‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 122 sur 545 · Dim · texte numérisé non relu

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t,UR L'EUCHARISTIE.

» entre participer à l'une et participer à l'autre; » soit que cela se fasse par un seul et même acte » de foi , ou par deux'. »

Il est vrai que le corps du Seigneur et le fruit de sa mort sont deux choses différentes ; mais s'il est vrai que nous ne recevions le corps du Seigneur qu'en tant précisément que nous participons au fruit de sa mort, c'est en vain que l'auteur veut mettre une si grande différence entre recevoir l'un et recevoir l'autre.

Le soleil dont les prétendus réformés, et l'auteur lui-même, se servent ordinairement pour nous expliquer notre communion avec Jésus-Christ dans l'Eucharistie, le soleil, dis-je, diffère très-certainement d'avec ses rayons; toutefois c'est la môme chose à notre égard qu'il se communique lui-même, ou qu'il communique ses rayons , parce que ce n'est que par ses rayons qu'il se communique.

Que les prétendus réformés nous montrent, selon leurs principes, que ce soit autre chose à notre égard de recevoir le corps du Sauveur, que de recevoir le fruit de sa mort, et le don de ses grâces, je confesserai alors qu'il y a grande différence entre ces deux choses. Mais si au contraire selon la doctrine des prétendus réformés , celui qui reçoit le fruit de la mort de Notre Seigneur et la communication de ses grâces, n'a rien davantage à attendre de la part de Jésus-Christ, ni rien à faire de la sienne pour recevoir le corps du Fils de Dieu ; qu'y aura-t-il jamais de plus vain que cette subslilité, qui veut nous faire trouver une si grande dilïérence entre l'un et l'autre?

Aussi l'auteur avoue-t-il que l'un et l'autre se fait ou se peut faire par un seul et même acte de foi^; de même, avait-il dit un peu au-dessus', qu'on a l'héritage même et les fruits par un seul et même contrat?

Mais il ne s'aperçoit pas que son exemple fait contre lui ; car c'est autre chose en effet, d'avoir la propriété d'un héritage, que d'en rendre les fruits siens. Ces deux choses sont différentes, et ont des effets divers : on peut les séparer actuellement, et vendre la propriété en se réservant les fruits; si bien que chacun de ces droits est expliqué par sa clause particulière.

Mais qu'est-ce que recevoir le corps de Noire Seigneur par la foi , si ce n'est recevoir par la foi le fruit de sa mort? Et l'anonyme lui-même peut-il concevoir un de ces effets sans l'autre, quoiqu'il lui plaise de mettre une si grande différence entre les deux?

Mais pourquoi, dit-il*, « ne peut-on pas mettre » deux divers actes de foi, si l'on veut les concevoir » séparément , par l'un desquels nous nous unis- » sons à Jésus-Christ même, et par l'autre au fruit » de sa mort, sans qu'il faille imaginer pour cela «deux différentes communions, l'une spirituelle '■ par la foi, et l'autre par la bouche du corps, ou » réelle, comme parle M. de Condom? »

C'est le dernier effort que peuvent faire les prétendus réformés, pour démêler la confusion de leur doctrine. Mais c'est en vain que leur auteur leur adresse un modèle de ces deux actes de foi. Car il n'est pas question de faire ici des distinctions par l'esprit et par la pensée. Cet acte de foi que vous

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