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qu'ils n'avaient fait dans celle d'Augsbourg. Ils disent que Je'sus-Christ e.H vraiment et substantiellement présent dans la communion; et on trouve encore ces expressions presque à toutes les pages du livre qu'ils ont appelé Concorde, qu'ils ont publié d'un commun accord, pour expliquer à toute la terre la foi que confessent toutes leurs Eglises.
On voit donc manifestement que c'est le dessein d'expliquer la réalité sans embarras et sans équivoque , qui a fait qu'on a tant appuyé sur la substance du corps et du sang, et qui a donné un si grand cours à cette expression dans les derniers temps; auxquels néanmoins notre auteur avoue que leurs premiers réformateurs ont trouvé nécessaire de s'accommoder dans leur Confession de foi , et dans leur Catéchisme.
Ils ne voudraient pas que nous crussions qu'ils l'ont fait par pure complaisance pour les luthériens, et encore moins pour les amuser par des exprès sions semblables à celles dont ils se servaient. Car qu'y aurait-il de plus détestable qu'une Confession de foi et un Catéchisme qui seraient faits sur de tels principes? Ainsi la vérité est, que pressés par les arguments des catholiques et des luthériens, ou plutôt pressés, quoi qu'ils disent, par la force des paroles de Notre Seigneur; ils n'ont pu s'éloigner tout à fait du sens littéral, ni détruire la réalité, sans en conserver quelque idée.
Cela veut dire en un mot, que ces belles et ingénieuses comparaisons du soleil et des astres, quoiqu'ils les aient toujours à la bouche en cette matière, ne les ont pas contentés eux-mèmeâ, et ne leur ont pas paru suffisantes, pour expliquer la manière dont Jésus-Christ se donne à nous dans l'Eucharistie. Les chrétiens y veulent recevoir le corps et le sang de leur Sauveur, autrement qu'ils ne reçoivent les astres et le soleil. Les paroles de Jésus-Christ et la tradition de tous les siècles ont fait dans leurs esprits des impressions plus fortes , et les ont accoutumés à quelque chose de plus réel. Ils s'attendent à recevoir plus que des rayons et des infiuences. Ainsi ce n'est pas assez de leur parler de la figure, ni même de la vertu du corps et du sang; il a fallu nécessairement leur en proposer la substance même.
C'est pourquoi les écrivains de messieurs de la religion prétendue réformée, ne craignent rien tant que de laisser apercevoir à leurs peuples , que la manière dont les catholiques et les luthériens croient recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, soit plus réelle que la leur : ils tâchent au contraire, de leur faire croire que leur dispute avec les luthériens, sur le point de l'Eucharistie, ne regarde que la manière, mais qu'ils sont d'accord avec eux du fondement. C'est ce que dit l'anonyme , avec l'approbation des ministres de Charenton; et il importe de bien faire connaître leur pensée.
J'ai produit dans l'Exposition, un décret du synode national de Sainte-Foi de 1571, sur le sujet d'une Confession de foi commune aux luthériens et aux calvinistes qu'on proposait de dresser. Notre auteur, qui a entrepris de rendre raison de cet arrêté, dit ceci entre autres choses' : « C'est princi- » paiement sur le sacrement de l'Eucharistie, que