‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 116 sur 545 · Pag · texte numérisé non relu

Pag

SUR I/EUCHAIUSTIK.

1) nous 6lions en tliUÏM'end avec les lulhériens; el » sur cela mi'-ine, ajoulc-l-il, nous convenons, eux » el nous, du fondement. »

V. On ne peut dire que les calvinistes el les lulMriens coninenncnt du fondement dans le point de l'Eucharistie. — Remar(|uez qu'il ne dit pas qu'ils conviennent du fondement avec les luthériens dans les autres choses; mais sur cela même, dit-il , sur le point de l'Eucharistie, sur lequel est néanmoins toute la dispute, nous convenons , cu,c et nous, du fondement.

Je ne sais comment il peut dire que les calvinistes et les luthériens conviennent du fondement dans le point de l'Eucharistie, puisque les uns fondent leur doctrine sur le sens figuré des paroles de l'institution, et les autres sur le littéral. On peut bien dire que les catholiques et les luthériens, quoiqu'ils ne conviennent ])as de toutes les suites en celte matière, conviennent du fondement; puisqu'ils « ont cela de commun , selon l'anonyme » même', qu'ils prennent les uns et les autres les » paroles du Seigneur dans un sens littéral pour » une présence réelle. » Aussi le même auteur faitil consister la dispute entre les catholiques et les luthériens sur la jwa?(ière d'expliquer cette présence réelle, les uns mettant le corps avec le pain, et les autres le corps sans le pain.

Mais à l'égard des calvinistes et des luthériens , ce n'est ni des suites ni des circonstances, mais du fond même qu'ils disputent; puisque les uns fondent leur doctrine sur la présence réelle , et que les autres, raisonnant sur un principe contraire, nous disent que jamais aucun des leurs n'a cru la présence réelle'-.

Nous allons voir toutefois , par l'aveu de notre auteur même, et des ministres de Charenton , qui ont approuvé son ouvrage, qu'il n'est pas impossihle de faire convenir les prétendus réformés de la présence réelle : et que c'est sur ce fondement que le synode de Sainte-Foi avait jugé que l'on pouvait dresser cette nouvelle Confession de foi commune aux luthériens et aux calvinistes. Mais lisons ses propres paroles : « Si les luthériens, dit-il, n'eus- » sent pu convenir entièrement de notre doctrine, (à » quoi on sait en elTet qu'ils étaient peu disposés,) » ils eussent réduit la leur à ce que font les plus ^ habiles d'entre eux, qui est de ne décider point la » manière dont Jésus-Christ est réellement présent » dans le sacrement; nous croyons, disent-ils, sa » présence, et nous en sentons l'efficace, mais nous » en ignorons la manière : et en ce cas, on voit bien » qu'ils se fussent rapprochés encore davantage de » nous, que nous n'avons fait d'eux, en les admet- " tant simplement à notre communion, sans que » pour cela nous eussions apporté de notre part » aucun changement essentiel à notre Confession » de foi. »

Nous avons par ces paroles, trois choses trcs-importanles, manifestement établies : 1» que les luthériens, qui sont les plus disposés à se rapprocher des calvinistes , n'entendent i)oint de se départir de la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement; 2" qu'ils disent seulement qu'ils ?i'en décident point la manière; 3" que les calvinistes et le synode de Sainte-Foi étaient prêts à s'accorder dans celte doc-

Page 1