‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 77 sur 609 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

Des termes complexes et incomplexes.

Jusqu'ici nous n'avons parlé que des termes simples , qu'on appelle aussi « incomplexes , » parce qu'ils ne contiennent qu'un seul mot, comme « Dieu , homme , arbre , » et ainsi des autres ; il n'est pas moins nécessaire d'entendre les termes complexes.

Les « termes complexes » sont plusieurs termes unis , qui , tous ensemble , ne signifient que la même chose. Comme si je dis : « Celui qui, en >) moins de six semaines, malgré la rigueur de » l'hiver, a pris Valenciennes , de force , mis ses » ennemis en déroute , et réduit à son obéissance » Cambrai et Saint-Omer, » tout cela ne signifie que Louis le Grand.

Par ces termes, je n'affirme ni ne nie rien; et ainsi cette longue suite de mots appartient à la simple appréhension.

On se sert de termes complexes, ou pour exprimer en quelque façon ce qu'on ne sait pas, ou pour expliquer plus distinctement ce qu'on sait. Ce qui fait que le fer va à l'aimant, que l'aiguille aimantée se tourne au pôle, que l'eau régale dissout l'or, et les autres expressions semblables , sont termes complexes qui servent à signifier quelque chose qu'on n'entend pas; et on en emploie souvent qui expliquent en particulier ce qu'on n'avait entendu qu'en confusion.

Parmi ces termes complexes, les uns expliquent seulement, comme ceux que nous avons vus; les les autres déterminent et restreignent , comme quand je dis : « La figure quadrilatère ou à quatre côtés , qui les a tous quatre égaux , » le mot de figure quadrilatère est restreint par les derniers mots au seul carré.

« Le roi de France qui a pris deux fois la Franche-Comté pendantl'hiver, » cela détermine la pensée à Louis XIV.

CH.APITRE LXI.

Récapitulation , et premièrement des idées. Il est bon maintenant de recueillir ce qui a été

LOGIQUE. — LIVRE PREMIER

dit, et d'en tirer les préceptes nécessaires pour la logique.

Son objet est de diriger à la connaissance de la ■ vérité les opérations de l'entendement.

11 y en a trois principales, dont la première conçoit les idées, la seconde affirme ou nie, la troisième raisonne.

Ces trois opérations de l'esprit divisent la logique en trois parties.

La première opération de l'esprit est la simple conception des idées que les termes signifient, sans rien affermir ou nier.

Ainsi cette première opération de l'esprit oblige à considérer la nature des idées et des termes.

Les idées sont les premières, et les termes ne sont établis que pour les signifier.

Il faut donc commencer par les idées.

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