‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 123 sur 545 · Pag. 250. — 2. Pag. 218. — S. Pag. 247. — 4. Pag · texte numérisé non relu

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faites pour vous unir au corps, sufJ'U, comme vous le dites vous-même, pour faire que vous ayez part au fruit de sa mort. Celui que vous faites en regardant directement le fruit de la mort, suffît pour vous unir réellement au corps selon vos principes, et vous avouez expressément que dans l'un et dans l'autre de ces actes, vous avez une communication réelle, mais spirituelle avec le Sauveur. Tant il est vrai que la distinction que vous voulez vous figurer entre ces choses, est imaginaire, et qu'en effet c'est la même chose , selon vous , de recevoir le corps de Notre Seigneur, et de participer au fruit de sa mort.

Vous êtes contraint néanmoins de les distinguer, lorsque vous dites que le premier vous certifie l'autre. Vous distinguez clairement dans l'Eucharistie la chose qui vous est certifiée dans l'Eucharistie, et celle qui vousla. certifie. La chose certifiée, c'est que vous avez part au fruit de la mort de Notre Seigneur. Parmi les choses qui certifient que vous avez part à ce fruit, vous mettez premièrement le don que Jésus-Christ vous fait des symboles, et secondement le don qu'il vous fait de son propre Corps : tellement que le don de son corps doit être distingué du fruit reçu , aussi bien que le don des sacrés symboles.

Certainement c'est autre chose que les symboles nous soient donnés, autre chose que nous ayons part au fruit de la mort de Notre Seigneur; et ce devrait être aussi autre chose , que le propre corps nous fut donné, que d'avoir part au fruit de cette mort. El toutefois, selon vous, tout se fait ensemble, et par le même acte : il n'y a rien de dilTérent entre ces deux choses, ni du côté de Dieu ni du nôtre. Ainsi ces deux choses, qui devraient être distinguées selon vos principes, selon ces mêmes principes, ne le peuvent être : tellement que ces principes sont contradictoires.

Il appartient aux catholiques de distinguer clairement ces choses et de montrer que l'une nous assure l'autre. Les catholiques peuvent dire que Jésus-Christ venant à nous en personne, nous assure de la possession de ses dons, parce qu'ils reconnaissent une présence personnelle de Jésus-Christ en nous-mêmes, distincte de tous les dons que nous recevons par sa grâce. Les catholiques peuvent dire que la réception de notre victime nous assure que nous avons part au fruit de son sacrifice; parce que c'est autre chose, selon eux, de recevoir la victime, que de recevoir le fruit de son oblation. Ainsi il n'y a que les catholiques qui se puissent glorifier de distinguer nettement toutes les vérités chrétiennes, sans en confondre les idées, et en même temps d'expliquer le merveilleux enchaînement, par lequel elles se soutiennent les unes et les autres.

Ce que disent les prétendus réformés pour faire le même effet , n'est qu'une imparfaite imitation de la doctrine catholique; imitation qui fait voir la nécessité absolue de se ranger à nos sentiments, puisque les choses qu'ils sont obligés d'enseigner eux-mêmes, n'ont leur suite naturelle, ni leur vérité, que dans la croyance que nous professons.

Ceux qui, après avoir lu les derniers chapitres do cette réponse, reliront le douzième article de l'Exposition, y trouveront assurément une instruction très-utile. Du moins ils pourront aisément

SUR L'EUCHARISTIE

juger s'il est plein, comme dit l'auleui'', « de so- 0 phismes et do raisonnements forcés, dont la con- » trainle seule marque que la vérité n'y soit pas, " non plus que la nature : » ou s'il n'est pas vrai , au contraire, que cet article contient des vérités si certaines et si évidentes, qu'on ne peut les attaquer, que par des raisons qui se détruisent elles-mêmes.

I.X. La présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, étant éclaircie, le reste de la doctrine sur celle malière n'a plus de di/ficulté. Ti'aiissubstaniiation. Aveux et contradictions des prétendus réformés. — Après avoir facilité aux prétendus réformés la croyance de la présence réelle, en leur montrant si clairement les absurdités de ce qu'ils nient, et les conséquences de ce qu'ils avouent, le reste de la doctrine do l'Eucharistie n'a plus de difficulté, puisque ce n'est qu'une suite de la réalité bien entendue.

Par exemple, l'article de la transsubstantiation ne doit plus être une question entre eux et nous; puisqu'ils nous accordent eux-mêmes que, pour raisonner conséqueminent , il faut mettre ou la ligure avec eux, ou le changement de substance avec nous.

L'auteur a beaucoup de peine à reconnaître franchement l'aveu que les siens ont fait d'une vérité si conslante. Voici comment il en parle- : « Quelques- » uns des nôtres peuvent avoir dit que s'il fallait » croire la réalité de la présence, il semblait y avoir » plus de raison, suivant les spéculations de l'Ecole, » à croire que cette présence se faisait par voie de » changement d'une substance en une autre , que 1) par la voie de l'impanation, ou de la coexistence » des deux substances. » Que de peine à faire un aveu sincère, et que de vains adoucissements dans cet aveu! « Quelques-uns peuvent avoir dit, qu'il » semblait y avoir plus de raison suivant les spécu- » lations de l'Ecole. » Que n'avouait-il franchement que c'était Bèze, et les principaux de son parti qui l'avaient ainsi enseigné en termes très- clairs? En etfet, quoiqu'ils trouvent de grands inconvénients dans la doctrine des catholiques, ils reconnaissent toutefois qu'elle suit mieux que la docirine des luthériens, et môme qu'elle est plus conforme à la manière de parler de Notre Seigneur^. Ce qui est, sans doute, le plus grand avantage qu'on puisse nous accorder. Que si les prétendus réformés ne veulent pas écouter ce qu'ont dit les particuliers de leur communion, qui leur apprennent cette vérité, qu'ils écoutent du moins un de leurs synodes qui l'a décidé. C'est le synode de Gzenger, tenu en Pologne par leurs frères zwingliens'', synode si authentique et si autorisé, que ceux de Genève l'ont mis parmi les Confessions de foi qu'ils ont ramassées, comme un synode approuvé : de sorte qu'il n'y arien de plus authentique. Ce synode dans l'article de la Cène, appelle la transsubstantiation une rêverie papistique. Mais en mémo temps, il décide que 1 comme la baguette de Moïse n'a pas été ser- " penl sans transsubstantiation, et que l'eau n'a » pas été sang en Egypte , ni vin dans les noces de I) Cana sans changement : ainsi le paiti do la Cône » ne peut être réellement, substantiellement, et cor- » porellement le corps de Christ, ni ôtre pris par

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