Pat/. 234. 2,3S. —2. Paff
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si:ii r.'KrciiAr.isTiK.
quéc dans la Cèno, cl (|u'uii ne dit jias qu'elle nous est communiquée au Baptême. Certainement l'idée de substance ne répugne pas plus ;\ l'action de laver, (ju'à l'action de nourrir : on ne nous applique pas moins la substance de l'eau pour nous laver, qu'on nous donne la substance du pain et du vin pour nous rcpailrc; et s'il n'y avait à considérer que ce qu'allègue l'anonyme, les auteurs de son Caléciiisme pouvaient dire aussi proprement, que Jésus- Christ nous lave dans le Baptême de la substance de son sang , qu'ils ont dit qu'il nous nourrit à la Cène de la substance de son corps. Mais je veux bien ne m'arrèter pas à une raison si claire; et il faut que je lui découvre son erreur jiar une considération qui va plus au fond.
Il se trompe assuréujent, quand il pense que les expressions dilTérentes qu'il rapporte , dans le passage que nous venons de produire, ne signiOent au fond que le même eiïel. Chacune de ces expressions marque dans la chose môme des effets particuliers. Et pour repasser en peu de mots sur tous les exemples que l'anonyme nous allègue; on dit que le Baptême nous nettoie , parce qu'il efface le péché que nous apportons en naissant; et on dit ensuite qu'il nous fait renaître, parce que nous y passons de mort à vie , c'est-à-dire, de l'état de péché, où nous étions nés , à l'état de sainteté et de grâce. C'est ce qu'on ne peut dire de l'Eucharistie, qui doit nous trouver déjà nettoyés du péché de notre origine. Car il faut être lavé pour approcher de cette table; et ce pain céleste, qui nous est donné pour entretenir en nous une vie nouvelle , suppose que nous l'avons déjà reçue. De même quand nous disons avec saint Paul, que la foi tient de l'ou'ie; nous exprimons par ces termes, l'effet particulier de la prédication. C'est elle qui nous propose ce qu'il faut croire. Car comment croiront-ils , dit le même apôtre', s'ils n'ont ouï auparavant; et comment entendront-ils, s'ils n'ont quelqu'un qui les prêche? C'est de là que saint Paul conclut, que la foi vient par l'ouïe; et on voit qu'elle est en effet le propre effet de l'instruction.
Il n'y a donc rien de merveilleux en ce que notre auteur observe, que les auteurs de son Catéchisme ne disent pas que la Cène nous nettoie ou nous régénère, ni que la foi soit de la Cène. C'est que la Cène elïectivemenl ne remet pas le péché de notre origine; et qu'on ne peut dire, sans tomber dans une erreur très-absurde, que la foi vienne de la Cène; puisque la Cène elle-même ne serait pas crue, ni son mystère entendu, si l'instruction de la parole n'avait précédé.
Ainsi on voit clairement, quoi que l'anonyme ait voulu dire, que ces façons de parler, qui sont pnvticulièremenl affectées , et pour ainsi dire , consacrées aux divers actes du chrétien , ne doivent pas être prises seulement comme des phrases diverses qui ne nous proposeraient qu'un même effet. Au contraire, à chaque parole répond dans la chose même un eff'et parliculier, qui en marque le propre caractère , et si on attribue cet effet aux autres actes de la religion, on en détruit la céleste économie.
Pour appliquer mainlenanlà l'Eucharistie ce que nous venons de dire; quand les prétendus réforma-