S. — 5. Idem
SUR L'EUCHARISTIE
que si l'ordre des conseils de Dieu et les desseins de son amour envers les liommes demandent que le Fils nous donne son propre corps, sans y changer autre chose que la manière ordinaire connue de nos sens, nous écouterons uniquement ce que Dieu dit; et loin de forcer les paroles de l'Ecriture sainte pour l'accommodera notre raison, et au peu que nous connaissons de la nature, nous croirons plutôt que le Fils de Dieu forcera par sa puissance infinie , toutes les lois de la nature, pour vérifier ses paroles dans leur intelligence la plus naturelle
VI. Application de ce principe au mystère de l'Eucharistie. — Et pour entrer dans nos senliments sur le mystère de l'Eucharistie , il ne faut que demeurer ferme dans les maximes que nous avons déjà posées : c'est que nous n'avons point à nous mettre en peine de la possibilité de la chose, ni de toutes les difficultés qui embarrassent la raison humaine, et que nous n'avons à considérer que la volonté de Jésus-Christ.
Nous devons supposer, selon ce principe, « qu'il » ne lui a pas été plus difficile, comme il a été dit » dans l'Exposition', de faire que son corps fut » présent dans l'Eucharistie, en disant : Ceci est » 7non corps, que de faire qu'une femme soit déli- » vrée de sa maladie, en disant : Femme, tu es » déiirrée de ta maladie; ou de faire que la vie soit » conservée à un jeune homme , en disant à son 1) père : Ton fils est vivant; ou de faire que les pé- » chés du paralytique lui soient remis, en lui di- » sant : Tes péchés te sont remis. »
Il faut donc déjà qu'on nous avoue que, si le Fils de Dieu a voulu que son corps fut présent dans l'Eucharistie, il l'a pu faire, en disant ces paroles : Ceci est mon corps. L'auteur de \sl Réponse ne me conteste cetle vérité en aucun endroit de son livre; il demande seulement qu'on lui fasse voir l'intention de Notre Seigneur^. Il est juste de le satisfaire; et la chose ne sera pas malaisée, si on reprend ce que j'ai dit dans l'Exposition.
VII. Intention de Jésus-Christ dans l'institution de l'Eucharistie. La loi des sacrifices. — J'ai demandé seulement qu'on nous accordât que lorsque le Fils de Dieu a dit ces paroles : Prenez, mangez, ceci est mon corps donné pour vous , il a eu dessein d'accomplir ce qui nous était figuré dans les anciens sacrifices, oii les Juifs mangeaient la victime, en témoignage qu'ils participaient àl'ublalion, et que c'était pour eux qu'elle était otTerte.
Je ne répéterai pas ce que je pense avoir expliqué très-nettement ddLtts V Exposition ; mais je dirai seulement que c'est une vérité qui n'est pas contestée , que les Juifs mangeaient les victimes dans le dessein de participer au sacrifice, selon ce que dit saint Paul ; Considérez ceux qui sont Israélites selon la chair : celui qui mange les victimes n'est-il pas participant de l'autel^^ Toute la question est donc, de savoir s'il est vrai que Notre Seigneur ait eu dessein d'accomplir dans l'Eucharistie celte figure ancienne , et comment il l'a accomplie. Sur cela notre auteur nous répond deux choses; il nie en premier lieu que Notre Seigneur ait eu dessein d'accomplir cette figure, quand il a dit : Ceci est mon corps ; il dit secondement qu'en tout cas, elle s'accomplit par une manducation spirituelle.