‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 111 sur 545 · Pug. 15. — 2. Par/. 233, ï31, 237, 23S. — 3. Png · texte numérisé non relu

Pug. 15. — 2. Par/. 233, ï31, 237, 23S. — 3. Png

vienne plutôt qu'aux deux autres; mais c'est à cause que cette façon de parler convient mieux au dessein qu'a eu Notre Seigneur de se donner à nous dans l'Eucharistie en qualité d'aliment , par forme de nourriture , et de nous y représenter son union intime avec nous '.

Je suis assuré que si l'anonyme avait entrepris lui-même d'expliquer son sentiment en peu de paroles, il ne le ferait pas plus sincèrement, ni de meilleure foi que je viens de faire. Mais pour ne lui rien ôter, il faut ajouter encore les exemples dont il se sert. Ils me serviront aussi à lui faire connaître son erreur, si peu qu'il veuille ouvrir les yeux. Et c'est pourquoi je m'attacherai à les rapporter en ses propres termes. Voici donc ce qu'il écrit- : « Notre Catéchisme ne dit pas que Jésus- » Christ nous fasse renaître spirituellement dans la » Cène, ou qu'il nous nettoie de nos péchés, comme » il le dit du Baptême , ni que la foi soit de la Cène, » comme il est dit que la foi est de l'ou'ie, et que » rou'ie est de la parole; parce que la Cène n'est » pas instituée pour nous représenter notre union » avec Jésus-Christ sous cette idée, mais pour nous » la représenter sous l'idée d'une union subslan- » tielle, comme celle de la nourriture. De même si » le Catéchisme ne dit pas que nous sommes faits » participants de la substance de Jésus-Christ dans » le Baptême, ou dans la prédication de l'Evangile, » comme il le dit de la Gène; ce n'est pas que dans » ces actes-là nous ne soyons très-réellement unis à » Jésus-Christ, ou que Jésus-Christ n'y nourrisse •> spirituellement nos âmes de sa substance, de » même que dans la Cène; et M. de Condom n'ose- » rait dire le contraire ; mais c'est qu'encore que » ces divers moyens produisent au fond le même 1) effet , les mêmes expressions ne conviennent pas » également à l'un et à l'autre; parce que l'eau du » Baptême et le son de la parole ne sont pas si pro- » près que les symboles du pain et du vin, pour » nous représenter tant la nourriture spirituelle de » nos âmes, que l'union intime qui se fait de nous » avec Jésus-Christ »

Il veut dire, si je ne me trompe, que lorsqu'on exprime les choses par de certaines ressemblances, il faut suivre la comparaison ou la figure qu'on a commencée. L'Eglise est représentée comme un filet où il se prend toutes sortes de poissons, ou comme un champ où on sème de toutes sortes de grains. Ces deux ligures ne signifient que la même chose. Mais il ne faut pas dire pour cela qu'on sème dans ce filet, ni qu'on prend des poissons dans ce champ, parce qu'il faut suivre l'idée qu'on a prise : j'en suis d'accord; mais je ne vois pas que cela explique la difficulté dont il s'agit. Laver et nourrir les âmes, ne marque, selon l'anonyme, en Jésus- Christ que la même vertu, et dans les âmes que le même effet. Quand cela serait véritable , il pourrait conclure, tout au plus, qu'il ne faudrait pas dire ijue Jésus-Christ nous nourrit, quand on le représente par forme de lavement , ou qu'il nous lave , quand on le regarde comme viande. Mais ce n'est pas là notre question. Il s'agit de la substance du corps et du sang de Jésus-Christ. L'anonyme a entrepris de nous expliquer pourquoi on dit parmi les siens, dans son Catéchisme, qu'elle nous est communi-

Page 1