DÉFINITIONS ET DIVISIONS
I. L'idée est ce qui représente à l'esprit la vérité de l'objet entendu.
II. Les idées représentent leur objet, ou comme subsistant en soi-même, comme quand on dit ; « Dieu , homme , esprit , corps , animal , plante , )i métal; » ou comme attaché et inhérent à un autre, comme quand on dit « science, vertu, figure, rondeur, mouvement, durée. »
Les premières peuvent s'appeler des idées « substantielles , » et les autres des idées « acci- » dentelles. »
III. D'ailleurs, ou ces idées représentent dans leur objet quelque chose d'intelligible de soi, comme dans l'âme, qu'elle pense ou qu'elle raisonne, et dans le corps , qu'il soit rond ou pointu ; ou ce qu'elles y représentent n'est pas intelligible de soi, comme dans l'aimant, la qualité qui lui fait attirer le fer, et dans la blanciieur, la qualité qui lui fait dissiper la vue.
Les idées qui représentent dans leur objet quelque chose de clair ou d'intelligible de soi, s'appellent claires et distinctes ; les autres s'appellent obscures ou confuses.
Il faut ici remarquer que l'idée confuse marque quelque chose de clair, mais non pas dans son objet même, comme quand on dit que l'aimant attire le fer : ce qui est clair, c'est que le fer va à l'aimant, et cela n'est pas dans l'aimant même : mais ce qui est dans l'aimant même, c'est-à-dire ce qu'il a en lui , par où le fer est disposé à s'y attacher, n'est pas clair.
IV. On peut donc donner pour axiome indubitable , que toute idée a quelque chose de clair, mais non pas toujours dans son objet ; et c'est ce qui fait la différence des idées confuses d'avec les distinctes.