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plus que l'autre, suivant leurs principes. La Cène, disent-ils, nous ligure le corps de Jésus-Clirisl rompu , et son sang répandu pour nous. Mais ne savent-ils pas aussi que l'eau qu'on nous jette sur la tête, qui représente l'aiicieune immersion de tout le corps dans l'eau du Baptême, nous figure , selon l'Apôtre , que nous sommes morts et ensevelis avec Jésus-Christ pour sortir de ce tombeau mystique comme de nouvelles créatures que la grâce a ressuscitées? Si l'Eucharistie nous nourrit, le Baptême nous donne la vie. Si l'Eucharistie représente d'une façon particulière notre union avec Jésus-Christ, le Baptême nous représente que nous mourons avec lui , pour ressusciter avec lui à une vie céleste et immortelle. En un mot, si on ôte à l'Eucharistie, comme font les prolestants, la présence réelle de Jésus-Christ, on ne lui laisse aucun avantage , et le Baptême l'égalera , s'il ne l'emporte sur elle. Aussi l'auteur de la Réponse a-t-il trouvé un aulre expédient j)our conserver à l'Eucharistie l'avantage que lui a donné son Catéchisme. Il désespère de lui trouver aucune prérogative, en la comparant avec la parole ou avec le Baptême, suivant ce qu'elle a de propre; il assure que ce n'est pas là l'intention de son Catéchisme ; mais de considérer l'Eucharistie comme ajouk'e à la panle et au Baptême'. Tellement que ce merveilleux avantage que donne son Catéchisme à la Cène, c'est que la foi est plus excitée par l'Eucharistie, jointe au Baptême et à la parole, qu'elle ne serait par ces deux choses détachées de l'Eucharistie. C'est à quoi aboutissent enfin ces grandes expressions, que Jésus-Christ est donné pleinement dans l'Eucharistie, au lieu que dans le Baptême et dans la parole il n'est donné qu'en partie. Ce n'est pas que l'Eucharistie ait cet avantage d'elle-même ; mais c'est que, jointe aux deux autres, elle fait plus sur l'esprit, que les deux autres ne feraient séparément d'avec elle. L'auteur croit-il expliquer par là ce que la Cène a de propre ? El qui ne voit , au contraire, qu'il ne lui donne aucun avantage, sinon qu'elle est donnée la dernière? Mais l'esprit du christianisme nous donne d'autres idées. Tous les chrétiens entendent que l'Eucharistie est donnée après l'instruction et après le Baptême , comme la consommation de tous les mystères , à laquelle ce qui précède doit servir de préparation. Il y a donc dans l'Eucharistie, et dans ce qu'elle a de particulier, quelque chose de plus excellent que dans le Ba|)lôme. Les prétendus réformés ont bien vu qu'il fallait sauver dans l'esprit des chrétiens, cette prérogative de l'Eucharistie, et contenter les idées que l'esprit même de la religion chrétienne leur donne, d'un si grand mystère. Si l'Eucharistie n'avait que des signes qui excitassent notre foi , et qui nous attachassent par les yeux, comme dit l'auleur, le Baptême n'aurait rien de moins. Il a donc fallu nécessairement lui donner quelque avantage du cOlé de la chose même, et faire voir que si elle conllrme plus amplement notre foi , selon les termes du Catéchisme , c'est à cause que Jésus-Christ nous y est donné pleinement, au lieu que partout ailleurs il n'est donné qu'en parJ/e. Au reste, je n'entreprends pas de prouver que cette expression soit raisonnable , ni qu'elle mette dans l'esprit des prétendus