‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 102 sur 545 · I. A, -t. xxwi. — i. Pag. 259. — 3. Pag · texte numérisé non relu

I. A, -t. xxwi. — i. Pag. 259. — 3. Pag

tons de l'état où l'auteur nous avait mis ; et le sens des paroles de Notre Seigneur n'est plus seulement et uniquement ce que nous avons à considérer.

}^lais qu'il est difficile à l'esprit humain de se captiver entièrement sous l'obéissance de la foi I Ceux qui disent que ce mystère passe en sa hauteur toute la mesure du sens humain , veulent néanmoins nous assujélir à résoudre les difflcultés que le sens humain nous propose. Notre auteur, qui donne pour règle , que nous avons à considérer seulement et unicjuement le sens des paroles de Jésus-Christ , abandonne dans l'application , ce qu'il a posé en général , et rend une règle nécessaire , absolument inutile.

Une si étrange contradiction se peut remarquer en moins de deux pages. Il approuve ce que j'avais dit, que pour entendre les paroles de Notre Seigneur, nous n'avions à considérer que son intention. « C'est, dit-il', un bon principe, pourvu qu'il soit » bien prouvé; car Jésus-Christ peut tout ce qu'il » veut, et tout ce qu'il veut se fait comme il veut. » Il semble , selon ces paroles , que nous sommes tout à fait délivrés des raisonnements humains sur la possibilité du mystère dont il s'agit. Mais il ne faut que tourner la page , nous nous trouverons rengagés plus que jamais dans ces dangereuses subtilités. « Il ne s'agit pas, dit-il ^, si Dieu peut la » chose; mais si la chose est possible en elle-même, » ou si elle n'implique pas contradiction. » Si après nous être appliqués à connaître la volonté de Dieu par sa parole sur l'accomplissement de quelque mystère, par exemple, sur celui du Verbe incarné, il nous faut encore essuyer une discussion de métaphysique sur la possibilité de la chose en ellemême, c'est justement ce que demandent les sociniens. Et certes, il ne sufllt pas de se plaindre, comme fait l'auteur, que l'on compare ceux de son parti à ces hérétiques. Il ferait bien mieux de considérer, s'il ne favorise pas, sans y penser, leurs erreurs, et s'il ne les aide pas à introduire la raison humaine dans les questions de la foi. En effet, que prétend l'auteur, lorsqu'il veut que dans les mystères de la religion on vienne à examiner si la chose est possible en elle-même, ou si elle n'implique pas contradiction? Faudra-t-il que le chrétien, après qu'il a recherché dans les Ecritures ce qui nous y est enseigné sur la personne de Notre Seigneur, s'il trouve que cette Ecriture nous fait entendre qu'il est Dieu et homme , tienne toutefois ce sens en suspens jusqu'à ce qu'en examinant si la chose est possible en elle-même, il ait trouvé le moyen de contenter sa raison humaine? C'est donner gain de cause aux sociniens, et renverser manifestement l'autorité de l'Ecriture. Il faut donc savoir établir la foi par des principes plus fermes , et apprendre au chrétien qu'il trouve tout ensemble par un seul et même moyen, et la possibilité et l'effet, quand il montre dans l'Ecriture ce que Dieu veut, et ce qu'il dit. Ainsi le sens de cette écriture doit être fixé immuablement, sans avoir égard aux raisons que l'esprit humain peut imaginer sur la possibilité de la chose. On pourra entrer après, si l'on veut, dans cette discussion; et une telle discussion sera regardée peut-être comme un honnête exercice de l'esprit

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