‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 120 sur 545 · Pag · texte numérisé non relu

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jamais à moi qu'on ne se serve des mots les plus propres et les plus intelligibles. Il se i'àehe de ce que je dis quelquefois participation au lieu d'avoir part, réception du corps de Jésus-Christ, au lieu de dire qu'il nous est donné; je n'entends point la finesse de ces changements de mots, et je les ai pris simplement les uns pour les autres. Il ne veut pas que je dise que le corps de Notre Seigneur nous est donné pour nous être un gage que nous avons part ii son sacrifice. Il faut dire, pour le contenter, qu'il nous est donné pour nous assurer que nous avons part à son sacrifice*. J'avais cru que ces expressions n'avaient l'une et l'autre que le rnème sens; et ces mêmes distinctions que forme ici l'anonyme, entre des termes équivalents, font voir, si je ne me trompe, ou qu'il veut embrouiller les choses, ou plutôt qu'il ne les a pu entendre luimême. Ne lui en imputons rien; ce n'est pas sa faute; c'est qu'elles sont en elTet inintelligibles, c'est que la doctrine de ses Eglises se détruit et se confond elle-même. C'est en vain qu'il veut rejeter les embarras de sa doctrine sur des mots qui lui font peur. La difficulté est dans le fond. Qu'ainsi ne soit, ne disputons point des mots avec lui : donnons-lui ce qu'il nous demande. Il va voir que le raisonnement de ['Exposition n'en perdra rien de sa force; et voici comme je le forme pour éviter tous les embarras.

Je pose pour fondement cette vérité , que le propre corps de Jésus-Christ nous est donné dans l'Eucharistie , pour nous assurer que nous avons part à son sacrifice, c'est-à-dire, pour nous assurer non-seulement que c'est pour nous qu'il est ofi'ert , mais que le fruit nous en appartient, si nous y apportons d'ailleurs les dispositions nécessaires. Je l'ai établi solidement dans ['Exposition ; je l'ai soutenu dans cette réponse , et j'ai fait voir clairement, que selon la loi des sacrifices, on mangeait la victime, en témoignage qu'on avait part à l'immolation. Mais il n'est pas ici question de rappeler les preuves que j'ai apportées; il suffit de remarquer que la vérité que je pose pour fondement, est avouée par les prétendus réformés aux mêmes termes que je viens de la proposer. En effet, l'auteur reconnaît « que Jésus-Christ ne nous donne pas dans la Cène, » un symbole seulement, mais son propre corps, » pour nous assurer que nous avons part à son sa- » orifice^. » Il convient que c'est la doctrine de son Catéchisme, et il « avoue que jusque-là j'en con- » serve le sens et les expressions fort exactement. » Je n'en veux pas davantage; et je lui demande maintenant s'il peut révoquer en doute cette autre proposition : que ce qui nous est donné pour nous assurer de quelque chose , est différent de la chose pour l'assurance de laquelle il nous est donné. La parole et les promesses de Dieu , et la venue de son Fils nous assurent que nous avons part à ses bonnes grâces. Aussi est-ce autre chose d'avoir part à ses bonnes grâces, autre chose d'en être assurés par tous ces moyens. Dieu livre son Fils unique à la mort, pour nous assurer que nous avons part à toutes ses grâces. C'est donc autre chose qu'il nous l'ait donné pour être notre victime; et autre chose, que ses grâces nous soient communiquées par cette mort. Le Saint-Esprit, qui est en nous, nous ins-

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