CttU'uor., c. 15. — i. Idem , c. IIK
DE LA PREMIERE OPERATION DE L'ESPRIT
gardent l'une l'autre , et qu'on regarde aussi , par cette raison, comme mises à l'opposite.
Tous les « opposés » s'excluent l'un l'autre, mais en différentes façons.
Le premier genre d'opposés est fondé sur la relation. Car les choses, par leur rapport, se regardent mutuellement, et s'excluent aussi l'une l'autre. Le double est opposé à la moitié , et la moitié au double ; le semblable est opposé au semblable qui lui répond , et l'égal à l'égal ; le père et le fils , comme tels, se regardent mutuellement, et sont mis à l'opposite l'un de l'autre.
Le second genre d'opposition est la k contra- » riété , » comme le froid est contraire au chaud , le blanc au noir, le sec à l'humide : et Aristote remarque que ce genre d'opposition ne se t-rouve que parmi les qualités , quoiqu'elle ne se trouve pas entre toutes.
Le troisième genre d'opposition est « l'habi- « tude » et « la privation. » Avoir la vue , c'est l'habitude; l'aveuglement, c'est la privation de la vue.
Le dernier genre d'opposition est appelé « op- » position contradictoire, » qui consiste en affirmation et en négation : « Cela est , cela n'est pas ; » il est sage, il n'est pas sage, » sont choses contradictoirement opposées.
La différence de la contrariété avec l'opposition privative et la contradictoire, consiste en ce que les termes des deux contraires sont positifs, par exemple, le chaud et le froid, au lieu que parmi les termes des deux autres oppositions l'un est positif, et l'autre privatif ou négatif, ainsi qu'il a été dit'.
Au reste, on regarde quelquefois comme opposées les espèces qui sont rangées sous le même genre; et, en effet, elles sont incompatibles. Etre chien , et être cheval , sont choses qui s'excluent mutuellement. Mais ces choses et autres semblables s'appellent « choses différentes, » ou choses " de divers ordres » plutôt que choses opposées.