CHAPITRE XLIX
Suite où sont expliquées d'autres expressions , accommodées à l'universel.
Nous avons vu que l'universel est considéré comme supérieur ; et aussi , ce à quoi il se communique est appelé subjectum, chose qui est audessous. Ainsi, le cheval, le lion, l'homme même, sont des sujets de l'animal, dit Arislote, subjecta; et l'universel est ce qui se dit ou s'énonce de plusieurs sujets.
Mais Aristote entend le mot de sujet en deux manières. On appelle premièrement sujet « ce de >> quoi l'universel est affirmé , » comme quand on afffrme l'animal, de l'homme; et l'homme, de Pierre et de Jean : Prxdicatur de subjccto, comme parle Arislote '.
Mais ce mol se prend encore en un autre sens et il signifie « ce qui a en soi quelque accident , » tel que nous l'avons défini. Une boule est le sujet de la rondeur; roulée, elle est le sujet du mouvement, et ainsi du reste.
Ainsi , dit Aristote , c'est autre chose d'être dit et énoncé d'un sujet; autre chose d'être en un sujet. L'accident est dans un sujet , comme nous avons dit ailleurs-; les substances prises universellement ne sont pas dans un sujet, puisque ce sont des substances , mais elles sont dites d'un sujet. On dit : l'homme est animal , le cerisier est un arbre.
Le mot de « sujet » a encore autre sens. Dans une proposition, par exemple dans celle-ci : « Dieu est éternel , >> ce de quoi on assure quelque chose , par exemple « Dieu, » s'appelle « sujet; » et ce
i. Cntégor., c. 2. - 2. Cliap. xlvi ci-de5sns.
qui est assuré d'un autre, s'appelle attribut, subjectum, attribiitum ou prxdicatum. Celte explication de sujet n'est pas de ce lieu'; mais il a été bon de la mettre ici , afin qu'on voie ensemble toutes les significations de ce mot.