Exposil . , art . x. — 2. Pag. 179. — 3. T. Cor., x. IS
La première de ces réponses est insoutenable; et il ne faut qu'écouter les raisonnements de l'auteur, pour en découvrir la faiblesse. Il me reproche' « qu'au lieu de raisons, je donne des comparaisons » ou des rapports et des convenances; comme si » l'on ne savait pas , poursuit-il , que les comparai- » sons et les exemples peuvent bien éclaircir les » choses prouvées, mais qu'elles ne prouvent pas. »
Je ne sais pourquoi il n'a pas compris qu'en parlant des sacrifices anciens, je ne lui apporte pas de simples comparaisons , mais des figures mystérieuses de la loi, dont Jésus-Christ, qui en est la fin , nous devait l'accomplissement. Il ne peut désavouer que Notre Seigneur ne soit figuré par ces anciennes victimes , et ne dût être immolé comme elles. Mais il croit dire quelque chose de considérable, quand il ajoute, <i qu'il ne faut pas presser » ces sortes de rapports au delà de ce qui est mar- » que dans les Ecritures, pour en faire des dogmes » de foi^. t Je conviens de ce principe, et j'avoue qu'il n'est pas permis d'établir la foi sur des convenances imaginaires, qui ne seraient pas appuyées sur les Ecritures. Mais ne veut-il pas ouvrir les yeux pour voir que ce n'est pas moi qui ai fait le rapport dont il s'agit? Il est clairement dans la chose môme, il est dans les paroles de Noire Seigneur : Prenez, mangez, ceci est mon corps donné pour vous; et il n'est pas moins clair que nous devons manger notre victime, qu'il est vrai qu'elle a été immolée. C'est pour cela que Notre Seigneur a prononcé ces paroles : Prenez, mangez, ceci est mon corps donné pour vous. Il ordonne lui-même que nous le mangions comme ayant été immolé , et donné pour nous : et on est réduit à une étrange extrémité, quand il faut pour se soutenir, nier une vérité si constante
VIII. Abus que l'anonyme fait de cette parole de Jésus-Christ mourant : Tout est consommé. — Mais certainement il n'est pas juste de faire dire tout ce qu'on veut à l'Ecriture; et il est bon de remarquer, à l'occasion d'un passage dont les prétendus réformés abusent si visiblement, la manière peu sérieuse avec laquelle ils appliquent l'Ecriture sainte dans les matières de foi.
Je demande à l'anonyme quel usage il prétend faire de cette parole de Jésus-Christ mourant. Veutil dire qu'à cause que le Fils de Dieu a dit à la croix. Tout est consommé, tout ce qui se fait hors de la croix ne sert de rien à l'accomplissement de ses mystères; de sorte que c'est en vain que nous recherchons à la sainte table quelque partie de cet accomplissement? Il n'y a personne qui ne voie combien cette prétention serait ridicule.
Est-ce donc qu'il n'y a plus aucune partie du mystère de Jésus-Christ, qui doive s'accomplir après sa mort? Quoi! ce qui avait été prédit de sa résurrection ne devait-il pas avoir sa fin, comme ce qui avait été prédit de sa croix? Notre pontife ne devait-il pas entrer au ciel après son sacrifice , comme le pontife de la loi entrait dans le sanctuaire après le sien ? Et l'accomplissement de cette excellente figure, que saint Paul nous a si bien expliquée, ne regardait-il pas la perfection du sacrifice de Jésus- Christ?
Il se faut donc bien garder d'entendre que toutes