‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 124 sur 545 · Pu;/. 360. — 3. Bézr-, Conf. de Mnnlh · texte numérisé non relu

Pu;/. 360. — 3. Bézr-, Conf. de Mnnlh

» la bouche corporelle, s'il n'est changé en la chair » de Christ, ayant perdu la forme et la substance » de pain. » Il conclut que la doctrine des luthériens, qu'il appelle de grossiers mangeurs de chair humaine , qui assure qu'on peut recevoir le corps de Jésus-Christ par la bouche du corps sans ce changement, est une rêverie contraire à la règle de la foi et de la nature.

On voit que ce synode des prétendus réformés ne se fonde pas sur des spéculations de métaphysique, mais sur l'exemple des Ecritures, pour préférer la la transsubslanliation calholique à la consubslantiation lulbérienne. Qu'y a-t-il, après cela de plus faible que le raisonnement de l'auteur, iiui conclut', que le changement de substance n'est pas une suite du sens lilléral, de ce que les luthériens, qui font profession de s'y attacher, fie laissent pas de nier le changement de substance? Ne devait-il pas penser qu'on reproche justement aux luthériens de n'entendre pas en cela le sens littéral qu'ils veulent défendre; et que ce ne sont i)as seulement les catholiques, mais les plus graves auteurs de sa communion, et même un synode entier qui les en accuse? La raison de ce synode est convaincante, et les exemples qu'il apporte sont tout à fait justes. En elTet, le pain, en demeurant pain, ne peut non plus ôtre le corps de Notre Seigneur, que la baguette en demeurant baguette, peut èlre un serpent, ou que l'eau demeurant eau, peut être du sang en Egypte , et du vin dans les noces de Cana. Si donc ce qui était pain devient le corps de Notre Seigneur, ou il le devient en ligure par un changement mystique, selon la docirine des calvinistes, ou il le devient en effet par un changement réel , comme disent les catholiques. Car nous sommes d'accord les uns et les autres qu'il faut nécessairement qu'il arrive quelque changement dans le pain , puisqu'au moment que Jésus-Christ a parlé, on commence à pouvoir dire : Ceci est le corps du Seigneur, et qu'on ne pouvait le dire auparavant. Or on ne peut concevoir ici que deux sortes de changement : ou un changement moral et figuré, tel que celui que nous avouons tous dans l'eau du Baptême, lorsque de simple eau naturelle elle est faite un signe de grâce; ou un changement réel et substantiel, tel que celui que nous croyons dans les noces de Cana, lorsque l'eau fut faite vin selon l'expression de saint Jean. Que si l'on prouve, par les paroles de l'inslitution , que le pain n'est pas changé simplement, comme l'eau quand elle devient un signe de grâce ; on sera forcé d'avouer qu'il est changé réellement, comme l'eau quand elle est devenue vin. Et il n'y a point de milieu entre ces deux sentiments. Quiconque donc est persuadé de la présence réelle , par les paroles de l'institution, doit èlre nécessairement convaincu de ce changement de substance par la force des mômes paroles qui lui ont persuadé la réalité, non par des subtilités de l'école, comme l'auteur de la réponse le veut faire croire.

Aussi Bèze reconnait-il que des deux croyances, c'est-à-dire , de la notre, et de celle des luthériens, la nôtre « s'éloigne le moins des paroles de l'institu- » lion de la Cône, si on les veut exposer de mot à » mot. » C'est-à-dire , que si on se départ du sens figuré que posent les calvinistes ; si on reçoit le

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