gloria , le prêtre élève un peu le calice et la sainte hostie. C'était une cérémonie du sacrifice , d'élever la victime pour l'offrir à Dieu. On élève dans ce même esprit le corps et le sang de Notre Seigneur, qui sont notre véritable viclinie.

I Au second Per omnia, où l'on dit l'Oraison dominicale, il faut profiter de l'avertissement du prêtre qui dit : Oremus , Prions; disons la plus excellente de toutes les prières ; puisque c'est celle que le Sauveur nous a lui-même enseignée : le prêtre ajoute : .Audemus dicere , Nous osons

i dire. .\ ces mots, il faut admirer la bonté de Dieu, qui permet à des pécheurs comme nous, de l'apjieler notre Père.

0 Seigneur, pécheurs que nous sommes, assurés sur votre parole , nous osons vous appeler notre Père , et nous vous disons :

Pater noster, elc. Notre Père, etc.

PRIÈRES EGCLÉSIAStlQUES.

11 faut dire de cœur avec le prêtre , eelte divine oraison , et à la fin répondre de toute IVtendue de son affection . Sed libéra nos à malo; Délivrez-nous du mal. Puis ajouter avec le prêtre ;

Prière après le Pater. — Seigneur, nous sommes tout environnés et tout pénétrés de mal; doiivrez-nous de tous les maux passés, présents et à venir, c'est-àdire, des maux que nous nous sommes faits à nousmêmes par le péché ; des maux dont nous sommes accablés parmi les misères de cette vie, et des maux encore plus grands que nous méritons en punition de nos crimes; et, par les prières de la sainte Vierge et de tous les saints, faites régner la paix en nos jours; délivrez-nous de tout trouble ; affranchissez-nous du péché, et rendez-nous vraiment libres; Par Jésus-Christ Notre Seigneur, qui vit et règne avec vous, et le Saint- Esprit, par tous les siècles des siècles.

Au troisième Per omnia, le prêtre dit : Pax Domini siT SEMPER voBiscuM. — Quc la paix de Notre Seigneur soit toujours avec vous.

Prière au troisième Per omnia — 0 Seigneur Jésus- Christ, qui avez dit à vos saints apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, donnez-nous cette vraie paix que vous seul pouvez donner; la paix de la conscience, la paix avec vous : en nous délivrant du péché qui nous en sépare, la paix est une parfaite union avec tous nos frères. Donnez la paix à votre sainte Eglise catholique ; délivrez-la de tout schisme, de toute oppression et de tout mal.

C'est en ce temps qu'on donne la paix , un peu avant la communion. Cette cérémonie est mise a la place du saint baiser, du baiser de paix dont jtarle saint Paul , que les fidèles se donnaient mutuellement, selon la coutume du temps, en signe d'union.

On donnait donc la paix , et on la donne encore avant la communion, pour faire voir que la plus nécessaire disposition à communier c'est d'être en pais, et dans une parfaite réconciliation avec ses frères, conformément à cette parole de l'Evangile : Lorsque vou^s offrez voire présent à l'antel, s'il vous souvient que votre frère a quelque chose sur le cœur contre vous , laissez là votre présent devant l'autel , et allez vous réconcilier premièrement avec votre frère, et après vous viendrez faire votre offrande (}.lMb., v, 23, 24).

A la Communion.

Pendant que le prêtre communie , il faut faire avec lui la communion spirituelle , en se souvenant de la mort que Jésus-Christ a endurée pour nous , et désirant de participer à sa sainte taille , suivant ce qui est écrit dans le Catéchisme , leçon V de l'Instruction sur l'Eucharistie.

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