‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 119 sur 545 · Pag · texte numérisé non relu

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SUR L'EUCHARISTIE

réformes , une idée solide du niyslcrc , ni qu'elle convienne au reste de leur doctrine. Car je prétends, au contraire , que leur doctrine se dément ellemême, et qu'ils tombent dans cet égarement, parce qu'ils sentent, malgré qu'ils en aient, l'impression d'une vérité qu'ils ne veulent pas reconnaître dans toute son étendue. La chose est maintenant toute manifeste; et il ne faut, pour l'apercevoir, que conférer les paroles du Catéchisme avec les explications de l'anonyme.

Il confesse que Jésus-Christ n'est pas communiqué plus réellement ni plus abondamment dans l'Eucharistie que dans la prédication et dans le Baptême. Il doit parler ainsi selon ses principes. Car il soutient que, dans ces trois actions, il nous est également donné en la propre substance de son corps. Les dons de Jésus-Christ peuvent être plus ou moins communiqués; mais il n'y a plus ni moins dans la communication de la substance; et il a raison d'assurer que c'est toujours Jésus-Christ qui est donné tout entier, et dans la Gène, et hors de la Cène. Il parle donc en cela correctement; mais en même temps , il fait paraître que son Catéchisme amuse le monde par de grandes expressions, qui n'ont point de sens. Car pourquoi dire que Jésus- Christ n'est reçu qu'en partie hors de la Cène , si on est contraint de dire d'ailleurs qu'il y est reçu tout entier? Et pourquoi attribuer à l'Eucharistie cette pleine réception de Jésus-Christ, qui est commune à tous les actes de la religion chrétienne? S'ils avaient dit que l'Eucharistie est un nouveau signe de la même chose, ils auraient parlé conséquemment; mais quand ils lui donnent en paroles du côté de la chose même un avantage qu'il n'est pas possible de soutenir en effet , ils se combattent eux-mêmes, et montrent qu'il y a quelque vérité qu'on n'ose tout à fait nier, quoiqu'on refuse de l'embrasser dans toutes ses suites.

Ainsi le raisonnement que l'anonyme avait appelé un sophisme et un argument captieux', devient invincible; il n'a pu trouver aucun sens selon lequel la réception du corps de Notre Seigneur fût particulière à l'Eucharistie; et bien loin de nous l'aire entendre ce que son Catéchisme avait proposé pour expliquer cette vérité, non-seulement il l'obscurcit, mais il le détruit tout à fait.

VII. Troisième vérité' que les prétendus réformés confessent et qu'ils ne peuvent expliquer selon leurs principes : savoir, que l' Eucharistie est instituée pour noiis assurer que nous avons part au sacrifice denolre rédemption. Vaines réponses de l'anonyme. — Venons à une troisième vérité, que les prétendus réformés confessent, et qu'ils ne peuvent toutefois expliquer selon leurs principes. Je l'ai fait voir dans V Exposition , et l'anonyme ne fait qu'envelopper la matière. Il m'accuse de faire des sophismes, et de changer les termes des propositions contre les règles du raisonnement, pour tirer des conséquences trompeuses. Peu de personnes entendent ce que c'est en dialectique , que de changer les termes des propositions : ainsi je veux tâcher d'éviter ces subtilités peu nécessaires. Comme l'auteur a marqué les termes dont il veut que je me serve pour raisonner droit el intelligiblement , je veux bien le contenter en cela, autant qu'il sera possible; et il ne tiendra

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