CHAPITRE IX
Des -propositions qui se convertissent.
La conversion des propositions est la transposition qu'on fait dans leurs termes, la proposition demeurant toujours véritable.
On appelle transposition des termes, lorsque du sujet on fait l'attribut, et que de l'attribut on fait le sujet, comme quand on dit : L'homme est raisonnable, et : Le raisonnable est homme. Ces propositions s'appellent converses.
Il y a la conversion qu'.^ristote appelle parfaite, et celle qu'il appelle imparfaite'.
La parfaite est celle oii la converse garde toujours la même quantité, c'est-à-dire, quand l'universelle , malgré la conversion de ses termes ,'' demeure toujours universelle , et que la particulière demeure toujours particulière; comme quand je dis : Tout homme est animal raisonnable , tout animal raisonnable ht homme ; ou : Quelque homme est juste, quelque juste est homme ; celle conversion est appelée dans l'Ecole conversion simple.
L'imparfaite est celle où la converse ne garde pas la même quantité; comme quand je dis : Tout homme est animal; quelque animal est homme : cette conversion est appelée dans l'Ecole conversion par accident.
Cela posé, il est certain que, pour faire une conversion parfaite , il faut que les termes soient absolument de même étendue ; comme , par exemple, homme et animal raisonnable; car alors ils conviennent et cadrent, pour ainsi dire, si parfaitement , qu'on les peut convertir sans que la vérité soit blessée ; à peu près comme deux pièces de bois parfaitement égales , qu'on peut mettre dans un bâtiment à la place l'une de l'autre , sans que la structure en souffre.
Mais les termes peuvent être considérés comme égaux, ou en eux-mêmes, ou en tant qu'ils sont dans la proposition : comme, par exemple : homme el animal raisonnable, sont égaux d'eux-mêmes, et ne s'étendent pas plus l'un que l'autre; mais dans la proposition : Tout homme est animal raisonnable, ils ne le sont plus; parce que, ainsi que