‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 107 sur 545 · P.ig. ISl. — 2. Pag · texte numérisé non relu

P.ig. ISl. — 2. Pag

SUR L'EUCHARISTIE

les prédictions, toutes les figures anciennes, en un mot tous les mystères tic Jésus-Clirist soient accomplis précisément par sa mort. Aussi les paroles de Notre Seigneur ont-elles un aulre objet; et lorsqu'un moment avant que de rendre l'âme il a dit, Tout est consommé, c'est de même que s'il eut dit, tout ce que j'avais à faire en cette vie mortelle est accompli , il est temps que je meure.

Il n'y a qu'à lire le saint Evangile pour y découvrir ce sens. Jésus sachant, dit l'Evangiie, que toutes choses étaient accomplies, afin que l'Ecriture fût accomplie, dit : J'ai soif. Il vit qu'il fallait encore accomplir celte prédiction du Psalmiste : Ils m'ont présenté du fiel pour ma nourriture, et ils m'ont donné du rinaif/re à boire dans ma soif^. Apres donc qu'on lui eût présenté ce breuvage amer, qui devait être le dernier supplice de sa passion, et qu'il en eût goûté pour accomplir la prophétie ; saint Jean remarque qu'il dit , Tout est consommé, et qu'ayant baissé la tête, il rendit l'esjjrit^. C'est-à-dire manifestement, qu'il avait mis fln à tout ce qu'il devait accomplir dans le cours de sa vie mortelle, et qu'il n'y avait plus rien désormais qui dût l'empêcher de rendre à Dieu son âme sainte; ce qu'il lit en effet au même moment, comme saint Jean le rapporte : Il dit : Tout est consommé, et ayant baissé la tête, il rendit l'esprit.

On voit donc que cette parole ne doit pas être restreinte en particulier aux ligures qui représentent son sacrifice; mais qu'elle s'étend aux autres choses qui regardent sa personne; et que l'intention de Notre Seigneur n'est pas de nous dire qu'il accomplit tout par sa mort, mais plutôt de nous faire entendre que tout ce qu'il avait à faire en ce monde, étant accompli, il était temps qu'il mourût.

On voit par là un fils très-obéissant et très-fidèle à son père , qui , ayant considéré avec attention tout ce qu'il lui a prescrit pour cette vie dans les Ecritures , l'accomplit de point en point , et ne veut pas survivre un moment à l'entière exécution de ses volontés'.

Que si toutefois on veut nécessairement que cette parole : Tout est consommé, regarde l'accomplissement des sacrifices anciens; nous n'empêcherons pas qu'on ne dise que Jésus-Christ y a mis lin par sa mort , et qu'il sera désormais la seule victime agréable à Dieu : mais qu'on ne pense pas pour cela se servir de ce qu'il a accompli à la croix, pour détruire ce qu'il accomplit à la sainte table. Là il a voulu être immolé, ici il lui a plu d'être reçu d'une manière merveilleuse; là il accomplit l'immolation des victimes anciennes , ici il en accomplit la inanducation.

Aussi faut-il à la fin, reconnaître cette vérité. Nos adversaires ne peuvent nier qu'il ne faille manger notre victime; et ils croient avoir satisfait à cette obligation, en disant qu'ils la mangent par la foi. C'est leur seconde réponse où ils sont , s'il se peut , encore plus mal fondés que dans la première. Mais écoutons sur quoi ils s'apimient. Bioi loin, dit l'auteur de la Réponse'^, qu'il faille en-

1. Joan., XIX. 28. — 2. Ps., Lxviii. 22. — 3. Joan., xix. 30.

■1. T.Mlustre auteur avait écrit en marge : Faire voir la vérité <'unstanto des preuves par Tabsurdité des réponses, plutôt <^ue de suivre k's preuves dans toute leur êlenduo. iEdit. d- Ocforts.)

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