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SUR L'EUCHARISTIE
humain. Mais cependant la foi des mystères, et l'inteliigcnce de l'Ecriture, sera èlablie indépendamment de cette recherche.
Ce principe fait voir clairement que tout ce (|ue l'esprit humain peut imaginer sur l'iinpossibililé du mystère de la Trinité , ou sur celui de l'Incarnation, ou sur la jirésence réelle, ne doit pas même être écouté, quand il s'agit d'établir la foi : si nous sommes solidement chrétiens, tout cela n'aura aucun poids, pour nous porter à un sens ])lulot qu'à un autre, ni au ligure plutôt qu'au lilléral. Et il faut uni(puunenl considérer à quoi nous portera l'Ecriture même.
Cependant quoique notre auteur convienne avec nous de ce principe, et que lui-môme nous donne pour règle que nous avons à considérer seMÎernent et uniquement le sens des paroles de Jésus-Christ, il ne craint pas toutefois d'embarrasser son esprit de cette discussion, si la chose est possible en ellemême; et ensuite il fait valoir contre nous tous les arguments de philosophie qu'on oppose à notre croyance. Tant il est vrai que le sens humain nous entraine insensiblement à ses pensées, et alTaiblit dans l'application, les principes dont la vérité nous avait touchés d'abord.
En effet, l'auteur s'était proposé de nous expliquer les raisons qui le déterminent au sens figuré, et il les voulait trouver dans l'Ecriture. « Qu'y » a-t-il de plus naturel et de plus raisonnable, dit- » il', que d'entendre l'Ecriture sainte par elle- » même? » Il rapporte après, entre autres passages, ceux qui disent que Jésus-Christ est monté aux cieux; et enfin il conclut ainsi ^ : « Il est donc natu- » rel de prendre ces paroles. Ceci est mon corps, » dans un sens mystique et figuré , qui s'accom- » mode seul parfaitement avec tous les autres pas- » sages de l'Ecriture. » Mais il n'a pas voulu remarquer que ces passages ne concluraient rien contre nous, s'il n'y avait mêlé, pour les soutenir, cette raison purement humaine. « Etre au ciel cor- )i porellement, et sur la terre par représentation, » ne sont pas, dit-iP, deux sens opposés; mais » n'être plus avec nous, ou être corporellement » dans le ciel, et ne laisser pas d'être à toute heure » entre les mains des hommes, sont deux termes » contradictoires et incompatibles. » On voit que, pour tirer quelque chose des passages de l'Ecriture, qui disent que Jésus-Christ est au ciel , il est obligé (le supposer qu'il n'est pas possible à Dieu de faire qu'un même corps soit en même temps en divers lieux. C'est ce que ni lui ni les siens n'ont pas même prétendu prouver par aucun passage de l'Ecriture : c'est donc une opposition qui nait purement de l'esprit humain, à qui ils nous avaient promis d'imposer silence.
Tel est le procédé ordinaire des prétendus réformés. Ils nous promettent toujours d'expliquer l'Ecriture par l'Ecriture, et d'exclure par cette méthode le sens littéral que nous embrassons : mais on voit, dans l'exécution, que le raisomiement humain prévaut toujours dans leur esprit : et on peut voir aisément que l'altacbement invincible qu'ils y ont les porte insensiblement au sens ligure.
En elTet, nous voyons sans cesse revenir ces raisons humaines. L'auteur avait exposé les raisons