‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 89 sur 609 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Divisions des propositions.

Les propositions se divisent, à raison de leurs matières, c'est-à-dire de leurs termes, en incomplexes et complexes, simples et vomposées, absolues ou conditionnées; à raison de leur étendue, en universelles et particulières; à raison de leur qualité , en affirmatives et négatives; enfin à raison de leur objet, en véritables et fausses. Voilà ce qu'il nous faudra expliquer par ordre dans ce second livre.

Les propositions incomplexes sont celles qui sont composées de termes incomplexes, comme quand on dit : La tulipe est belle , la vertu est aimable. Les propositions complexes sont celles qui ont un terme ou les deux termes complexes, comme quand on dit : Le berger qui a tué un géant par un coup de fronde , a reconnu que Dieu est le seul qui peut donner la victoire.

Les propositions simples sont celles qui n'ont qu'un sujet et un attribut, comme quand on dit : La vertu est aimable. Les propositions composées sont celles qui ont un des termes ou tous les deux doubles, comme quand on dit : La science et la vertu sont aimables ; le paresseux est lâche et imprudent; les ambitieux et les avares sont aveugles et injustes.

Les propositions composées, à proprement parler, sont deux propositions qu'on peut séparer, comme il paraîtra à quiconque y voudra seulement penser; et c'est pour cela même qu'on les appelle composées.

On voit maintenant la différence entre la première division des propositions et la seconde. Car telle proposition peut n'avoir que des termes incomplexes , qui toutefois sera composée , comme celles que nous avons données pour exemple' ; et telle autre aura des termes complexes qui , au fond, n'aura qu'un seul terme; i»arce que, selon la définition que nous avons donnée du terme complexe , il paraît qu'en plusieurs mots il ne signifie que la même chose.

Les propositions absolues et conditionnées s'entendent par elles-mêmes. On voit que la proposition conditionnée est celle où est apposée quelque condition , qui s'exprime ordinairement par le terme si : celle donc qui est affranchie et indépendante de toute condition , s'appelle absolue. Ainsi, dire : Le temps est serein, est une proposition absolue; et dire : Si le vent change, le temps sera beau, est une proposition conditionnée.

Les propositions universelles et particulières, affirmatives et négatives, véritables ou fausses, portent leur définition dans leur nom même. Mais, après avoir parlé des différents genres 'de propositions, voyons les réflexions qu'il faut faire sur chacune d'elles.

\. Yo]j. 1. I, ch. r,x, ci-dessus.

DE LA SECONDE OPÉRATION DE L'ESPRIT

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