P<i3. 175. — 2. Pag. 176. — .■?. Idem
tirées de la nature des sacrements et du style de l'Ecriture. Ces raisons suffisent, dit-il'. Et ce sont certainement les seules qu'il faut apporter, parce que ce sont les seules qui semblent tirées des principes du christianisme. Mais quoique nos adversaires diseiU que ces preuves suffisent, il faut bien qu'ils ne se fient pas tout à fait à de telles ])reuves , qu'il nous est aisé de détruire , puisqu'ils y joignent aussitôt, pour les soutenir, des arguments de philosophie. « On pourrait ajouter ici, dit notre auteur^, » plusieurs autres raisons du fond, pour montrer » que le dogme de la présence réelle n'est pas seu- » lement au-dessus de la raison, comme les mys- » tères de la Trinité et de l'Incarnation, mais direc- » tement contre la raison. » Il est vrai qu'il n'étend pas ces raisonnements, pour ?ie pas entrer trop avant dans la question, comme il dit lui-même. Il montre toutefois l'élat qu'il en fait , lorsqu'il les appelle les raisons du fond. Mais voyons à quoi elles tendent. Est-ce que toutes les fois que quelqu'un objectera qu'un point de la foi n'est pas seulement au-dessus de la raison , mais directement contre la raison , il faudra entrer avec lui dans cet examen? Si cela est, les sociniens ont gagné leur cause; nous ne pouvons plus empêcher que ces dangereux hérétiques ne réduisent les questions de la foi à des subtilités de philosophie, et qu'ils n'en fassent dépendre l'explication de l'Ecriture. Car ils prétendent que la Trinité et l'Incarnation ne sont pas seulement au-dessus de la raison, mais directement contre la raison. Ils ont tort, direz-vous, de le prétendre. Ils ont tort, je l'avoue; mais il faut connaître tout le tort qu'ils ont. Car ils ont tort même de prétendre que de tels raisonnements puissent être admis, ou seulement écoutés, lorsqu'il s'agit de la foi et de l'intelligence de l'Ecriture.
Quoi que les hérétiques puissent jamais dire, et de quelques raisons qu'ils se vantent, le fidèle n'aura jamais autre chose à faire, selon vos propres principes , qu'à considérer seulement et uniquement le sens de ce que Dieu dit. Donc les raisonnements humains ne seront pas même écoutés; et vous faites triompher les sociniens si vous les introduisez par quelque endroit dans les questions de la foi.
Vous le faites néanmoins. Vous appelez ces raisons les raisons du fond , tant elles vous paraissent considérables : mais elles sont du fond de la philosophie, et non du fond du christianisme; du fond du sens humain, et non du fond de la religion. S'il faut écouter de telles raisons dans la matière de l'Eucharistie, on ne peut plus les bannir d'aucun autre endroit de la religion : et nous verrons régner partout la raison humaine.
V. Conséquences de ce discours : le premier principe qu'il faut poser pour entendre l'Ecriture sainte, c'est qu'il n'y a rien qu'il ne faille croire quand Dieu a parle'. — Il résulte de ce discours, que le premier principe qu'il faut poser pour entendre l'Ecriture, c'est qu'il n'y arien qu'il no faille croire quand Dieu a parlé : de sorte qu'il ne faut pas mesurer à nos conceptions le sens de ses paroles, non plus que ses conseils à nos pensées, ni les effets de son pouvoir à nos expériences. Ainsi nous lirons l'institution de l'Eucharistie avec cette préparation,