‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 113 sur 545 · liom-, ^. U. I · texte numérisé non relu

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leurs ont jiroposé dans leur Catéchisme ou dans leurs Confessions de foi, ce qui regarde la Cène, sans doute, ils ont voulu en donner une connaissance distincte, et ils ont dû en marquer le caractère particulier. Or ce caractère i)arliculier qu'ils nous ont marqué, c'est que Jésus-Christ nous y donne la propre substance de son corps et de son sang : et nous voyons en effet qu'ils n'ont rien attribué de semblable au Baptême et à la parole , b' aux autres actes de la religion. Ainsi notre auteur détruit leur dessein, lorsqu'il répand généralement dans toutes les autres actions, ce que les auteurs de son Catéchisme ont choisi comme l'effet particulier et le propre caractère de la Cène.

Mais c'est qu'il ne veut pas concevoir par quelle suite de vérités ils ont été conduits à ce sentiment. Ils ont vu que Jésus-Christ a dit : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Ils sont d'accord qu'il n'a pas voulu nous donner un simple signe, mais un signe accompagné de la chose. Il est assuré d'ailleurs qu'il n'a prononcé qu'une fois cette parole, et qu'elle ne regarde que l'Eucharistie; sans doute en l'instituant , il nous aura exprimé ce qu'elle a de particulier, el quel est le don spécial qu'il a eu dessein de nous y faire. Ce don , c'est son corps et son sang, que nous devons par conséquent recevoir en vérité dans la Cène , d'une manière qui ne convienne à aucune autre action. Or est-il que la vertu et l'efficace du corps et du sang se déploie dans toutes les autres : il n'y a donc plus que la chose même et la substance propre du corps et du sang, qui puisse être réservée à l'Eucharistie.

Ces vérités incontestables font une impression secrète dans les esprits; el quoique le sens humain, qui ne peut comprendre les œuvres de Dieu , ait empêché les prétendus réformateurs de les embrasser pleinement dans toute leur suite, ils n'ont pu s'en éloigner tout à fait. C'est pounjuoi ils ont voulu nous faire trouver dans la Cène la substance du corps el du sang, qu'ils n'osent attribuer, ni à la prédication, ni au Baptême, ni à aucune autre action.

IV. La force de la vérité' a poussé les prétendus réformés, contre leur dessein, à se servir d'expressions qui favorisent la présence réelle. Quel a été leur véritable motif en conservant ces e.rpressions. — Il parait, par toutes ces choses, combien j'ai eu raison de dire que la force de la vérité les a poussés, contre leur dessein, à dire des choses qui favorisent la présence réelle , puisqu'elles n'ont de sens qu'en la supposant. Mais on en sera encore plus convaincu, ijuand on aura pénétré ce que l'anonyme dit pour sa défense.

Pour nous expliquer par quelles raisons ces grands mots de propre substance du corps et du sang sont demeurés en usage dans la rôforniation prétendue; il représente premièrement que <t l'E- » crilure ne se sert jamais de ce terme de subs- » tance sur le sujet de l'Eucharistie'. » J'en suis d'accord.

Il dit en second lieu, que « les premiers Pères » de l'Eglise ne s'en sont pas servis non plus^. » De là il conclut que « les auteurs de son Caté- » chisme , n'ont pas été obligés à employer ces » expressions, pour se conformer à l'Ecriture et

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