‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 110 sur 545 · Pag. 22f>. - 2. Pa.7. 2U. — :!. An. \\i\. — i. Pa<j. -M · texte numérisé non relu

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SUR L'EUCHARISTIE

ii:

plaît, ce que c'est qu'une réelle communication de la propre suijslance du corps et du sang, sans la présence réelle de l'un et de l'autre.

Il croit avoir développé tout cet embarras, lorsqu'il dit dans son avertissement ' qu'il y a grande différence entre « participation ou communion réelle, » et présence réelle; parce que l'un donne lieu de » supposer qu'il faut que le corps de Jésus-Christ ; descende du ciel dans le sacrement, pour y être » réellement présent; et nous disons seulement, » que par la foi nous élevons nos cœurs au ciel, où » il est; et que c'est ainsi que nous participons à i> Jésus-Christ très-réellemeat, mais spirituellement. »

III. Quoique l'union avec Jésus-Christ se trouve et dans la prédication et dans le baptême; et que la vertu de son corps et de son sang nous vivifie dans l'un et dans l'autre : les prétendus réformés n'ont jamais osé dire que ces actions communiquassent la propre substance du corps et du sang de Jésus- Christ , comme ils le disent de l'Eucharistie. Réponses absurdes de l'anonyme à cette difficulté. — Il fallait venir sans tant ne discours à ce qui fait la difliculté. Pour expliquer que 7ios cœurs s'élèvent au ciel par la foi, et s'utiissent à Jésus-Christ par affection , est-il nécessaire de dire que nous recevons réellement la substance de son corps et de son sang? Joignez-y, si vous voulez, que l'Esprit de Jésus-Christ habite en nous, que sa justice nous est imputée, que nous lui sommes unis en esprit j et par la foi , et que nous sommes vivifiés par la i vertu de son corps et de son sang : nous avons montré clairement que tout cela ne fera jamais qu'il faille dire avec tant de force, que nous en recevons réellement la propre substance : et ce qui le prouve : invinciblement, c'est qu'encore que cette union spi- I rituelle avec Jésus-Christ se trouve, par le propre aveu des prétendus réformés, et dans la prédication, et dans le baptême; encore que la vertu du corps immolé et du sang répandu pour nous nous vivifie dans l'un et dans l'autre, ils n'ont jamais osé dire dans leur Catéchisme, ni dans leur Confession de foi, que ni la prédication, ni le Baptême, ni enfin aucune action faite hors de la Cène, nous communiquassent la propre substance du corps et du sang de Jésus-Christ, comme ils le disent perpétuellement de l'Eucharistie.

J'ai proposé cette difficulté dans VExposiiion; et la réponse qu'y fait notre auteur se réduit à trois chefs.

Il dit premièrement que le Baptême, la prédication et l'Eucharistie ont le même effet, et nous communiquent aussi réellement l'un que l'autre la substance du corps et du sang de notre Seigneur-; secondement que ce même elîet est exprimé en divers termes, et représenté sous diverses formes; par exemple « le Baptême, dit-il ^, ne nous applique ou communique le sang de Jésus-Christ, que par forme de lavement ; au lieu que l'Eucharistie nous communique son corps et son sang, par forme de nourriture et de breuvage. » Enfin il runclut de là, que si l'on dit de l'Eucharistie, plutôt que de la prédication et du Baptême, qu'elle nous donne la substance du corps et du sang de Jésus-Christ, ce n'est pas qu'en effet cela lui con-

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