‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 69 sur 609 · CHAPITRE LIIL De la substance en particulier · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIIL De la substance en particulier

A la tête des catégories , Aristote met la substance comme la plus noble et le sujet de toutes les autres , et c'est là sa définition, ainsi qu'il a été dit.

Il divise la substance en substance « première, » et en substance « seconde. » La substance première, c'est Pierre, Jean, Jacques, et les autres individus qui subsistent par eux-mêmes , dans quelque espèce que ce soit. Les substances secondes sont les substances prises en général , et qui sont comme tirées par précision des substances particulières. Les substances premières ni ne sont dites d'un sujet, ni ne sont dans un sujet. Les substances secondes , c'est-à-dire celles qui sont prises généralement, ne sont pas dans un sujet, mais sont assurées d'un sujet, c'est-à-dire de leurs inférieurs. Tout cela soit dit pour entendre le langage d'Aristote et de l'Ecole.

Sous le nom de substance , sont compris , selon ce philosophe, Dieu, homme, corps, arbre, métal, et les autres choses qui, comme celles-là, subsistent par elles-mêmes , et ne sont point entendues comme étant dans un sujet.

Ce sont celles-là qui proprement doivent être exprimées par les noms substantifs. Mais la nature des abstraits et la commodité du discours a obligé à faire des noms substantifs, qui ne conviennent qu'aux accidents , tels que sont : mouvement, repos, situation, sentiment, pensée, et une infinité d'autres.

Observons donc les lois du discours commun; mais songeons que ce qui est expliqué par un nom substantif n'est pas toujours une substance.

Il faut en revenir aux idées, et ne prendre jamais pour substance que ce que l'idée nous représente comme indépendant d'un sujet.

Aristote remarque ici , que la substance ne reçoit ni plus ni moins ; un arbre n'est pas plus arbre, un métal n'est pas plus métal, un cheval n'est pas plus cheval qu'un autre : cela est vrai généralement de tout ce qui est essentiel à chaque chose, ainsi que nous l'avons remarqué'.

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